Les salaires à la poursuite du pouvoir d’achat

Bonne nouvelle, les entreprises prévoient cette année d’augmenter les salaires en moyenne de 2,5 %, selon le cabinet LHH. Plus fortement que la hausse des prix attendue à1,6 %, donc promesse de gain de pouvoir d’achat pour les salariés.

Mauvaise nouvelle, ce « rattrapage » reste insuffisant à compenser la perte de pouvoir d’achat subie à la sortie du Covid, entre mi-2021 et fin 2024.

La prudence domine

Gouvernement et entreprises auront ainsi, face à la guerre en Ukraine et la crise de l’énergie, réussi à écarter le risque d’une « boucle prix-salaires » où les deux termes se font la course et entretiennent une inflation toujours plus forte. Mais le prix à payer aura été une perte de pouvoir d’achat – l’économiste Eric Heyer, de l’Observatoire français des conjonctures éco­nomiques, oppose sur la période 13,8 % d’inflation et 10,5 % d’augmentation du salaire mensuel de base.

En 2024, le taux médian des augmentations avait été de 3,5 %, après 4,75 % en 2023. La prévision pour cette année « reflète la prudence des entreprises dans un contexte politique et économique incertain, bien que marqué par la décélération de l’inflation », analyse Delphine Landeroin chez LHH.

Les augmentations n’auront pas la même forme pour tous. « Pour les ouvriers et les employés, il s’agira majoritaire-ment d’augmentations générales », nous précise Nathalie Germanicus, directrice de projet chez LHH. C’est le choix de plus de sept entreprises sur dix consultées par le cabinet. « À l’inverse, les augmentations individuelles domineront nettement chez les cadres ».

C’est bon pour le climat (social)

Autre évolution, la progression des mesures salariales complémentaires, adoptées par un tiers (31 %) des entreprises.

Par exemple, la hausse de la prise en charge d’une partie des frais de transport, citée par le quart (26 %) des entreprises.

Ou une participation plus élevée aux cotisations à la mutuelle. Et plus encore la participation aux frais de repas, sous forme de tickets restaurants ou autres : citée l’année dernière par 40 % des entreprises, elle l’est cette année par 62 %.

Les mesures extra-salariales, constate Deiphine Landeroin, peuvent « favoriser un climat social plus serein et garantir aux salariés des bénéfices immédiats en termes de pouvoir d’achat » — ceci expliquant leur popularité auprès des salariés. Le problème critiquait récemment la Cour des comptes, est que ces compléments sont inégalement distribués, dans les grandes bien davantage que les petites entreprises. Et exonérés de cotisations sociales et parfois de CSG, ils contribuent de fait au déficit de la Sécurité sociale.


Francis Brochet. Le Dauphiné Libéré. Lecture libre. Le 21/01/2025


Une réflexion sur “Les salaires à la poursuite du pouvoir d’achat

  1. bernarddominik 24/01/2025 / 10h47

    Quand l’inflation est très élevée les patrons ont de la difficulté à suivre parce qu’en général il y a une baisse des ventes. Et puis il y a l’effet pernicieux de l’âge. Quand après 30 ans de travail votre salaire dépasse légèrement celui des nouveaux embauchés le patron augmente plus facilement les salaires plus bas et vous arrivez à la retraite vous avez perdu 15% de pouvoir d’achat. J’ai été délégué du personnel et j’ai bien compris que le patronat n’est pas toujours compétent pour mesurer le rapport travail/salaire en revanche il ne mégotte pas pour diminuer sa masse salariale. Je dirais même que c’est en général son principal point de surveillance et 90% du sujet de réunion des comités d’entreprise, et quand on veut parler de formation d’investissement le patron ramène presque toujours le sujet sur la masse salariale. Un tabou français

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