Flics, douaniers, agents SNCF et RATP, soignants… Tous se battent pour être mieux rémunérés l’été prochain en échange de leur mobilisation.
Les JO, vont-ils primer ou…
déprimer les réquisitionnés de service ?
L’AP-HP rêvait de décrocher la première place sur le podium des meilleures primes : le 25 octobre, la direction des Hôpitaux publics de Paris promettait aux soignants acceptant de renoncer à leurs vacances d’été une prime par semaine travaillée de 2 500 euros brut pour les médecins, 1 200 euros brut pour les infirmiers, 1 000 euros brut pour les aides-soignants et 800 euros brut pour les agents techniques.
A condition qu’ils travaillent trente-cinq heures pendant sept jours d’affilée… Pris d’un authentique entrain olympique, les volontaires ont afflué. Au début de décembre, toutefois, les chefs de service ont mis le holà, rappelant que seules les équipes appelées en renfort seraient récompensées (« Le Parisien », 9/12). Rien de mieux pour éteindre la flamme…
Le gouvernement se serait bien passé de ce pas de deux qui pourrait donner de mauvaises idées aux policiers, militaires, douaniers, pompiers, etc. C’est qu’il va falloir en mobiliser, des agents publics, pour assurer la réussite des Jeux !
Olympique au vif
Histoire d’éviter la bérézina de la prime Covid — distribuée à certains, et pas à d’autres —, d’une prime interministérielle a germé au plus haut sommet de l’État. Mais Elisabeth Borne n’a pas souhaité mettre le doigt dans les cinq anneaux. Le 22 novembre, ses services ont pondu une circulaire enjoignant à chaque ministère et à ses grandes directions de négocier directement une « majoration de rémunération » des agents concernés.
Seule obligation : ladite « indemnité » ne doit pas « dépasser 1 500 euros brut ». Son attribution, par ailleurs, sera « conditionnée à une mobilisation particulièrement élevée », avec « des niveaux intermédiaires de rémunération, par exemple 500 euros brut et 1 000 euros brut selon le degré et la durée de mobilisation des agents concernés ». Seuls les agents capables de réaliser un triple salto de longue durée toucheraient une mégaprime ?
Dans la police et chez les douaniers, le premier round des négociations a débuté en fanfare. Les poulets auront droit à leurs 1 500 euros uniquement s’ils acceptent de travailler sept jours d’affilée à raison de douze heures par jour.
Le 27 novembre, faute d’éléments assez précis, l’intersyndicale des Douanes, elle, a claqué la porte. En Ile-de-France, aucun gabelou ne pourra déposer de congés entre le 1ᵉʳ juillet et le 15 septembre ; dans les Hauts-de-France et en Paca — les deux autres régions qui accueilleront des épreuves olympiques —, 80 % du personnel devra rester mobilisable ; et 50 % dans le reste de la France.
« Le panel de personnes susceptibles de percevoir cette prime n’est pas assez large. Et son montant de 1 500 euros brut est très insuffisant, estime un représentant de la CGT Douanes joint par « Le Canard ». Elle ne tient absolument pas compte des frais supplémentaires que les collègues devront engager pour les gardes d’enfants. » Une médaille en chocolat ferait-elle l’affaire ?
Plus haut, plus cher
En première ligne pour assurer le transport des visiteurs durant les Jeux de Paris 2024, la RATP et la SNCF essaient, de leur côté, de ne pas pousser leurs personnels à la déprime. Les deux entreprises ont gardé un souvenir cuisant de la soirée chaotique de la finale de la Ligue des champions au Stade de France, le 28 mai 2022. Ce jour-là, les syndicats de la RATP avaient étendu la grève aux RER A et B. C’est pourquoi Jean Castex, l’ex-directeur interministériel des Jeux devenu pédégé de la Régie autonome, bichonne son personnel.
Outre une augmentation de salaires de 5,5 % en 2023, et de 3,5 % en 2024, une prime de 330 euros a été versée après la Coupe du monde de rugby. Lors des JO, les salariés de la RATP pourraient recevoir une prime de 15 euros par jour. Un chiffre que la Régie et Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice, présidée par Valérie Pécresse, ne démentent pas, mais qui ne représenterait que 450 euros, environ, pour les quatre semaines d’épreuves.
Ce montant sera-t-il jugé suffisant pour ne pas mettre Castex hors Jeux ?
Odile Benyahia-Kouider. Le Canard enchaîné. 13/12/2023
En temps que provinciale, j’avoue être complètement déconnectée de ces fameux JO
Bonjour Christine merci pour ce commentaire comme 80 % à peu près de Français nous somment des ruraux peu concernés par les fameux J.O. de Paris…
Oui, enfin pas concerné, c’est vite dit, car sur un point et non des moindres, tous les Français vont contribuer peu ou prou aux différents financements et certainement au déficit qui va en résulter. Certes la plupart des infrastructures lancées serviront par la suite Soit au déplacement des parisiens soit à la possibilité de quelques-uns de trouver (ou retrouver) des logements.
La grandeur de la France voulue par Macron en sortira-t-elle Avec tous les satisfécits si possible, Sans découverte d’affreux marchandages, de compromissions, sans heurts sur la voie publique, etc. Sur ce point nul ne peut prédire l’avenir.
Pour revenir sur ton commentaire Christine oui nous serons bien tranquilles dans nos provinces, Loin de l’agitation que vont entraîner à la fois le spectacle des jeux dans différents lieux, mais aussi les nombreux supporters des différents pays, envahissants la capitale pendant pratiquement 3 mois.
Avec toute mon amitié
Michel