Des Jeux de rêve qui ont donné la banane, les plus beaux de l’ère moderne, selon certains. Mais…
Dérapage financier sous contrôle ?
Pour connaître la douloureuse, il va falloir attendre. Ce n’est pas avant le 1ᵉʳ octobre 2025 que la Cour des comptes rendra son audit définitif sur la gestion de Paris 2024. Avant le début des réjouissances, les magistrats avaient réclamé « un suivi rigoureux de l’équilibre final du budget du Cojop (le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques), qui n’est aujourd’hui pas acquis ». « Marqué par des incertitudes », le budget initial, fixé en 2017 à 3,3 milliards d’euros, sera dépassé. Et de loin !
Dès 2018, il était réévalué à 6,8 milliards.
Au moment du franchissement de la ligne d’arrivée, les 10 milliards devraient être atteints. Et encore, sans compter la part prise en charge par l’État.
Les gouvernements Macron n’ont pas regardé à la dépense, en particulier lorsqu’il a fallu convaincre les fonctionnaires de ne pas partir en vacances durant l’été.
Le coût de ces primes (1 900 euros pour chaque flic ou agent de la SNCF mobilisé, par exemple) est pour l’heure impossible à évaluer. Le « quoi qu’il en coûte » époque Covid a joué les prolongations !
Le revers des médailles
Macron, Oudéa-Castéra et les autorités sportives se sont bruyamment félicités du bilan sportif de Paris 2024. La France n’avait jamais gagné autant de breloques : 64, dont 16 en or. Mais certaines disciplines plombent le bilan.
Cela n’a pas échappé à un ex-cadre du cyclisme, dont le coup de gueule est tombé dans l’oreille du « Canard » le soir de la cérémonie de clôture : « Il faut faire le ménage dans la piste.
C’est un échec industriel. » Selon lui, la solution est toute trouvée : « Il faut virer tout le monde. » Bigre ! La piste, discipline reine, qui ramène d’habitude des médailles, a obtenu un seul titre, celui de l’omnium. Et le même cadre sportif de pointer le danger : « L’incroyable succès populaire du BMX va priver la piste de nouveaux talents ».
Si au judo les garçons ont assuré, ça n’a pas été le cas du côté des femmes, comme l’a regretté publiquement le patron de la fédération, Stéphane Nomis : « On a la meilleure équipe de tous les temps chez les filles, et ce n’est pas possible de faire zéro finale. C’est qu’on a raté quelque chose, on a fait des erreurs. »
On peut lui conseiller de relire un rapport de l’inspection générale du sport qui dénonçait, dès 2020, « une forme d’omerta systémique au sein de la fédération » au sujet des violences sexuelles.
Perturbée par la chute d’une des leurs lors de l’échauffement, l’équipe de gym féminine a totalement raté son rendez-vous. Ce « trouble », cette « fragilité psychologique » sont peut-être la conséquence du comportement de certains cadres de la fédé.
En décembre dernier, une enquête de députés consacrée aux « défaillances » dans le monde du sport accusait « toute une génération de cadres et de dirigeants [qui] a mis sous le tapis des dérives, banalisé des comportements déviants ou discriminatoires ».
Le travail des parlementaires a tellement irrité les barons du sport français que certains s’en étaient plaints en haut lieu. À commencer par André Giraud, le patron de la Fédération française d’athlétisme, qui a dénié, dans une lettre adressée à la présidente de l’Assemblée, le droit des députés à enquêter sur la vie interne de la fédé. Il cherchait une excuse pour expliquer son piètre résultat (une unique médaille d’argent) ?
La bombe à retardement sécuritaire
Le coupable est tout trouvé : c’est l’ultra-gauche, qui a saboté les lignes de la SNCF, la veille de l’ouverture des JO. Le ministre de l’Intérieur l’a affirmé dès le 29 juillet. Pour l’heure, les limiers ne disposent d’aucun élément accréditant la thèse de Darmanin. Hormis ce déraillement sécuritaire qui a mis dans la panade 800 000 voyageurs, la Place Beauvau n’a pas raté l’épreuve.
Selon le parquet de Paris, les voleurs, escrocs, arnaqueurs et délinquants en tout genre n’ont pas fait fortune lors des Jeux de Paris : ils étaient moins actifs qu’en période estivale ordinaire. Même les cyberattaques tant redoutées ont été contenues.
« Lorsqu’on met du bleu dans la rue, ça marche », se félicite-t-on à Beauvau.
Encore un peu, et on va avoir droit au retour de la police de proximité, honnie par Darmanin. Cet impressionnant déploiement de forces (30 000 poulets et pandores mobilisés chaque jour, en moyenne) va se payer au prix fort dès la rentrée.
Mobilisé un mois durant, presque 24 heures sur 24, tout ce petit monde va avoir besoin de souffler en partant en congés. Un patron de la gendarmerie s’inquiète : « C’est à ce moment-là que nous serons le plus fragiles. » Et que les délinquants battront des records ?
Le grand nettoyage
Darmanin a ordonné à ses troupes de faire le ménage avant le début des festivités olympiques : 155 mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (Micas) et 164 visites domiciliaires ont été réalisées, visant « des personnes très dangereuses ou pouvant potentiellement passer à l’acte » durant les JO. Selon Beauvau, « plusieurs dizaines » d’obligations de quitter le territoire français (OQTF) ont été délivrées par les préfets, quitte, parfois, à ratisser large.
Ainsi Dimitri A., père de quatre enfants, réfugié en France depuis 2013. Quarante-huit heures avant la cérémonie d’ouverture des Jeux, les flics l’ont placé en rétention administrative.
Depuis, le quinquagénaire s’attend à être renvoyé à Moscou, où sa vie est en danger. Imam au Tatarstan, il avait refusé de balancer des fidèles au FSB (le nouveau KGB). Emprisonné, torturé et violé en 2012, il avait fait mine d’accepter de collaborer, avant de fuir le pays avec femme et enfants.
En France, il a travaillé et a soigné son VIH. Ses avocats, Mes Battaglia et Boxelé, précisent : « Son expulsion aurait été impossible sans la loi Asile et Immigration » de l’hiver dernier, qui lève l’impossibilité d’expulser des étrangers souffrant d’une maladie grave.
Ecolo, ma non troppo
Il y a cinq ans, Arme Hidalgo ne s’était pas privée de mettre la pression sur le choix des sponsors nationaux. Dans une bafouille adressée au patron du Cojop, Tony Estanguet, en mars 2019, elle faisait savoir qu’a il serait très difficilement compréhensible pour nos concitoyens que soient retenues des entreprises dont l’activité aurait un lourd impact sur l’environnement ». Étrangement, Patrick Pouyanné, le PDG de Total, s’était senti visé et avait renoncé à ce que sa boîte devienne partenaire des JO.
Hidalgo n’a rien pu dire, en revanche, sur les « partenaires mondiaux » des Jeux — ceux qui filent le plus de pépettes — mais ne se montrent pas plus vertueux que Total en matière de respect de l’environnement. Exemples, selon le think tank New Weather Institute : Toyota a émis 576 millions de tonnes de CO2. en 2022 ; Procter & Gamble 159 millions, Samsung 140 millions…
Paris 2 024 avait aussi pour ambition de « diviser par deux » les émissions « carbone » de l’événement par rapport à Londres 2012 et Rio 2016, soit 3,5 millions de tonnes équivalent CO2. Un engagement qui ne devrait pas être tenu. Les Shifters, une association internationale qui bosse depuis 2014 en faveur de la décarbonation de l’économie, estiment que, à eux seuls, les déplacements (nationaux et internationaux) en avion ont engendré 1,1 million de tonnes équivalent CO2. Soit deux fois plus que prévu !
Le Cojop avait choisi Coca-Cola — premier pollueur plastique mondial — comme distributeur exclusif des boissons de Paris 2024. L’objectif phare de réduire de moitié l’utilisation du plastique à usage unique par rapport à Londres sent un peu l’« écoblanchiment ».
Retard à terre
Les trains, les métros et les bus étaient à l’heure. Et propres, en plus ! Durant la quinzaine olympique, les voyageurs ont été vernis. Peut-être parce qu’ils étaient moins nombreux que d’ordinaire (4 millions par jour, contre 6 millions) et que le personnel pour s’occuper d’eux était plus nombreux !
Mais aussi parce qu’Ile-de-France Mobilités (IDFM, la société d’économie mixte gérée par la région) avait dégarni en moyens et en personnels certaines lignes et stations, loin des sites olympiques, au profit d’autres.
Pour gérer le flux de voyageurs, la RATP avait ainsi déplacé des équipes vers la station Aéroport d’Orly, sur la ligne 14. Problème : cette station n’est pas gérée par la Régie, mais par une de ses filiales de droit privé (RATP Dev)… Jean Castex a généreusement octroyé une prime au personnel déplacé afin d’éviter tout déraillement social.
Jérôme Canard. Le Canard enchaîné. 14/08/2024
La modestie, la simplicité n’étaient apparemment pas de mode… il fallait faire grand, dans la cérémonie d’ouverture, la parade nautique et le fameux banquet des visiteurs de marque.., ..les sites olympiques en plein coeur de Paris… la Tour Eiffel, la concorde.
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Il y a au moins des acquis : les appartements du village olympique,qui vont être loués, la rénovation des structures sportives, dont le mythique Yves Dumanoir de Colombes, celle du stade de France de Saint Denis, la rénovation de quelques lignes de métro, l’aménagement des chaussées….
De nombreuses villes ont participé en organisant des initiatives pour les scolaires, des places gratuites distribués pour les jeunes sportifs,ben hébergeant des délégations, d’autres recevaient des épreuves comme Versailles et Chateauroux, les Antilles, par exemple..
L’équipe ministérielle de 2030, en charge des JO d’hiver, aura-t-elle fini d’apurer les comptes de 2024…?
Ce sont toujours les mêmes qui profitent et les mêmes qui payent les déficits
https://www.lalibre.be/sports/omnisports/jeux-olympiques/2024/08/22/1600-euros-pour-regarder-un-ecran-pendant-4h-un-spectateur-reclame-le-remboursement-de-son-billet-de-la-ceremonie-douverture-des-jeux-olympiques-HQ74IN3IZVHGLKXCHW7GC7D7Y4/
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