Grippe, Bronchiolite, Covid : le Bilan

La Direction générale de la santé a présenté ce 27 février 2024 un bilan intermédiaire des infections respiratoires aiguës de cette saison hivernale.

La campagne de prévention de la bronchiolite semble avoir atteint sa cible. Et les pharmacies deviennent le lieu privilégié des vaccinations contre la grippe et le Covid-19.

À l’heure du bilan des infections respiratoires aiguës pendant la saison hivernale, le directeur général de la santé, Grégory Emery s’est montré plutôt satisfait.

« Les mesures d’anticipation et de gestion ont permis d’accompagner au mieux cet hiver » les cas de Covid-19, grippe et bronchiolite, a-t-il déclaré lors d’un point presse ce 27 février. Pour autant, il ne sous-estime pas les périodes de tensions qui ont pu se manifester.

Et d’évoquer notamment l’augmentation inhabituelle des cas d’infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae fin 2023 qui a alors donné lieu à une notification en urgence de sa direction.

Alors que la campagne hivernale de vaccination contre le Covid-19 s’achève à peine, le Gouvernement envisage déjà une nouvelle campagne au printemps « conformément à l’avis de la Haute Autorité de santé, il y aura donc un renouvellement de la vaccination contre le Covid-19 à partir du 15 avril jusque 16 juin« , a annoncé le directeur général de la santé.

Sont concernés les personnes de 80 ans et plus, les résidents d’Ehpad (quel que soit leur âge) mais aussi les patients d’unité de soins de longue durée et les personnes immunodéprimées.

Une vaccination ciblée

Cet hiver, seize millions de bons de vaccination ont été diffusés dans le cadre de la campagne vaccinale, a rappelé Dominique Martin, médecin-conseil national à la Caisse nationale d’assurance maladie. Le nombre de vaccins remboursés en 2023-2024 par rapport à l’an dernier reste stable.

Au 14 février, il s’élève à plus de 8,1 millions de doses contre 8,4 pour la précédente campagne d’hiver. Cette saison, les pharmacies restent le lieu privilégié des vaccinations. 59% des injections ont eu lieu en officine cette année contre 52% la saison précédente. Autre caractéristique, la majorité des vaccins (remboursés) contre la grippe concernent des personnes de 65 ans et plus (80%).

Plus globalement, le taux de couverture vaccinale intermédiaire contre la grippe (au 31 décembre dernier) est estimé à un peu moins de 46% pour l’ensemble des sujets à risque. Il se trouve donc en légère baisse par rapport à 2022-2023 où ce taux s’affichait à hauteur de 50%.

En ce qui concerne la vaccination contre le Covid-19, les taux de couverture sont encore plus faibles avec 36,8% pour les personnes âgées de 80 ans et plus. Laetitia Huiart, directrice scientifique de Santé publique France, souligne aussi que le taux de couverture des professionnels de santé se situe entre 10 et 12%. Et alors que la campagne encourageait une vaccination concomitante, seuls 29,2% des 65 ans et plus ont réalisé leurs vaccinations (contre la grippe et le Covid-19) en même temps.

250 000 bébés immunisés

Christèle Gras-Le Guen, cheffe de service de pédiatrie générale et des urgences pédiatriques du CHU de Nantes (Loire-Atlantique), a confirmé que l’arrivée d’un traitement préventif pour immuniser les nouveau-nés contre le risque de bronchiolite a bouleversé la donne. Il est toutefois encore trop tôt pour connaître précisément l’impact du Beyfortus.

Des études épidémiologiques sont en cours. Elle constate que si « la saison 2022-2023 a marqué un afflux massif d’enfants infectés et une saturation des moyens de soins critiques« , un an plus tard les communications auprès des jeunes parents pour faire barrière à la bronchiolite semblent avoir porté leurs fruits.

Le Beyfortus a été disponible en maternité dès le 15 septembre avec une acceptation estimée autour de 85%. Environ 250 000 enfants en maternité ont été immunisés. D’ores et déjà, elle indique qu’il a été observé par rapport à l’hiver précédant beaucoup moins d’hospitalisations de bébés de moins de trois mois ou encore d’admission en soins intensifs.

Quant aux saturations des services d’urgence et de pédiatrie, elles ont été observées de façon plus ponctuelle et moins intense que l’hiver dernier. Les études devraient confirmer ou infirmer ces tendances.


Lydie Watremetz. Hospimédia. 27/02/2024


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