Un tabou militaire a été levé à l’Elysée, le 26 février 2024, lors de la conférence de soutien à l’Ukraine : l’envoi de troupes alliées sur le terrain.
Mais un autre sujet brûlant, discuté ce jour-là, a été caché à la presse : la mise à l’amende de la Russie, pour financer l’armement et la reconstruction de sa victime.
Les Européens voudraient offrir à Kiev les intérêts produits par les 300 milliards de dollars de la Banque de Russie gelés en Europe comme aux États-Unis (3 milliards de dollars en 2023). Les deux tiers de cette fortune sont gérés par Euroclear, numéro un mondial pour les dépôts et opérations sur les actions et les obligations financières — une société internationale basée à Bruxelles.
Pratique pour les sanctions !
Le 17 février, les ministres des Finances du G7, réunis à Munich, avaient indiqué travailler « sur toutes les voies possibles par lesquelles les actifs russes pourraient être utilisés pour soutenir l’Ukraine en conformité avec le droit international » et s’étaient vus soutenus par la secrétaire au Trésor américaine, Janet Yellen.
Mais l’idée d’une confiscation de l’argent russe, dont la plus fervente avocate est la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ne fait pas l’unanimité. La Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) y sont hostiles. Ils craignent que cela n’assèche les investissements étrangers en Ukraine.
En privé, Bruno Le Maire affiche aussi des réticences. Selon lui, le droit international et le principe de l’« immunité d’exécution » empêchent la saisie des biens d’un État par un autre. Il sait aussi que le Kremlin a promis de riposter en confisquant les actifs occidentaux en Russie.
Donc ceux d’entreprises françaises — comme Total, Lactalis, Auchan ou Leroy Merlin toujours actives dans le pays. Le Maire était moins précautionneux quand il disait vouloir faire s’effondrer l’économie russe…
Le sujet, remis sur la table au Conseil européen des 21 et 22 mars, sera en tout cas suivi avec… intérêt.
Article signé des initiales J. C. Le Canard enchaîné. 06/03/2024
Oui saisir les avoir russes c’est mettre les doigts dans un engrenage où on ne peut que perdre car les avoir des occidentaux en Russie sont bien supérieurs à 300 milliards, ceux qui ont vendu leurs affaires (Renault aurait vendu Lada) n’ont pu rapatrier leurs capitaux à cause du blocage de la conversion du rouble, de plus certaines ventes se sont faites à travers une société tiers contrôlée par le vendeur, donc bidon. Les sanctions n’ont eu aucun effet et Le Maire a un zéro pointé en prévision économique. En poussant Zelensky à refuser le cesser le feu et la négociation proposés par Poutine Macron Sunak et Biden ont fait un mauvais pari, quant à Zelensky il n’a pas compris qu’un état ne peut compter que sur lui même pour sa défense. Si l’aide occidentale cesse son armée ne tiendra pas longtemps. Et cette aide peut cesser car l’opinion publique des démocraties est très changeante.
Il est tout de même ahurissant de ne pas accepter un cesser le feu et de se mettre autour de la table des négociations. Nous sommes en pleine folie.
on joue à la roulette russe ?..
Les capitalistes et autres autocrates ou dictateurs ont horreur que leurs capitaux puissent être saisis. C’est une question de confiance. Imagine-t-on que l’on fasse la même procédure pour d’autres pays violant les lois internationales ou les résolutions (article 18 de la Charte des Nations Unies) ?