La crise politique au Venezuela est plus vive que jamais, et les évènements se succèdent en cascades depuis le 23 janvier, date à laquelle le président de l’Assemblée nationale, Juan Guaidó, a prêté serment devant des milliers de personnes comme président par intérim. Reconnu immédiatement par Donald Trump et plusieurs pays d’Amérique latine, il a reçu le soutien de la France et de nombreux États membres de l’Union européenne.

En novembre, manifestations populaires et tentatives de déstabilisation ont intensifié les convulsions politiques que connaît le Venezuela. Tout au long des années 2000, les réussites — sociales, géopolitiques et culturelles — de la « révolution bolivarienne » d’Hugo Chávez avaient pourtant suscité l’enthousiasme des progressistes par-delà les frontières. Comment expliquer la crise que traverse actuellement le pays ?

Renaud Lambert

Début 2014, le programme des opposants de droite appelé « La Salida » (la sortie) échoua au Venezuela. Était-ce juste un programme d’alternance politique? Pas du tout. Certains parmi ces politiciens avaient déjà participé au coup d’Etat contre Chavez 2002, et ils décidèrent de récidiver. Par la promotion de la violence et le chaos dans le pays, cette « opposition » renonça définitivement à la voie démocratique. Cela mena à l’arrestation de Leopoldo Lopez et Antonio Ledesma et à une enquête de responsabilité sur un total de 43 morts, 486 blessés et 3500 arrestations au cours des guarimbas (barricades de rue). Cependant, les médias européens persistent à les dépeindre comme des victimes et des prisonniers politiques, reléguant toute responsabilité quant à ces événements au gouvernement vénézuélien qui, lui, est décrit comme une « dictature effroyable ». C’est l’application d’une règle connue de la propagande de guerre : inverser le rôle des victimes et des bourreaux.

Alex Anfruns – Investig’Action – SOURCE

Caracas a annoncé avoir déjoué une tentative de coup d’Etat mi-février. En dépit des événements de ce type, c’est de l’intérieur du processus bolivarien qu’a émergé la principale menace pour son avenir : la corruption (lire « Le Venezuela miné par la spéculation »). Celle-ci s’oppose à l’éthique révolutionnaire que l’ancien président Hugo Chávez, décédé en 2013, revendique dans un livre d’entretiens avec Ignacio Ramonet, dont nous présentons ici un extrait.

Un an après la disparition d’Hugo Chavez, le Venezuela de Nicolas Maduro, président élu, fait face à une vague de protestation des classes moyennes. Prêt au dialogue avec elles, le gouvernement maintient son choix d’une politique sociale, mais refuse le rôle pris par les Etats-Unis. Pour l’ambassadeur du Venezuela en France, Hector Mujica, ce mouvement qui tente de déstabiliser la révolution bolivarienne, est voué à l’échec.

Depuis le début du mois de février, des manifestations violentes ont fait « dix-sept morts et deux cent soixante et un blessés » au Venezuela, selon la procureure générale du pays, Mme Luisa Ortega Diaz. Mercredi 26 février, le président Nicolas Maduro – qui dénonce une tentative de coup d’État soutenue par Washington et des groupes paramilitaires proches de l’ancien président colombien Álvaro Uribe – a convié les différents secteurs de la société à une « conférence sur la paix ». Cette rencontre entre syndicats, patronat, partis et intellectuels devait participer au retour au calme.