N’en déplaise aux grincheux, le spectacle était réussi.
Revisitant les grands classiques de la culture nationale de manière audacieuse — et même parfois transgressive —, la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 a démontré que la France pouvait encore faire briller son soft power.
Mais le premier des paradoxes est que ces belles images progressistes, qui ont réuni un milliard de téléspectateurs sur la planète, étaient aux antipodes du climat d’un pays qui a failli mettre le Rassemblement national au pouvoir !
Deuxième paradoxe : on pouvait espérer que ces JO profitent à l’économie nationale. Mais la concentration des épreuves en région parisienne aggrave encore l’hypercentralisation économique, à juste titre dénoncée dans les territoires. Sur un budget total estimé à près de 9 milliards d’euros, la moitié, destinée à couvrir les frais d’organisation, provient exclusivement de recettes privées (sponsors, billetterie, droits…).
L’autre moitié, consacrée aux infrastructures, a sollicité, en coûts directs (hors dépollution de la Seine, salaires et primes des agents publics…), 2,3 milliards d’euros d’argent public (hors dérapage probable). « Chaque euro d’argent public dépensé pour l’organisation des Jeux de Paris va générer 3 euros de retombées économiques pour la région parisienne », s’est réjoui le patron de Paris 2024, Tony Estanguet. Mais ce sont essentiellement les Franciliens qui bénéficieront des dizaines d’ouvrages édifiés pour l’occasion, comme le village olympique, l’Adidas Arena ou le centre aquatique de Saint-Denis.
En outre, il n’est pas sûr que les 15 millions de visiteurs attendus ouvrent aussi largement qu’espéré les cordons de leur bourse. Pour l’instant, restaurateurs et commerces de bouche font grise mine. Juin a été morose, plombé par la météo et le chaos politique.
Pas sûr que juillet soit meilleur : d’une part, les visiteurs étrangers potentiels non intéressés par les épreuves ont évité Paris, ses difficultés de transport et ses prix gonflés. Transavia et Air France-KLM prévoient un trafic inférieur à la norme cet été.
D’autre part, les mesures de sécurité drastiques ont paralysé, pendant des semaines, le centre-ville. Quant aux quartiers éloignés des sites olympiques, ils sont anormalement calmes, puisque les touristes ne s’y aventurent pas et que les Parisiens les ont désertés.
Résultat : selon le syndicat professionnel, dans les « zones grises » (où il faut un QR code), par exemple au Trocadéro, de nombreux restaurants font état d’une baisse de 70% de leur chiffre d’affaires ; ailleurs, on est aux alentours de – 30 %.
Troisième paradoxe : ces Jeux devaient être exemplaires sur le plan environnemental. Or, le bilan carbone des déplacements des spectateurs internationaux pourrait être le double de ce qui était prévu jusqu’ici, autour de 1,1 million de tonnes de CO„ selon le think tank The Shifters.
L’événement est par ailleurs très loin d’être « zéro déchet plastique à usage unique », comme promis. Parce que les athlètes ne se servent pas tous des gourdes distribuées ; parce qu’une partie des 13 millions de gobelets recyclables consignés se perdront dans la nature ; et parce que les milliers de fontaines installées dans les rues et sur les sites olympiques ne suffisent pas aux besoins des visiteurs, auxquels les établissements de restauration continuent — malgré l’interdiction — de servir des boissons dans des contenants en plastique.
Enfin, côté conjoncture, le petit surcroît de croissance (+o,5%) attendu des Jeux au troisième trimestre est loin de compenser l’incertitude angoissante dans laquelle le coup de Jarnac politique d’Emmanuel Macron a plongé la France. Le moral des chefs d’entreprise a chuté de 5 points en juillet, au plus bas depuis le Covid, et chacun se demande comment un gouvernement — encore à constituer ! — Pourra élaborer un budget 2025 crédible à l’automne.
Le brio de la cérémonie d’ouverture, et même une éventuelle pluie de médailles tricolores, n’y changera rien.
Dominique Nora, Le Nouvel Obs. N° 3123. 01/08/2024
Ce 0,5% correspond aux 15 milliards d’argent public injecté dans les JO et encore selon certains on serait plus proche des 30 milliards
Bonjour Michel et bien pour moi il y certaines scènes qui m’ont » défrisées « tu t’en doutes, je n’ai rien contre les dragqueen mais qu’ils restent dans leur cabarets faire leur show , pas pour représenter la France, à part cela , ce fut un spectacle réussi. bon après-midi Amicalement MTH
Bonjour Marie merci pour ton commentaire.
Pour tout te dire, je n’ai pas regardé ce show et n’ai entendu que des louanges par certains et abomination par d’autres.
Je trouve ce spectacle déplacé en tout et notamment son cout (au minimum 70 millions) juste pour cette journée alors que dans le même temps la dette nationale ne fait qu’augmenter et qu’un certain nombre de personnes sont obligées de recourir aux associations caritatives pour bouffer.
Je ne suis pas contre les jeux olympiques en eux-mêmes, mais contre tout ce qui est fait autour et les nombreux profiteurs de cet événement, qui malheureusement sont toujours les mêmes.
Avec toute mon amitié
Michel