La copie était réclamée depuis des années.
Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a publié, le 5 mars, son programme sur l’éducation à la vie affective et sexuelle.
Afin d’encadrer un peu mieux ces trois séances par an, de la maternelle au lycée, obligatoires depuis 2001, mais appliquées de façon hétérogène.
Un document salutaire alors que de plus en plus de collectifs de parents multiplient les fake news, hurlant contre de prétendus cours de masturbation à l’école ou évoquant d’imaginaires lectures rendant leurs enfants homos…
« Notre objectif est que ce programme soit acceptable par tous » et « de ne pas choquer les familles », a plaidé l’équilibriste Mark Sherringham, président du CSP et ancien des cabinets de François Fillon et Xavier Darcos.
L’instance a consulté toutes les sensibilités, du progressiste Planning familial au pieux Syndicat de la famille (ex-Manif pour tous), en passant par les assoces LGBT ou les représentants des cultes.
Par souci d’apaisement, elle a même retiré toute référence à la sexualité chez les plus petits…
Encore manqué !
Les excités de tous bords, anciens de la Manif pour tous en tête, ont alerté sur l’enseignement de la « théorie du genre » en classe. Jusqu’à rabâcher la notion de « primauté éducative des parents », notamment sur les questions de sexe.
C’est vrai, quoi ! Quel ado ne rêve pas de causer capote et porno avec ses parents ?
Article signé des initiales F. R.-G. Le Canard enchaîné. 06/03/2024
Il faut regarder la réalité en face: les ados n’ont pas envie de parler sexe à leurs parents. Expliquer au collège certaines notions élémentaires sur le sexe, la contraception, les mst me paraît essentiel, il faut le faire évidemment avec décense et éviter le graveleux. Ça évite erreurs et traumatismes, et parfois mauvaises surprises comme ceux ayant un phymosis et le découvrant à leur première relation. Et cela permet aussi d’expliquer la notion de consentement.
Ne pas généraliser. Nous avons toujours parlé de sexualité, sans tabou, avec nos enfants, répondant le mieux possible aux questions posées; et aussi avec leurs copains et copines qui appréciaient de pouvoir se confier, alors que chez eux on n’en parlait pas.
Nous avons donné les adresses de planning familial, acheté des préservatifs pour les garçons qui n’osaient se rendre à la pharmacie du village, de peur du qu’en dira-t-on (tête de la pharmacienne quand je suis venue pour la troisième fois en peu de temps), parlé contraception aux filles, …
Sans vouloir te contredire, combien de jeunes ont cette ecoute, des conseils ou aides si… et je ne parle que ce qui est dénommé « pratiques courantes ». Amitiés. Michel
Tout à fait d’accord.
Je me souviens d’avoir effectué un stage de 2 mois dans un service « de chirurgie hommes » qui faisait aussi office d’hôpital militaire pour les bidasses du contingent, qui venaient souvent pour des interventions banales. L’un d’eux, timide, rougissant, dont les autres se moquaient avait attiré notre attention.. Nous avons compris au moment des soins… il venait de subir une intervention habituellement pratiquée chez les jeunes garçons et faisait l’objet d’un bizutage peu sympathique de la part des autres bidasses… La surveillante nous a écoutées et ce garçon a été isolé dans une chambre seule, après que ses collègues aient reçu « une remontée de bretelles »…