On ferme…

… pour préserver, augmenter le capital des actionnaires !

Auchan et Michelin, etc. périls sur l’emploi

Une colère gonflée à bloc. Sonnés par la fermeture de deux usines d’ici à 2026, les salariés de Michelin n’ont pas tardé à réagir sur les sites de l’ouest de la France où un total de près de 1 200 emplois sera supprimé. À Cholet (Maine-et-Loire), l’accès à l’unité de production (900 postes) a été bloqué et la grève votée dans la foulée de l’annonce du leader mondial de pneumatiques ­19 000 salariés en France, 132 000 dans le monde.

À Vannes (Morbihan), la tristesse a été consumée en faisant brûler pneus et palettes. La direction avait, de toute façon, prévu de stopper la production jusqu’au 13 novembre sur les deux sites respectivement dédiés aux pneus pour camionnette et aux câbles métalliques.

Les maires (divers droite) de ces villes moyennes, où Bibendum a toujours été une bouffée d’oxygène, ne mâchent pas leur amertume : la « version voyou du capitalisme » dixit Gilles Bourdouleix, une « journée noire pour Vannes et un séisme pour le territoire », selon David Robo.

Ce coup dur pour l’emploi, qui s’ajoute à celui d’Auchan (2 400 emplois en moins), n’a pas manqué d’enflammer aussi le débat politique dans un contexte social tendu.

La cause avancée

« C’est l’effondrement de l’activité qui a provoqué cette situation sans perspective de redressement », justifie Florent Menegaux, PDG de Michelin depuis 2018.

Le patron évoque aussi « une forte dégradation depuis cinq ans de la compétitivité de l’Europe », égrenant l’inflation, le prix de l’énergie et le coût de la masse salariale qui renchérissent les coûts de production par rapport à l’Asie et aux Amériques.

Mêmes maux, mêmes effets ?

Mardi encore, l’équipementier allemand Schaeffler a informé de la suppression de 4 700 postes en Europe (principalement en Allemagne) et la fermeture de deux usines. Le spécialiste des roulements (120 000 personnes depuis sa récente fusion avec Vitesco) « met en avant la transformation en cours dans l’industrie des équipementiers automobiles ».

En réalité, la fabrication des pièces détachées pour l’automobile (1,7 million de salariés) est en crise depuis plusieurs années. « Les projections initiales faisaient mention de 100 000 créations d’emploi d’ici à 2025 dans la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques. Seules, 29 000 ont été réalisées », souligne l’association européenne des équipementiers automobiles (CLEPA).

Pire, les dégraissages s’enchaînent avec plus ou moins d’écho chez les géants (Bosch, ZF, Continental) et des PME disparaissent un peu partout en France. « Depuis 2020, 86 000 emplois ont été perdus et 32 000 suppressions ont été annoncées au cours des six premiers mois de 2024 », alertait fin octobre l’association représentant plus de 3 000 entreprises.

Transition poussive

« Ce n’est pas une crise des équipementiers, c’est celle de tout l’écosystème automobile qui est touché. Le marché reste très faible et la transition vers l’électrique ne se fait pas à la vitesse attendue car les gens n’achètent pas beaucoup de véhicules électriques qui restent trop chers », analyse Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire Cetelem. Avec 2 % de véhicules électriques dans l’Hexagone, la route semble loin pour atteindre l’objectif gouvernemental de 15 % d’ici à 2030.

« L’Allemagne et la France, où l’industrie automobile pèse plus lourd que dans d’autres pays européens, sont forcément davantage touchés », relève encore Flavien Neuvy mettant en garde contre l’intensification de la concurrence chinoise. Michelin mise, entre autres, sur le pneumatique haut de gamme et s’est engagé sur la voie des délocalisations (Pologne, Brésil, Chine, Thaïlande) parallèlement à plusieurs fermetures d’usines dans l’Hexagone depuis 2006.


Cluistine Beranger. Le Dauphiné. 06/11/2024

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Selon Romain Herreros. Huffington Post

Macron voit le seul point positif de son bilan économique menacé par les fermetures

Alors que le chef de l’État avait fait du plein-emploi un objectif, et enregistrait une baisse de chômage quasi continue, les signaux négatifs s’accumulent.

C’est le fil rouge des sept premières années de macronisme. Des ordonnances travail aux réformes de l’assurance chômage en passant par une fiscalité censée accroître l’attractivité, Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs n’ont cessé de marteler leur ambition : réduire (enfin) un chômage endémique, revendiquant une rupture nette avec le quinquennat de François Hollande qui n’a jamais atteint ses objectifs en la matière.

Non sans un certain succès. En mai 2015, le taux de chômage avait atteint la cote d’alerte, a 10.5 %. Or, depuis, la courbe a nettement chuté, atterrissant au mois d’août à 7,3 % selon les chiffres de l’Insee. Soit une baisse de trois points, dont le camp présidentiel était particulièrement fier.

« Nos réformes ont permis de créer 2,5 millions d’emplois, notre taux de chômage est au plus bas depuis quarante ans… Nous avons montré que nous n’étions pas condamnés au chômage de masse », se félicitait au mois de mai dans La Tribune Dimanche Gabriel Attal, alors Premier ministre, pour justifier sa deuxième réforme de l’assurance chômage, stoppée net par la dissolution.

Comme si, d’un coup, toute la doxa macroniste s’effondrait sur elle-même. Et ce ne sont pas les prévisions pour l’année 2025 qui pourront rassurer la coalition au pouvoir : 150 000 destructions d’emplois sont attendues l’an prochain, avec un taux de chômage anticipé à 8 %. « Il y a encore quelques mois, les salariés me parlaient surtout de pouvoir d’achat ; là s’ajoute la crainte de perdre leur emploi », prévient dans La Tribune Dimanche la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon. Dans une interview accordée au même hebdomadaire, son homologue de la CGT, Sophie Binet, est encore plus alarmiste. « Nous sommes au début d’une violente saignée industrielle », redoute-t-elle, chiffrant à 200 le nombre de plans sociaux calculés par la centrale syndicale. « Cette catastrophe sociale confirme le naufrage de la politique de l’offre d’Emmanuel Macron. Elle laisse les multinationales et les fonds d’investissement faire la pluie et le beau temps et coûte “un pognon de dingue” », accuse Sophie Binet.


De son côté, l’exécutif assure être conscient de la situation. [« ça fait une belle jambe » aux nombreux licenciés actuels ou à venir prochainement. MC]


Une réflexion sur “On ferme…

  1. Danielle ROLLAT 11/11/2024 / 14h49

    TOUS CES FUTURS CHOMEURS ET CHOMEUSES TROUVERONT-ILS DU BOULOT EN TRAVERSANT LES RUES DE LEURS CITES OUVRIERES ?
    POURRONT-ILS MENER DES BATAILLES EXEMPLAIRES ET SOLIDAIRES, COMME CE FUT LE CAS PAR EXEMPLE CHEZ RENAULT BILLANCOURT, AVEC UNE ORGANISATION SYNDICALE PUISSANTE ET LE SOUTIEN DE LA POPULATION ?

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