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C’est la question que se posent certains responsables de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) depuis le 6 juin et une étrange déclaration d’incident émanant de la direction de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne).

Le 27 mai à l’aube, indique le document, le réacteur numéro un monte en puissance pour alimenter le réseau électrique, toujours très sollicité en ces heures matinales. A 7 h 47, une alarme retentit : pression trop élevée dans l’un des quatre générateurs de vapeur alimentés par l’eau venue du coeur nucléaire.

En pareil cas, les règles prévoient que la montée en puissance doit être stoppée presto. Il n’en a rien été. « L’alarme n’a pas été prise en compte », souligne l’ASN. C’est seulement à 9 heures (après la pointe de consommation du matin) que les techniciens ont réagi et remis le système en ordre.

Coup de bol, l’incident est resté sans conséquence. L’Autorité de sûreté n’en a pas moins lancé des investigations complémentaires pour savoir comment (et par qui) la décision de s’asseoir sur le règlement a été prise.

Gendarmes au piquet

Un autre exploit de l’électricien a énervé l’ASN : le 28 mars, les responsables de de Flamanville ont tenté d’en refuser l’accès aux inspecteurs, qui voulaient réaliser un contrôle surprise des « essais de démarrage du réacteur EPR

Munis de leur carte professionnelle et de leurs papiers d’identité, les gendarmes de l’atome sont arrivés à 8 h 45, mais les gardiens leur ont interdit d’entrer, exigeant « une lettre de mission ».

Il a fallu une demi-heure d’attente pour débloquer la situation : le temps pour la direction de la sécurité de la centrale de potasser les textes, qui ne prévoient aucune lettre de mission et punissent de 1 an de prison toute entrave au travail de l’ASN. Une demi-heure suffisante, également, pour permettre à EDF d’alerter ses troupes de l’arrivée des inspecteurs…


Article signé des initiales H. L.. Le Canard enchaîné. 26/06/2019