Je les ai vus sans voir
Je les ai vus naissants
Je les ai vus souriants
Je les ai vus pleurants
Je les ai vus mourants
Et je n’ai rien vu
Et je n’ai rien pu
Et je n’ai rien su
Et je n’ai rien eu
C’était NORMAL que de mourir tous ensemble, et non comme un chien seul avec son nez morveux, et sa langue pendue comme une laisse de feu crématoire.
Que voulez-vous de moi ?
Quelques vers de mignardise salonnarde ?
Ma surcharge vous dégoûte-t-elle ?
ATTENTION Je vous encombre péniblement
Chacune de mes paroles pèse des millions de tonnes mal pesées
Sobre est le regard d’une extrême horreur.
Recueil « Mouvances ». Ed. Les Belles lettres.
Paul Valet (Georges Schwartz 1905-1987) né en Russie de mère Polonaise et père Ukrainien d’origine polonaise, arrivé en France en 1924, obtiendra la nationalité Française en 1931. De 1936 à 1970, il est médecin généraliste à Vitry (94), résistant comme sa femme pendant la guerre 40-45, ses parents déportés à Auschwitz, ne reviendront pas.
Paul valet ne peut avoir connu le génocide palestinien de Gaza, peut-être fait-il allusion à Sabra et Chatila en 1982, mais plus surement aux exactions des nazis. Pourtant, le poème ci-dessus ne peut qu’identifier le génocide perpétré par le gouvernement Israélien à Gaza. MC