L’anticulture a nos portes !

Certaines mentalités réagissent en jugeant inutile d’éduquer la population des travaux manuels, pensant que ces compétences ne requièrent pas un haut niveau d’instruction. Pourtant, ces compétences sont essentielles pour le bon fonctionnement de la société, et il est impératif de revoir notre approche éducative afin de proposer des formations valorisantes et promouvoir le respect entre les différentes compétences. MC

La Région des Pays de la Loire sera-t-elle la première collectivité à renoncer à financer la culture sur son territoire ?

 De nombreux théâtres, orchestres, festivals, associations… ont été informés que leur subvention serait supprimée en 2025 ou, dans le meilleur des cas, fortement baissée avant d’être arrêtée en 2026.

Pour les structures les plus fragiles, c’est la mort programmée. Pour les autres, l’obligation de réduire la voilure de leurs activités.

Comme toutes les Régions, celle des Pays de la Loire est contrainte par le gouvernement à participer au redressement des comptes publics. Il lui en coûtera 40 millions d’euros.

La présidente de l’exécutif régional, Christelle Morançais(Horizons, ex-LR), a décidé de placer le curseur des économies plus loin. A minima 100 millions d’euros. Et de faire peser l’essentiel des coupes sur la culture (- 73 %) et le sport (- 75 %), ce qui devrait être acté lors du vote du budget, le 19 décembre.

Dans le passé, la culture a souvent servi de variable d’ajustement aux élus locaux pour équilibrer leur budget. Jamais elle n’a été ainsi balayée. Un choix dangereux. Même si le financement de la culture ne relève pas d’une obligation pour les Régions, il existe depuis les années 1980 un consensus politique sur l’idée qu’elle doit être soutenue par tous les échelons de la puissance publique.

C’est la meilleure et seule garantie d’un égal accès à la culture pour tous grâce à un maillage serré du territoire ; d’une culture accessible à tous avec des tarifs abordables ; et d’une diversité de l’offre que ne pourra jamais proposer le privé.

En se dépouillant des moyens de mener une politique publique dans ce domaine, Christelle Morançais rompt avec cet héritage et en dénie la nécessité. Elle le fait en plus sans concertation et avec brutalité. Justifiant sa décision au nom d’une réalité économique prétendument intangible.

Stigmatisant les artistes en reprenant les poncifs éculés habituellement véhiculés par l’extrême droite sur une culture gavée d’argent public et composée de nantis et de gauchistes. Plus idéologique que politique. Avec un risque de contagion car d’autres collectivités (départements, communes…), elles aussi soumises à de fortes contraintes budgétaires, pourraient être tentées à leur tour de se désengager.

C’est pourtant l’exemple à ne pas suivre.


Olivier Milot. Télérama N° 3907. 27/11/2024


2 réflexions sur “L’anticulture a nos portes !

  1. Danielle ROLLAT 05/12/2024 / 11h58

    colère et tristesse, pas de quoi gagner des électeurs..

  2. bernarddominik 05/12/2024 / 14h00

    C’est étrange comme les réactions sont différentes suivant les régions, les pays de la Loire vont se serrer la ceinture, en PACA Muselier fait le contraire 3,6 milliards pour refaire la gare St Charles, environ 30 milliards pour le tgv dans sa variante côtière, deux fois plus que qu’en passant par le centre du Var. On se demande où Muselier va trouver tout cet argent et combien ça va lui rapporter

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