La vie étudiante de plus en plus chère

En hausse de 2 %, soit quatre fois plus que l’inflation, le coût des études s’envole alors que le gel des bourses entre en vigueur.

Logement, inscriptions, Sécurité sociale, mutuelle, transports… tous les clignotants sont au rouge. Le tableau dressé par l’UNEF, premier syndicat étudiant, dans son enquête annuelle, publiée le 18 août, est sans appel. Les cordons des bourses étudiantes vont se resserrer un peu plus encore cette année.

En cause, l’augmentation de 3,1 % du prix des loyers des petits logements à Paris, 2 % en province, couplée à la hausse de 10 à 14 % des charges locatives. S’y ajoute l’augmentation des frais obligatoires (inscriptions, cotisations sociales et restaurant universitaire) de 0,5 à 1,6 %.

Vie etudiante

En douze ans, ces dépenses obligatoires ont fait un bond de 37 %. L’addition ne s’arrête pas là, puisque les étudiants devront également payer plus pour se déplacer. C’est particulièrement vrai à Paris et en Île-de-France où la carte de transport Irnagin’R, qui leur est dédiée, est vendue 2,9 % plus cher.

Si160000 étudiants tirent leur épingle du jeu grâce à la réforme des bourses, ce n’est le cas ni pour les 480.500 boursiers exclus de la réforme, dont le pouvoir d’achat diminuera de 5,5 %, ni pour leur 1.660.000 non-boursiers qui subiront une hausse du coût de la vie de 3,6 %. Parmi eux, 100.000 étudiants qui dépendent d’une famille dont le niveau des revenus est inférieur à 1.775 euros brut par mois (revenu médian en 2013).

La décision du gouvernement de geler les bourses à la rentrée rajoute à la rigueur budgétaire estudiantine. Le syndicat qualifie cette décision de « coup dur » pour le pouvoir d’achat des 640.000 jeunes dont les bourses seront, pour la première fois, depuis le début du quinquennat, rognées par l’inflation. La moitié des étudiants travaillent d’ores et déjà.

La grande majorité, par nécessité, notamment pour libérer leur famille du financement des études. Or, un étudiant salarié consacre cinq heures de moins à ses cours que ne le fait un non-salarié. Conséquence, l’échec est plus souvent au bout. Ce qui confirme le diagnostic dressé par le sociologue Camille Peugny: « Les inégalités n’ont pas disparu mais elles se sont déplacées plus loin dans le cursus scolaire, à l’entrée de l’enseignement supérieur. »

Le coût des études représente 48 % du revenu médian d’une famille

Le coût des études représente actuellement 48 % du revenu médian d’une famille (1.775 euros) soit environ 799 euros par mois. En 2011, il s’élevait à 738 euros, soit 5 % de moins. Phénomène inquiétant : le recours au salariat à temps plein se développe. Il concerne désormais près de 30 des étudiants, 10 % de plus qu’en 2011. Pour ces derniers, une série de portes se ferment : celles des grandes écoles, des études de médecine, des classes préparatoires et tous les cursus inconciliables avec une activité salariée.

L’UNEF presse le gouvernement de prendre trois mesures d’urgence : la revalorisation des bourses, notamment celles dont le montant est inférieur au RSA (460 euros pour une personne seule) pour éviter « le décrochage du pouvoir d’achat des boursiers », l’attribution d’une bourse aux 100.000 étudiants issus de familles modestes. Enfin, François Hollande est très attendu sur sa promesse de créer une allocation d’autonomie. Le président de l’UNEF, William Martinet, a rappelé qu’il n’avait plus que deux rentrées pour cela.

Sylvie Ducatteau – Huma quotidien 18 aout 2014

 

 

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