Cette angoissante actu

Soyons attentif à ses bruits de bottes, ne lui laissons pas faire sa guerre…

Les divergences s’étaient multipliées entre la France et Allemagne durant ces dernières semaines, fragilisant le message d’unité des alliés alors que les forces russes progressent dans l’est de l’Ukraine – en raison notamment de l’essoufflement de l’aide occidentale – et que le président Vladimir Poutine paraît assuré de remporter un mandat supplémentaire de six ans lors de l’élection présidentielle qui se déroule depuis ce matin et jusqu’à dimanche.

Les trois dirigeants se devaient donc d’arrondir les angles avant le sommet européen à Bruxelles les 21 et 22 mars, et c’est bien ce qui s’est produit, à 16 heures, lors de la conférence conjointe donnée par les trois chefs d’État, avec leur volonté affichée de montrer unité et détermination.

« Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie » a posé dès le début de son intervention le chancelier Allemand. « Notre objectif commun c’est et sera de garantir que l’Ukraine puisse se défendre contre l’agression russe de manière efficace ; nous n’allons pas relâcher nos efforts ».

Des usines d’armement en Ukraine

Assurant s’être mis d’accord sur certaines des priorités, le chancelier a annoncé quatre points : la fourniture « dès maintenant » d’encore davantage d’armes à l’Ukraine ; le développement de la production d’équipement militaire « grâce à la coopération avec nos partenaires en Ukraine » ; la création dans le cadre du format Ramstein d’une « nouvelle coalition capacitaire pour les systèmes d’artilleries de roquettes de longue portée » ; et finalement une dotation de 5 milliards d’euros pour la Facilité européenne pour la paix « pour apporter un soutien militaire à l’Ukraine ».

L’Allemand a conclu son intervention de trois minutes en rappelant au président Russe Vladimir Poutine que les Européens ne comptent pas relâcher leur soutien à l’Ukraine ; « nous nous tenons de manière indéfectible aux côtés des Ukrainiens et Ukrainiennes ».

Nous sommes « unis, déterminés et résolus à ne jamais laisser gagner la Russie », a déclaré Emmanuel Macron au côté de ses deux homologues, actant l’accord des trois pays pour faire « tout ce qui est nécessaire aussi longtemps qu’il le faudra pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre. Nous continuerons de soutenir aussi longtemps que nécessaire l’Ukraine et son peuple, a poursuivi le président français, et nous continuerons comme nous l’avons fait dès le premier jour de ne jamais prendre l’initiative de l’escalade ».

Macron a souligné une détermination « farouche » reposant sur l’unité des Européens, dont la sécurité serait selon lui mise en péril par « la guerre d’agression lancée par la Russie ». Il a ensuite énoncé les points déjà avancés par son homologue Allemand, comme l’achat conjoint de munitions « dans des pays qui ont des stocks là où nous ne produisons pas assez vite », le choix de « coproduction industrielle sur le sol Ukrainien » ou encore la création d’une « nouvelle coalition capacitaire sur les frappes dans la profondeur ». Des mesures dont le suivi se fera « dès la semaine prochaine » avec une réunion des ministres de la Défense visant à assurer leur mise en œuvre opérationnelle.

Conseil européen la semaine prochaine

Les trois chefs d’État ont convergé pour défendre les annonces au Conseil européen devant se tenir la semaine prochaine dans le cadre d’une stratégie européenne en matière de défense passant par « des programmes communs supplémentaires, la réduction de nos dépendances stratégiques et une politique industrielle de défense et de sécurité plus forte ».

Message d’unité, donc, qui vient clore des semaines marquées par des turbulences diplomatiques entre alliés européens. Fin février, les déclarations du chef de l’État français autour de l’envoi possible de troupes en Ukraine avaient en effet semé le trouble, une telle éventualité ayant été rejetée catégoriquement par Olaf Scholz. Les mots employés par Emmanuel Macron, la semaine suivante, estimant à Prague que l’Europe entrait dans un moment « où il conviendra de ne pas être lâches » avaient encore fait monter les tensions d’un cran.

« La prudence ne doit pas être qualifiée de faiblesse, comme certains le font », avait déclaré de son côté le chancelier, mercredi devant le Bundestag, dans un contexte où l’approche des élections européennes interfère dans la stratégie des deux dirigeants, attentifs à leurs opinions publiques.

Interrogé ce jeudi soir aux 20 heures de TF1 et France 2, le président de la République a martelé que « toutes les options sont possibles » quant au soutien à l’Ukraine face à la Russie, sans fermer la porte à l’envoi de troupes.


Luis Reygada. Source (Extraits)


7 réflexions sur “Cette angoissante actu

  1. Pose Emotions 18/03/2024 / 9h19

    Les tensions internationales soulignent la nécessité d’une diplomatie efficace, d’une coopération internationale et d’une gestion prudente des conflits pour promouvoir la paix et la sécurité dans le monde.
    Il y a toujours eu des tensions et des conflits dans le monde, mais, est-ce que, pour le cas de la France, la suppression du corps diplomatique un peu avant la fin du premier mandat Macron ne vient pas dégrader encore plus ces relations de « puissance à puissance » ou de pays à pays ?

    • Libres jugements 18/03/2024 / 11h47

      Bonjour et merci pour ce commentaire.
      Excellente question que de poser la valeur d’un « corps diplomatique » digne de ce nom.
      Malheureusement, nous avons à une petite majorité certes, mais majorité quand même, élue un personnage qui se croit le Roi-Soleil et qui sait tout faire en même temps et souvent le fait si mal.
      En plus, il a encore trois ans pour détruire la société française, en brûlant petit à petit tout ce qui faisait le bien-être d’être français, de travailler en France, d’avoir un salaire décent, un habitat digne de ce nom, des loisirs.
      Quelle tristesse que cette France faite d’iniquité.
      Michel

  2. Anonyme 18/03/2024 / 9h25

    Bonjour Michel, je pense que notre Président ne se rend pas compte de la portée de ses paroles, est-il devenu fou ?
    Bon lundi, amicalement, MTH

    • Libres jugements 18/03/2024 / 12h19

      Bonjour et merci Marie pour ce commentaire.
      Fou, dis-tu, inconscient de ces paroles prononcées ; peut-être.
      Mais quoique puisse dire le peuple, à part une révolution ce qui n’est pas souhaité malgré tout) rien ne le fera changer dans son comportement, sachant que de toute façon, il a trois ans devant lui, pour faire ce qu’il veut, tel un dictateur.
      Aux prochaines élections de 2027, c’est un choix de société qu’il faudra faire et pour ma part, ce ne sera surtout pas en direction du RN (qui ne changerait strictement rien si ce n’est durcir les libertés de chacun) mais rien au privilège de quelques-uns, tout en poursuivant la casse sociétale de la plus grande majorité des Français.
      Désolé de ne pas avoir le temps en ce moment pour répondre à tous les articles reçus, mais je privilégie ma santé.
      Amitiés. Michel

  3. bernarddominik 18/03/2024 / 9h31

    Macron a révélé que Poutine avait proposé un cessez-le-feu que Zelensky a refusé sous la pression de Macron et Sunak. Donc nous sommes bien dirigés par un vatenguerre qui ne sais pas tenir sa langue, ne sait pas compter, se voit en chef de guerre (comme Hitler et Staline?) et cela malgré l’opposition de 77% des français. Il reconnaît que l’Ukraine ne peut gagner face à la Russie, mais n’accepte de négocier qu’en cas de victoire, c’est donc bien une guerre éternelle qu’il propose, dont il ne mesure pas les conséquences. La seule solution est sa destitution.

    • Libres jugements 18/03/2024 / 12h21

      Faut-il croire à tout ce qui est traduit colporter au sujet de Poutine ? Pour autant, je n’accepte pas les propos et l’engagement guerrier de Macron.
      Michel

  4. tatchou92 18/03/2024 / 22h39

    Le Président sait parfaitement bien, qu’il ne fait pas l’unanimité lorsqu’il nous indique qu’il faut se préparer à toutes les éventualités, contrairement aux autres pays européens qui n’envisagent pas d’aller combattre en Ukraine. Bluff ? Coup de menton ?

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