— Monsieur, ce Christophe Béchu est un dangereux révolutionnaire.
— C’est qui ?
— Le ministre de la Transition écologique.
— Rien que cette expression, « transition écologique », ça sent le gauchiste.
— Il a signé dans « Le Monde » (24/11) une tribune contre le Black Friday.
— Quoi, ce jour de fête inventé par les Américains ? Moi, j’adore les promos. Je fais toujours les soldes.
— Il prétend que cela participe d’un « modèle de surconsommation insoutenable pour la planète ».
— La planète a bon dos…
— Monsieur, avez-vous vu les quatre spots qu’il a fait passer à la télé ? C’est un scandale. On y voit un « dévendeur » qui conseille à un client de ne pas acheter un polo bradé 70 % moins cher. « Si vous avez besoin que je vous déconseille d’autres achats, ça soulagera les ressources de la planète et vos placards ! » Vous vous rendez compte, un « dévendeur » ! Mais si on arrête de vendre et d’acheter…
— C’est la décroissance ! La fin de tout !
— Exactement ce que lui ont dit les organisations patronales, le Medef et tous ceux qui luttent chaque jour pour faire tourner l’économie française. Un membre du gouvernement qui se met à prôner la décroissance ! Même le ministre Bruno Le Maire ne s’est pas gêné pour dire son fait à son collègue Béchu. Il a affirmé que c’était « maladroit », et « pas très sympa », et pire, « culpabilisant », et qu’avec ces spots « on se met[tait] à dos les petits commerçants »…
— Ce Le Maire, j’ai toujours su qu’il avait de l’envergure. Mais Béchu a tenu bon. S’il a concédé que ce spot relevait de la « maladresse », il a refusé d’en stopper la diffusion. Dans sa tribune au « Monde » (24/11), il écrit même : « Et j’assume de porter depuis cinq cents jours au gouvernement une politique d’incitation à une révolution des pratiques des producteurs et des consommateurs vers un usage plus raisonné des ressources de la planète. »
— Une « révolution » Il emploie le mot « révolution » ! Que fait la police ?
— II dit qu’il faut retrouver la sobriété d’antan, se remettre à réparer les pareils au lieu de les jeter. « Nos grands-parents n’étaient pas dans la décroissance, ils avaient un juste rapport aux choses et à leur valeur. Retrouvons cette sagesse et cette mesure ! »
— Mon grand-père me disait souvent que…
— Monsieur, comment pourrions-nous aller de l’avant en regardant en arrière ? Juste au moment où le président Macron engueule les patrons et leur dit de se réveiller, de créer de l’emploi, de pousser la croissance vers le haut, voilà que ce Béchu vante la sobriété. Comme le dit un haut conseiller de l’exécutif dans « Le Parisien » (23/11), voilà qui est « incohérent avec notre ligne d’écologie pragmatique ».
— « Pragmatique » ? Qu’entendent-ils par là ?— Ça veut dire que, l’écologie, ça doit passer après le reste.
— Vous me l’ôtez de la bouche !
Jean-Luc Parquet. Le Canard enchaîné. 29/11/2023
Dévendeur de personnage politique, ça existe ?
Il est vrai, Christine, que les atermoiements, les frasques, les envolées dithyrambiques, les procès à répétition envers les élus, qu’ils soient de tout bord, de toutes fonctions ministérielles ou ex-fonctions ministérielles ou encore présidentielles ; n’incitent nullement la population de se rendre dans les urnes.
L’abstention est bien triste car cela laisse toute liberté à un roitelet fut-il est élu que par une minorité de la population française : le cas de macrounet !
Amitiés
Michel