A vot’ bon coeur…

Après : les restau du cœur, le Téléthon, Sidaction, la Croix Rouge, etc.

« Le financement du successeur du « porte-avions « Charles-de-Gaulle » ne serait pas assuré ; la Direction générale de l’armement demande aux industriels de le financer en partie ». Les marchands d’armes français se sont trouvé une nouvel le lobbyiste.

Son nom ? Marine Le Pen. Le 12 mars 2024, à l’Assemblée, lors du vote de soutien a l’Ukraine, c’est elle qui a lâché cette information, confirmée par les intéressés.

Trouver les milliards nécessaires pour le second porte-avions à propulsion nucléaire tricolore (après le, (Charles-de-Gaulle ») est loin d’être évident.

Tout l’enjeu, pour les autorités, est de convaincre, TechnicAtome, le fabricant de « moteurs » nucléaires du futur bateau, ainsi que Naval Group, le constructeur du bâtiment, de, prendre à leur charge — via un emprunt ou sur leurs fonds propres — une part des frais de recherche et de développement à engager pour le porte-avions de nouvelle génération (PA-NG).

L’effort demandé à ces deux entreprises (largement contrôlées par l’État lui-même) représente. Au bas mot, « plusieurs centaines de millions d’euros », selon un bon connaisseur du dossier. La facture totale de la mise à l’eau du prochain porte-avions de 75 000 tonnes, dont les premiers essais en mer sont prévus mitre 2036 et 2037, est évaluée à une dizaine de milliards d’euros. La moitié du financement de sa construction est, en principe, assurée par la Loi de programmation militaire 2024-2030, qui fixe à 413 milliards l’enveloppe globale réservée aux armées pour renouveler de nombreux équipements et investir dans de nouveaux « secteurs de conflictualité » (cybersécurité, espace, etc.).

Mais le cadrage budgétaire voté en 2023 est, aujourd’hui, remis en question. Du fait de la menace russe et de l’aide accrue à l’Ukraine, il va falloir disposer de bien plus de munitions en tout genre. Ce qui explique sans doute les interrogations sur certains financements à court terme du navire…

À trois ans de l’élection présidentielle, en tout cas, Marine Le Pen se veut aux petits soins pour les industriels de la défense, et relaie certains de leurs messages. Une rencontre chez Dassault a même été inscrite à son agenda.

Va-t-elle exiger que l’État fasse de nouvelles emplettes de Rafale ?


Article signé des initiales J. C. Le Canard enchaîné. 27/03/2024


2 réflexions sur “A vot’ bon coeur…

  1. tatchou92 01/04/2024 / 17h34

    Faudra choisir entre le trou de la Sécu, la misère des hôpitaux, les dettes actuelles, et la Défense nationale, ou remettre les retraités au boulot, et ne pas laisser partir ceux qui sont dans les starting blocks… Ca ne va pas rigoler..

  2. bernarddominik 01/04/2024 / 20h52

    Les porte avions sont ils utiles à la défense de notre pays ou surtout un objet de prestige ? Il suffit d’un missile â 1 million pour déquiller un porte avions à 2 ou 3 milliards. On a envoyé le Charles de Gaulle uniquement pour dire « on est là » mais nos amiraux n’ont pas voulu l’engager militairement. Il serait temps que Macron comprenne que le pognon mis dans ces engins coûteux ne sert à rien.

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