Poème 78

Je ne connais de l’humanité
Que l’âme froissée
L’intelligence aiguë pour inventer
Des bombes à sous-munitions
Des armes qui tuent bien après la guerre
Douée pour piller et détruire
Affamer et trucider
Puis une voix me dit :
Il y a Mozart et Pasteur
Victor Hugo et Rimbaud
Montaigne et Germaine Tillion
Dont le visage et la douceur du regard
Me reviennent à l’instant
Oui, Germaine Tillion solaire et calme
Les yeux baissés, je l’écoutais parler des Cousins
La douleur du monde et la volonté de résister
C’était un lundi de septembre 1971
Ses paroles simples disaient l’essentiel
Donnaient sens à ma vie
L’humanité avait enfin une adresse et un nom
L’intelligence bâtissait, luttait et réparait.


Tahar Ben Jelloun. Recueil « Douleur et lumière du monde ». Éd. Gallimard


Une réflexion sur “Poème 78

  1. ROLLAT Danielle Tatchou 92 ! 06/04/2025 / 14h00

    J’aime la sérénité

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