… et son budget en berne…
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« Calamity Dati » a une réputation qui n’est pas vraiment usurpée. « Au-delà de ses indéniables atouts, c’est de la dynamite », relève un de ses nouveaux collègues, à l’unisson de nombre de commentateurs.
La mèche n’a d’ailleurs pas tardé à être allumée. Alors que les débats tournaient déjà sur le bien-fondé de maintenir en poste un ministre poursuivi par la justice, c’est nantie d’une mise en examen qu’elle a été nommée.
Loin d’être l’oie blanche…
Depuis 2021, elle est soupçonnée de « corruption passive » et de « recel d’abus de pouvoir » pour des conseils juridiques douteux au profit d’une filiale de Renault-Nissan.
Le Conseil de Coordination des Organisations arméniennes de France a aussi « condamné la nomination » d’une « responsable politique qui s’est rendue complice […] du régime dictatorial » en Azerbaïdjan, où elle s’est plusieurs fois déplacée. Aujourd’hui, elle est à nouveau rattrapée par ses anciennes consultations tarifées dans les milieux d’affaires.
Pas de quoi faire profil bas pour autant. Dès sa prise de fonction, la toujours sarkozyste a mis les pieds dans le plat de l’audiovisuel public. « D’ici à 2025, il y a des réformes à mener », a-t-elle lâché le 31 janvier 2024, sur France-Inter, précisant qu’il fallait « rassembler les forces » en « un pôle puissant ».
Autrement dit, créer une sorte de BBC à la française, avec télévision et radio réunies au sein d’un même groupe. Puis d’enfoncer le clou, quatre jours plus tard : « Le service public doit respecter toutes les opinions », s’est-elle exclamée en une du « Journal du dimanche », hebdomadaire détenu par l’industriel ultraconservateur Vincent Bolloré.
Du petit-lait pour l’extrême droite, qui s’estime maltraitée par les chaînes publiques. « Ses premières déclarations vont étonnamment dans le bon sens, elles sont en dissonance avec ce qu’on entendait avant, se félicite Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national. Il serait temps de rationaliser les coûts de l’audiovisuel public et qu’on arrête de nous dire ce qu’on doit penser. »
Un ex-ministre de la Culture, lui, s’attendait à une telle attaque en règle depuis la nomination de Rachida Dati : « Là où il y a la main de Sarkozy, il y a celle de Bolloré… »
Un autre ancien locataire de la rue de Valois « parie qu’elle n’arrivera pas » à mener cette réforme, encore moins en s’y prenant frontalement. Le temps des premiers résultats n’est, de toute façon, pas pour maintenant.
Rachida Dati a, certes, réussi à dénouer le conflit social au Centre Pompidou ou à sauver le pavillon des Sources cher à Marie Curie, mais aucune grande loi n’est sur les rails. Le Printemps de la Ruralité n’en est qu’au stade des concertations locales. « Des assises nationales de la culture en milieu rural seront ensuite organisées », indique-t-on au ministère, où l’actualité est plutôt aux coupes budgétaires.
Le poids politique supposé de Rachida Dati ne lui aura pas permis d’éviter un coup de rabot de plus de 200 millions d’euros sur son budget, réduisant comme peau de chagrin l’augmentation annoncée à l’automne dernier.
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Julien Martin. L’Obs. Source (Courts extraits)