Prenons le temps de la réflexion suite à la parution : LIEN – concacrée aux profs toxiques en reprenant des éléments de contexte.
On évoque « la loterie de l’Éducation nationale ». Tout d’abord, la loterie comporte comme lots des objets ou une somme d’argent. Mais je pense que l’on ne peut parler de la sorte quand il s’agit des élèves ayant franchi la porte de leur établissement scolaire.
Enseignement public ou enseignement privé sous contrat.
Statistique du ministère de l’Éducation nationale 2021, rentrée 2022
Nombre d’enseignants 859 000 dont 141 200 enseignants dans des établissements privés sous contrat. Le nombre de « 900 000 en exercice » me paraît surestimé.
Nombre d’élèves scolarisés :
1ᵉʳ degré, les écoles maternelles et élémentaires publiques représentent 86,60 % des élèves scolarisé(e)s dans 48 220 écoles
Second degré, les collèges et lycées publics représentent 79 % des élèves scolarisé(e)s dans 6 980 collèges et 3710 lycées et EREA
Nombre d’élèves par enseignant en France 18,4
Comparaison internationale de quelques pays ; Italie 11,2 ; Allemagne 14,9 ; États-Unis 15,0 ; Japon : 15,6 ; Royaume Uni 19,6 ; Moyenne OCDE 14,4
Budget de ce ministère en 2021 : 166,8 milliards € soit 6,8 % du PIB
On constate donc que cette « institution », comme on la nomme, est bien un Ministère de plein exercice qui dépend largement des décisions politiques définies par le gouvernement de ce pays. Les discussions, à l’Assemblée nationale, de ces derniers jours d’octobre 2024, sur le Projet de loi de Finances, sont là pour illustrer ces chiffres.
En effet dans ce texte ou partie de ce texte du Nouvel Obs, je ne constate aucune référence aux grandes orientations politiques qui engagent ce ministère envers ce que l’on appelle la communauté éducative sans évoquer la société de notre pays sur l’ensemble du territoire national : enseignants, directeurs et directrices d’écoles, personnels administratifs et d’inspections, chefs d’établissements, médecins, infirmières, parents d’élèves, Fédérations de Parents d’élèves, collectivités territoriales, D.D.E.N.
Il est bien mentionné que les « conditions de travail des enseignants, l’absence de culture managériale (un anglicisme émanant du secteur privé) et de politique de ressources humaines de leur tutelle laissent béantes les possibilités d’abus. » Effectivement, la médecine du travail existe-t-elle ? Ces possibilités d’abus sont-elles des abus effectifs ?
D’autre part, l‘acronyme V.E.O (violence éducative ordinaire est utilisé dans le domaine scolaire ou/et familial). Il n’est pas réservé à l’Institution scolaire publique ou privée.
Des profs sont toxiques : définition de toxique (poison) ou personne nuisible, manipulatrices ou personnes maltraitantes ?
Qui les a recruté(e)s ? Quels sont les critères de cette sélection ou non sélection ? Qui les a formé(e)s et/ou continue de les former ? Qui les inspectent ? Qui dégradent les conditions d’exercice de tous ces personnels ? Qui déterminent les taux d’encadrement dans les classes ? Qui déterminent les heures d’enseignements ? Qui déterminent les ouvertures ou fermetures de classes ? Qui déterminent les traitements ? Etc.
Est-ce que la perte des heures de cours, le non-remplacement des personnels pour maladies ou de maternité, la non-continuité du service public d’éducation sont-ils des maltraitances faites aux élèves ? Est-ce un tabou d’en poser les termes sous cet angle ? Qui doit-on mettre en question ?
Je pense que la dénonciation des violences de toute nature faites aux élèves est indissociable d’actions par l’article 40 du Code de Procédure Pénale. La justice doit être saisie. Je sais que cela se fait. Les procédures de sanctions disciplinaires peuvent être appliquées.
Un(e) Prof n’est pas toxique, il ou elle est maltraitant(e). Il ou elle doit, après le respect du débat contradictoire, rendre des comptes à son administration Éducation nationale et éventuellement dans l’enceinte de justice suivant le délit ou le crime commis.
Mais il revient à la « tutelle » de faire en sorte que ce beau métier ne soit pas en déshérence, exposé aux vindictes multiples, livré aux soubresauts de l’actualité des faits divers ou des actes terroristes.
Le respect doit être réciproque et sans concession dans les Écoles et Établissements de la République française.
Je partage en partie les écrits du Nouvel Obs. « Au contraire, notre rédaction salue l’engagement des enseignants, dont l’immense majorité fait un travail extraordinaire dans un contexte difficile et peut souffrir de la présence de collègues dysfonctionnels. »
C’est bien de reconnaître la valeur de l’engagement inexorablement de ces professionnels mais je crois que c’est le système qui dysfonctionne livré à la paupérisation ! L’épuisement et le découragement des fonctionnaires sont palpables.
La lettre d’Albert Camus adressée à son instituteur le 19 novembre 1957 à valeur d’exemple pour les personnels de l’Éducation nationale, en particulier les Enseignants !
Les politiques devraient relire ces quelques lignes. Ils doivent renoncer à la démagogie. Le rabot des économies dispendieuses est dangereux pour notre démocratie !
RBLAPLUME
Professeurs toxiques? Il ne faut pas généraliser pour quelques rares cas signalés. J’ai retrouvé mes bulletins des années 50, nous étions 41 et jusqu’à 44 par classe, on a donc divisé par plus de 2 le nombre d’élèves par classe en 65 ans. Ne nous plaignons pas c’est un beau résultat. Mais pourtant je ne crois pas avoir reçu une formation inférieure à celle de mes petits enfants. Donc se focaliser sur ce chiffre me paraît exagéré. Il n’est pas sur que l’état puisse maintenir ce chiffre, car si notre pays continue sa dégringolade le budget de l’éducation nationale en patira.
Merci. J’ai eu la chance de cotoyer très régulièrement les enseignants des établissements scolaires fréquentés par mon regretté fils, de la maternelle à la terminale, intervenir pour obtenir notamment des subventions municipales pour des voyages scolaires, un car pour aller au théâtre, soutenir pour des travaux qui nous semblaient urgents.. organiser une kermesse.. et aussi désamorcer quelques crises…c’était formidable..
Parents rersponsables, avec mes collègues, nous avons toujours veillé à entretenir de bonnes relations avec la communauté éducative, à soutenir, à comprendre, à discuter avec les jeunes et leurs parents que nous avons aussi accompagnés lorsqu’il le fallait..
Et mon fils devenu adulte, enseignant sportif, heureux de retrouver notamment le groupe scolaire de son quartier, le stade de son enfance, son gymnase comme il disait, son bassin d’apprentissage de la natation, son dojo, et d’initier les enfants de ses copains et de les inciter à pratiquer un sport le mercredi.. Ils lui ont tous rendu un bel bommage, en demandant que la salle où il exerçait porte son nom.. ils ont été entendus… et étaient tous présents avec les enfants..
Actuellement plusieurs de mes neveux et nièces sont enseignants, en école primaire et au lycée, mon petit fils prof d’éco dans une ville de grande banlieue depuis la rentrée, tous se battent pour « leurs mômes » le maintien des effectifs enseignants, contre les fermetures de classes. Pas touche !!!