… au placard d’où l’olibrius n’aurait pas dû ressortir…
Sept mois après son retour surprise aux affaires, l’ancien socialiste semblait en passe de réussir son coup. Étonnamment discret dans la vie mouvementée du gouvernement Bayrou, Manuel Valls assume de se concentrer sur ses dossiers, avec succès. La loi pour « refonder Mayotte » adoptée au Parlement a passé sans encombre l’étape du Conseil constitutionnel. Le 31 juillet, trois décrets ont été publiés au Journal Officiel pour répondre à la crise de la vie chère dans les Outre-mer, avant un projet de loi attendu à la rentrée parlementaire.
Mais c’est la signature de l’accord de Bougival le 12 juillet qui représente sa plus grande victoire, un peu plus d’un an après les émeutes meurtrières de 2024. Jusqu’à ce 13 août, où tout semble désormais sur le point de s’effondrer.
Celui qui se revendique de l’héritage de Michel Rocard, Premier ministre socialiste resté dans l’histoire pour avoir ramené le calme en 1988 avec les accords dits de Matignon, a misé sur la même méthode : le dialogue. Et le succès est au rendez-vous. Même si le premier round de discussions en mars n’a abouti à aucun accord, indépendantiste comme loyalistes se sont dits satisfaits des premiers pas du ministre jadis si clivant. Une différence notable avec ses prédécesseurs, boudés par un camp ou un autre et dont aucun n’avait réussi à remettre toutes les parties autour de la table.
Fin connaisseur de la Nouvelle-Calédonie, Manuel Valls sait qu’il a une carte à jouer et il n’entend pas laisser quiconque s’approprier ses succès. Ainsi, quand en juillet le président de la République convoque un sommet à Paris et semble reprendre la main sur le dossier, le ministre assure à l’AFP qu’il « continue à s’en occuper ». Et s’il est « normal » que le chef de l’État « ait plus que son mot à dire », il est catégorique : « La négociation politique (…), c’est moi qui vais la mener ».
Une dizaine de jours plus tard, l’accord de Bougival voit le jour aux forceps et Manuel Valls reçoit les compliments de François Bayrou. Mais alors qu’il vantait son « inventivité » dans les termes de l’accord et disait avoir profité de « la souplesse » de la Constitution pour ne fâcher personne, le FLNKS explique son rejet « en raison de son incompatibilité avec les fondements et acquis de notre lutte ». Une façon de dire que si les indépendantistes ont été écoutés, ils n’ont pas été entendus. Et un véritable tacle à la méthode Valls.
Désormais en posture délicate, Manuel Valls n’entend pas renoncer. Dès les premiers signes d’opposition indépendantiste, le ministre a multiplié les prises de parole pour déminer la situation.
Tout en réfutant tout « chantage économique et social », Manuel Valls souligne par exemple que « sans accord, sans stabilité politique il n’y aura pas de repreneurs pour le nickel, la pénurie de soignants perdurera et les inégalités continueront de se creuser. » En parallèle, le ministre cible directement le FLNKS, qui « tourne le dos à la recherche de consensus et à la discussion collective » alors qu’en face, il dit « pouvoir compter » sur les autres signataires de l’accord pour avancer sur les détails. Une façon de donner le mauvais rôle aux indépendantistes, qui n’apprécieront sûrement pas.
Quel accueil réserveront-ils au ministre ?
Un regain de tension sur le Caillou, voire un simple boycott des discussions par les indépendantistes, serait fatal à l’image que Manuel Valls essaye de se reconstruire.
Jade Toussay. HuffingtonPost. Source – lecture libre (Extraits)
Le projet de Valls est loin d’être absurde. Il offre aux kanaks la possibilité de gérer leur territoire et d’apprendre à gérer un état. Je ne suis pas sur que les kayaks ne vont pas regretter leur jusquauboutisme, car pour l’instant ils sont minoritaires. La Kanakie indépendante serait comme le Vanuatou obligé de quémander une aide à l’Australie faute de pouvoir gérer l’évolution du climat. L’économie de l’île est tenue par une minorité européenne, sans ces emplois l’île serait dans la misère. Le plan de Vzlls était un beau cadeau fait aux indépendantistes. Il ne reste maintenant que la loi du plus fort.