Lafarge : payait le terrorisme E I 

Via son usine implantée en Syrie, le cimentier est soupçonné d’avoir financé des groupes terroristes au moment de l’émergence de l’Etat islamique entre 2013 et 2014 afin de poursuivre son activité sur place. Le procès pourrait se tenir en 2025.

Les juges d’instruction parisiens chargés de l’affaire Lafarge ont rendu ce 16 octobre leur ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel comme « Le Nouvel Obs » l’a appris de sources judiciaires.

Dans cette affaire du financement par le cimentier et de sa filiale en Syrie de groupes terroristes entre 2013 et 2014 – dans le but apparent de faire continuer et prospérer son usine locale en dépit de l’avancée de ces groupes -, les magistrats ont décidé de renvoyer devant le tribunal pour qu’ils soient jugés la société elle-même ainsi que huit personnes, la plupart des cadres dirigeants de la société.

Seul l’ancien responsable du groupe, Jean-Claude Veillard, mis en examen depuis les débuts du dossier, bénéficie d’un non-lieu. « Après 7 années d’un combat judiciaire sans relâche, l’innocence de Jean-Claude Veillard est enfin établie.c’est un grand soulagement », expliquent ses avocat Me Sébastien Schapira et Me Antoine Galudec.

Les flux financiers étudiés avaient montré des versements à différents groupes terroristes dont l’Etat islamique et le Front Al-Nosra sous forme de taxes et de droits de passage afin de préserver l’activité de son usine de production de ciment de Jalabiya dans le nord de la Syrie, à proximité de la frontière turque.

Parmi les neuf personnes figurent cinq anciens cadres de Lafarge – dont l’ex-PDG Bruno Lafont, l’ex-directeur général adjoint opérationnel Christian Herrault – ainsi que deux anciens responsables – un Norvégien, Jacob Waerness, et un Jordanien, Ahmad Jaloudi – de l’usine exploitée par Lafarge Ciment Syria jusqu’à fin 2014.

Cette décision est en grande partie conforme aux réquisitions prises par le Parquet national antiterroriste dans cette affaire. Ce dernier avait cependant requis le renvoi en procès de l’ancien responsable de la sûreté. Cette ordonnance est actuellement en cours d’analyse, indique-t-on du côté du PNAT, qui dispose d’un délai de 10 jours pour interjeter appel.

« L’ordonnance rendue clôture sans surprise une instruction qui n’a jamais voulu sortir de la ligne tracée à l’origine par l’enquête interne – une enquête à charge faite uniquement pour satisfaire le Department of Justice américain, considère pour sa part Solange Doumic, l’avocate de Christian Herrault. La réalité des faits vécue par mon client n’a pas été prise en compte ; les semaines d’audience devant le tribunal permettront heureusement de la mettre en lumière ».


Sollicités, les autres avocats n’ont pas souhaité commenter.


Les audiences du procès à venir, courant 2025, ne traiteront que du financement pour terrorisme, le volet pour complicité de crimes contre l’humanité visant Lafarge et ses cadres a été disjoint et fait l’objet d’une autre procédure encore en cours.


Mathieu Delahousse Nl Obs.  Source (En accès libre)


3 réflexions sur “Lafarge : payait le terrorisme E I 

  1. bernarddominik 17/10/2024 / 9h21

    Il y a une autre réalité c’est celle des employés syriens de Lafarge. Eux avaient une famille et besoin de travailler pour vivre. Lafarge payant des impôts à l’état syrien il en a payé au nouvel état qui s’était substitué à lui. Dans ces circonstances c’est facile de condamner sans tenir compte de la réalité du terrain

  2. Walter PASCOLI 17/10/2024 / 10h52

    D’après mes souvenirs le groupe Lafarge avait cédé aux pressions des terroristes qui venaient saccager l’usine de production de ciment dans le but d’obtenir des sommes d’argent . ( Emission vue à la TV il y a 8 ans environ … )
    Lafarge était mis en situation de payer les terroristes ou d’abandonner l’usine !
    Et une cimenterie, avec l’achat des terrains alentours, etc … , ça coûte des sommes énormes ! C’est bien pour ça que des groupes terroristes étaient venus rançonner Lafarge …
    Alors, que devait faire Lafarge ?
    Que doivent faire les sociétés françaises implantées à l’étranger lorsqu’il y a des changements de régimes politiques dans ces pays .
    Ce n’est pas aussi simple que de fermer sa valise et de rentrer en France …

    • Libres jugements 17/10/2024 / 11h50

      Je réponds aux commentaires de Walter et de Bernard qui a priori semble de bon sens.
      Sauf qu’il faut se souvenir que ce sont les organisations terroristes de Daech et I.E., qui « bénéficiaient » du paiement de Lafarge autorisant, a cette entreprise la poursuite de son exploitation.
      Paiement qui permettait à ces organisations terroristes de s’équiper en armes et en hommes. Organisations terroristes qui ont sévi notamment en France.
      Lafarge ayant des usines à peu près partout dans le monde pouvait très bien abandonner celle de Syrie mais encore une fois satisfaire les actionnaires, comptait plus.

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