Votre jugement est requis.

Fallait-il mettre autant d’huile sur le feu ou n’était-ce qu’une « affaire réciproquement maladroite » de l’élève et du proviseur dans un climat de tension… Quel est derrière cette affaire le jeu et l’intérêt des médias… après l’attentat de Moscou et peut-être — surtout — les prochaines élections européennes…

Qui a une idée ?
Merci de commenter d’autant que pour ma part, je reste circonspect… sur ce [non] événement, peut-être le saura-t-on jamais. MC

Sur le plateau du « 20 heures » de TF1, c’est le premier sujet sur lequel Gabriel Attal est interrogé. Avant la situation budgétaire, le pouvoir d’achat, les salaires, les services publics, le premier ministre est invité à se prononcer sur la démission du proviseur du lycée Maurice-Ravel, dans le XXe arrondissement de Paris. Visiblement pas surpris, il y consacre une tirade de trois minutes pour mettre en scène son refus que « l’autorité » d’un chef d’établissement et que la laïcité soit « bafouées ».

Quelques heures après avoir reçu le fonctionnaire à Matignon, Gabriel Attal aurait pu s’en tenir à un message de soutien, voire se contenter de rappeler son attachement au respect des règles et des agent·es du service public. Mais le premier ministre n’aime rien tant que faire des « annonces », « décider » et « agir ». Mercredi soir, il prend son ton martial : « J’ai décidé que l’État allait porter plainte contre cette jeune femme pour dénonciation calomnieuse. »

La démarche est inhabituelle, sinon inédite. Ces dernières décennies, quelques ministres de l’Intérieur ont déjà traîné des rappeurs en justice pour des paroles hostiles à l’égard de la police. Mais voir le premier ministre porter plainte, au nom de l’État, contre une lycéenne, relève autant du baroque que du symbolique, tant il paraît invraisemblable que la moindre suite judiciaire soit donnée à une telle annonce.

Devant sa télévision, la jeune femme a entendu le deuxième personnage de l’État la dépeindre en avatar de « l’entrisme islamiste qui se manifeste dans nos établissements scolaires », dans un raisonnement qui l’a associée aux assassinats terroristes des professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard. « On voit que la laïcité est sans cesse mise à l’épreuve », a jugé Gabriel Attal, dénonçant le comportement « inacceptable » et « inadmissible » de l’étudiante.

Des accusations extrêmement graves qui supposent peut-être que le premier ministre dispose d’éléments encore inconnus de la presse et du grand public. Rien de ce qui est aujourd’hui avéré ne permet de lier l’étudiante à la mouvance islamiste, voire au terrorisme.


D’après plusieurs médias dont un article de Ilyes Ramdani. Source (Extraits)


3 réflexions sur “Votre jugement est requis.

  1. tatchou92 01/04/2024 / 17h26

    Merci d’évoquer cette question qui touche d’autres établissements. Il serait bon et utile de rappeler, que sous sa Présidence, Monsieur Jacques CHIRAC avait confié une mission à Monsieur Bernard STASI, pour établir une charte de la laïcité, au moment de l’affaire des collégiennes de Creil.. qui avait secoué l’opinion publique..
    Il y a donc un texte qui rappelle, si ma mémoire ne me fait pas défaut, que la loi de la République s’applique à toutes et tous, et que nul ne peut y déroger.
    – Mon neveu, prof, coordinateur d’un établissement accueillant des mômes en difficulté, est actuellement confronté à cette question.. Je lui ai conseillé de s’adresser à l’inspecteur, qui a été clair et net : tu te plies, tu obéis, tu respectes la loi, ou tu pars.. Pas question de pénétrer dans l’établissement, et surtout dans les classes, en violation de la régementation. »dura lex ! sed lex ! la loi est dure, c’est la loi ! »
    – Pour ma part, je comprends le proviseur, la jeune est partie, dommage que celui ci ne soit pas revenu sur sa décision oui n’ait pas obtenu de mutation. Sa charge émotionnelle devait être intense..
    Je déplore le développement de cette affaire, qui fait suite à 2 drames qui nous ont tous marqués..
    -Il aurait certainement été utile (cela s’est peut-être fait en cours) d’organiser des débats élèves/profs, de laisser chacun s’exprimer, de rassurer et de convoquer un Conseil exceptionnel de Parents d’élèves.
    – Je sais que le climat actuel n’est pas serein, pas la peine d’en rajouter une louche..

  2. bernarddominik 01/04/2024 / 20h44

    C’est Attal qui choisit préalablement à l’interview les questions et leur ordre. Pour moi c’est très révélateur des priorités du premier ministre et de notre société où le spectacle prime le fond.
    Pour le reste je suis d’accord avec Tatchou92 la loi est la loi, et ce que je reprocherai d’abord à l’exécutif c’est de ne pas faire suffisamment respecter les lois quand c’est un peu plus compliqué. L’exécutif est prompt à encaisser amendes impôts taxes, il l’est beaucoup moins sur ce qui concerne les droits et ses devoirs.

  3. rblaplume 01/04/2024 / 21h07

    Quelques réflexions :
    Mes premières prises de  positions pour une Laïcité sans adjectif  remontent à la fin des années quatre-vingts lors d’une réunion régionale de la Ligue de l’Enseignement. Ma participation  aux  manifestations remontent à  1982 !Puis, je n’ai eu de cesse, par différents engagements, de rappeler à mes collègues, mes concitoyennes et concitoyens la signification historique, politique et philosophique de ce mot dans le concept de la  République.Il s’avère que la ville de Creil, dont le nom est attaché au foulard porté par des jeunes collégiennes, est située dans un département que je connais bien.Par conséquent, la genèse de ce long parcours médiatique et historique  en prenant comme point de départ un peu arbitraire cette affaire  appelée improprement « le voile islamique » mériterait plus que quelques lignes.Pour moi, la posture de Monsieur le Premier Ministre, dans ce retrait administratif de ce Proviseur d’un lycée de Paris,  illustre le mode gestion depuis l’affaire de  Creil des autorités académiques et du personnel politique les différentes tragédies notre ÉCOLE RÉPUBLICAINE : théâtraliser et médiatiser  afin de ne prendre partie sur le fond. Le caractère propre de l’École républicaine est d’être  publique et ¨Laïque ». Il faut donc s’en donner les moyens en termes de formations tout au long de la carrière,  de recrutement, de reconnaissance, en termes de taux d’encadrement, de doctrine, de structures d’établissements, d’investissements matériels et d’établissements.Les personnels de l’Education nationale ont une mission définie par la Nation, leur statut de fonctionnaire leur confère le devoir d’échapper à la corruption passive et active d’où qu’elle vienne !De plus, la Constitution de  la V République  affirme le caractère laïque de notre République  comme intangible. Citoyenneté et laïcité sont les colonnes indispensables du pacte républicain qui doit assurer sécurité au sens large  et paix civile ! La protection comme la charité ne peuvent pas être évoquées comme référents politiques  dans un cadre républicain !

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