Borne échappe de justesse à la censure

À neuf voix près.

À l’Assemblée nationale, la motion de censure transpartisane déposée à la suite du 49.3 – celle qui avait le plus de chance de réussir – n’a pas atteint le seuil des 287 voix nécessaires (278 voix).

Conséquence immédiate : la réforme des retraites est considérée comme adoptée (mais il reste encore plusieurs étapes avant qu’elle entre en vigueur).

Une victoire pour l’exécutif, certes, mais à la Pyrrhus. Jamais depuis la censure de 1962 un gouvernement n’avait paru aussi proche du précipice. D’autant que les coups ont à nouveau plu lors de l’examen des motions.


  • Micro coupé au moment où le député parlait de « laisser la parole à la démocratie »

À la tribune, le centriste Charles de Courson, porteur de la motion transpartisane, n’a pas mâché ses mots : « Vous avez délibérément détourné l’esprit de la Constitution pour passer en force. Vous avez échoué à rassembler, à convaincre, choisi la facilité pour éviter la sanction du vote. Vous l’auriez probablement perdu, mais c’est la règle en démocratie. » Un discours coupé au bout de dix minutes par la présidente de l’Assemblée nationale, au nom du règlement, au moment où le député parlait de « laisser la parole à la démocratie ». Qu’à cela ne tienne. Charles de Courson a achevé son propos micro éteint, sous les applaudissements de la Nupes.

Sauvée mais toujours affaiblie, la Macronie cherche maintenant à faire croire que ce vote siffle la fin du match, et donne à la réforme la légitimité parlementaire qui lui manquait. Mais le choix de lier le sort du gouvernement et de la réforme a changé la nature de la question posée aux députés, et donc biaisé le scrutin.

La preuve ? Le chantage au chaos auquel se sont livrés les élus de la majorité. « Faire tomber le gouvernement, ce serait ajouter du chaos au désordre », s’est ainsi inquiété Laurent Marcangeli, le président du groupe Horizons, alors que précisément c’est bien la réforme, maintenue envers et contre tout, qui est vectrice de désordre depuis plusieurs semaines.


Personne n’est dupe :

la page est loin d’être tournée. Le texte n’est pas encore promulgué et doit encore être examiné par le Conseil constitutionnel.

Il pourrait aussi faire l’objet d’un référendum d’initiative partagée.

Autres questionnements que va faire la rue, que feront les syndiqués et syndicats, les étudiants bougeront-ils ?


Composé d’après un article signé Cyprien Caddeo. Source


Une réflexion sur “Borne échappe de justesse à la censure

  1. bernarddominik 21/03/2023 / 12h40

    Macron a du sentir le vent du boulet.

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