Les droits de douane imposés par Donald Trump reviennent à faire payer les entreprises américaines qui importent des produits de l’étranger. D’autres vont devoir passer à la caisse, mais cette fois pour exporter.
En échange de l’autorisation de reprendre leurs exportations de puces spécialisées dans l’intelligence artificielle vers la Chine, Nvidia et AMD se sont engagés à reverser 15 % des revenus générés à Washington. Révélé par la presse américaine, ce « deal » pour le moins inhabituel constitue un changement stratégique majeur.
Sur fond de rivalité croissante entre Washington et Pékin, l’exportation vers la Chine des puces de conception américaine les plus performantes avait été interdite en 2022 par l’administration Biden, pour des raisons de sécurité nationale.
Des terres rares dans la balance ?
Revenu à la Maison Blanche, Donald Trump avait d’abord confirmé ces restrictions. Le président américain avait toutefois donné son accord à une reprise des exportations vers la Chine après la promesse du patron de Nvidia, Jensen Huang, d’investir 500 milliards de dollars aux États-Unis. Fin stratège, l’entrepreneur d’origine taïwanaise avait également fait valoir que maintenir l’embargo pousserait surtout Pékin à développer ses propres capacités de production.
Seules deux puces sont pour l’instant concernées : la H2O de Nvidia et la MI308 de son concurrent AMD. Spécialement développées pour le marché chinois, leurs performances ont été revues à la baisse par rapport à leurs homologues proposées en Occident.
Donald Trump a toutefois évoqué lundi la possibilité d’un accord similaire avec des puces Blackwell de dernière génération, pourvu qu’elles soient bridées. « Je voulais 20 %, mais Jensen a réussi à négocier 15 % », a également déclaré le président américain.
Selon le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, cet assouplissement serait aussi lié aux négociations en cours avec Pékin pour la fourniture de terres rares indispensables aux industries de pointe — un marché largement dominé par la Chine. Le New York Times a calculé que l’accord devrait rapporter deux milliards de dollars au Trésor américain… à condition que les ventes soient conformes aux prévisions.
Considérant le retour des puces américaines comme un cadeau empoisonné, Pékin vient de déconseiller aux entreprises chinoises d’acheter les H20 de Nvidia, qu’elle accuse de contenir des portes dérobées permettant aux autorités américaines d’en prendre le contrôle.
À l’origine fabricant de puces graphiques, Nvidia a vu son marché exploser avec la demande en puissance de calcul liée à FIA. Devenue la plus grosse capitalisation boursière mondiale, l’entreprise américaine pèse aujourd’hui plus de 4400 milliards de dollars — l’équivalent du PIB de l’Allemagne.
Jean-Michel Lahire Le Dauphiné 13/08/2025
En fait Trump augmente les taxes douanières et diminue les impôts. Ce qui revient à faire payer au consommateur américain l’esquisse d’impôts et rendre ses entreprises plus compétitives.
La France a été assez idiote pour renoncer à soutenir ses fabricants de micro processeurs (pourtant les premiers processeurs CMOS ont été conçus en France avec le plan calcul). Et ça on le doit à Mitterrand, Chirac, et Sarkozy.