Un débat divisant….

… le droit du sol… et « qu’est-ce qu’être français » !

La France est connue comme un pays de droit du sol. Cette tradition médiévale, réhabilitée au XIXe siècle, a beaucoup évolué. Aujourd’hui, la nationalité française repose en réalité sur une combinaison du droit du sang et du sol.

Mais ce droit, remis en cause depuis plusieurs décennies, subit de nouvelles offensives, sous la pression de l’extrême droite. La classe politique se déchire, alors que l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi portée par Les Républicains (LR) — avec le soutien du gouvernement Bayrou — visant à durcir les restrictions au droit du sol à Mayotte jeudi soir. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, en a profité pour ouvrir la porte à une discussion plus large sur le sujet, une position défendue aussi par son homologue de l’Intérieur, le très droitier Bruno Retailleau. « Aujourd’hui, il n’y a pas d’effort à devenir français quand on est né quelque part, par le hasard de la vie, et je pense qu’il faut un effort pour le devenir », a ainsi soutenu Gérald Darmanin auprès du « Parisien »

Le gouvernement se divise

Sur RMC, François Bayrou a apporté de l’eau au moulin de son ministre de la Justice, con­sidérant toutefois qu’il fallait « un débat public approfondi et beaucoup plus large », incluant d’autres sujets autour des notions d’identité et de citoyenneté. « Qu’est-ce que c’est qu’être français ? », a lancé le Premier ministre, dix jours après sa phrase polémique sur le « sentiment de submersion » migratoire.

L’ouverture d’un tel débat convient à la droite. Mayotte est « la première étape », a déjà prévenu le chef des députés LR, Laurent Wauquiez, dont l’objectif affiché est « d’étendre ces restrictions sur le reste du territoire français ».
Bruno Retailleau, lui aussi membre de LR, a insisté sur la nécessité « d’assimiler des valeurs » en cas de naturalisation. Il a évoqué sur LCI des mesures à prendre « de toute urgence ».

Gérald Darmanin souhaite, lui, une réforme constitutionnelle du droit du sol via un référendum ou à la présidentielle de 2027.

La remise en cause de ce principe divise au sein du gouvernement. Élisabeth Borne, ministre de l’Éducation nationale, a fait savoir sur RTL qu’elle n’était « pas favorable » au débat proposé par le ministre de la Justice. Se disant aussi « défavorable » à la remise en cause du droit du sol, le député Belkhir Belhaddad, membre de l’aile gauche du « socle commun », a lui carrément claqué la porte du groupe Renaissance.

La gauche toujours fâchée

L’idée d’une révision du droit du sol enchante au contraire le Rassemblement national (RN). À l’opposé, on retrouve la gauche. Jean-Luc Mélenchon a réagi sur X, y voyant « les fruits pourris du refus de la censure par le PS » et appelant à censurer lundi le budget de la Sécurité sociale. Le PS a, de son côté, réaffirmé son « attachement » au droit du sol, promettant sur X de « défendre ce principe fondateur de notre République ».

Cette nouvelle séquence montre combien l’immigration clive toujours plus dans le pays.


Divers médias


3 réflexions sur “Un débat divisant….

  1. bernarddominik 06/04/2025 / 8h18

    Mélenchon a dit qu’il voulait une France métissée.
    Mon village doit-il devenir un souk ?
    C’est sur ce choix que je ne peux partager l’avis de LFI.

  2. Danielle ROLLAT TATCHOU 92 06/04/2025 / 14h38

    Beaucoup de nos compatriotes oublient notre passé colonial… en Afrique en particulier…Je me souviens d’une carte de géographie que nous avions explorée au collège.. je n’ai pas oublié « Afrique occidentale Française, Afrique Equatoriale.., Congo Belge », ni le Maroc, ni l’Algérie, ni la Tunisie, ni les natifs de ces Etats venus étudier dans notre Lycée, en qualité de fils de notables locaux, ni des compatriotes .. dont des proches.. partis 3 ou 4 ans… servir dans les colonies… avec femme et enfants…

    Je n’ai pas oublié non plus, le décès de Gilbert, frère d’une de mes camarades de classe.. tombé en Algérie, ni la cérémonie officielle de ses obsèques, ni les larmes de nos voisines inquiètes pour leurs fils, ni les attentats… ni la souffrance de notre tante mère de Bob le cousin , né en 1939 alors que son père était mobilisé, ils ont fait connaissance fin 1945 lorsqu’il a été libéré de l’Allemagne, rentré le dernier au pays fin 1945…

    • Libres jugements 06/04/2025 / 15h32

      Bonjour et grand merci Danielle, pour ce commentaire ne rappelant que des faits, une histoire française que certains ne veulent pas entendre.
      Avec toute mon amitié, gardes toi en santé et toujours aussi juste dans tes jugements.
      Michel

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