Le Louvre a élevé les retards de paiement au rang d’art.
Et ce bien avant la tentative de cyberattaque dont il a été victime le 4 août. Dans un communiqué interne du 11 juillet, tombé dans le bec du « Canard », le syndicat CFECGC Culture s’émeut d’un employeur « mauvais payeur ».
Et prend pour exemple « des restauratrices qui refusent de terminer le chantier des appartements Napoléon III faute d’être payées depuis des mois ». Dans un mail, un conservateur se plaint de n’avoir pas été remboursé de son frais correspondant à neuf missions, certaines remontant à 2023. Montant de la facture : 2 622,44 euros. Pas de quoi amuser la galerie !
Restau basket
Une autre entreprise a fini par faire appel à la Préfecture de Paris, en début d’année, pour récupérer son dû. « Des artisans et des microentrepreneurs sont obligés de souscrire des emprunts pour survivre face aux impayés », expliquent des syndicalistes. Des petites boîtes hésitent à protester de peur de perdre leur précieux partenariat.
C’est le cas d’un propriétaire de restaurant, à proximité du Centre de conservation du Louvre, à Liévin (Pas-de-Calais), qui, en raison d’une convention non respectée, a un temps imaginé ne plus servir à déjeuner aux agents du musée, avant de faire marche arrière.
La situation affecte aussi les salariés du Louvre « dans leur vie personnelle », assure un responsable de service. Ceux qui se déplacent en France et sont contraints d’avancer leurs frais peinent à se faire indemniser.
Les retards de paiement du Louvre ne sont pas nouveaux.
La faute à Chorus, l’outil de gestion, largement décrié et utilisé par l’ensemble des administrations, disait-on. Mais l’arrivée d’Elap, son remplaçant, à la fin de l’année 2023, a empiré les dysfonctionnements.
Alors que toutes les factures devaient être déposées à la mi-novembre 2023 et les paiements suspendus pour effectuer la migration, ce n’est que fin janvier 2024 que le nouvel outil a été mis à la disposition des agents du Louvre.
De quoi créer un engorgement, auquel le service de l’exécution n’a pas pu répondre, faute de personnel. Seuls 8 postes sur 17 y sont pourvus. Et, pour ne rien arranger, les guides d’utilisation du logiciel n’ont été dispos qu’en février.
« Nous sommes conscients des dysfonctionnements techniques qui existent dans la chaîne de paiement. Nos équipes travaillent activement à y remédier », répond la direction du Louvre, contactée par « Le Canard ».
À quand une grande exposition sur les retards de paiement ?
Fanny Ruz-Guindos. Le Canard enchaîné. 14/08/2024
Le passage de chorus à elap c’est encore une combine foireuse. Au lieu d’utiliser les logiciels du marché largement diffusés dans les entreprise, l’état fait faire les logiciels « sur mesure » par des copains de copains. Résultat si le prestataire ferme il n’y a plus de maintenance ni d’assistance technique, sans compter, souvent, que la seule compétence avérée du prestataire est de savoir remplir les formulaires d’appel d’offre. On a déjà vu ça avec le logiciel de paye de l’armée. L’informatique est un domaine qui a toujours échappé à nos hauts fonctionnaires