S’ingénier à bafouer la démocratie…

Et que j’continue a m’foutre de la constitution et de la démocratie, j’suis le roi soleil, je décide que c’est le conseil scientifique (celui dont je me fiche des avis depuis le début de l’année oui celui-là même) qui planchera sur le report ou non des élections départementales et régionales en juin  (et j’serais pas mécontent qu’elles soient envoyées en juin 202… plus ça tardera, plus les candidats seront déboussolés, dans l’incertitude, moins ils feront de politique contre moi.

Dixit : Manu des beaux quartiers…

Report des élections régionales : la parole est au Conseil scientifique

Le ludion, la voix de son maitre, Jean Castex a annoncé s’en remettre « strictement » à l’avis du Conseil scientifique pour décider, ces prochaines heures, du maintien ou non des élections régionales et départementales.

Or cette instance n’en a ni les compétences ni la légitimité.

[…] Les scrutins, initialement prévus en mars 2021, avaient déjà été repoussés par la loi du 22 janvier 2021. Un texte qui prévoyait « une clause de revoyure » au mois d’avril, afin que les députés et sénateurs apprécient au mieux l’évolution de l’épidémie.

Pour ce faire, le Conseil scientifique a remis, dimanche, au premier ministre, Jean Castex, un avis sur le sujet, dont la teneur n’a pas encore été dévoilée.

Le locataire de Matignon a annoncé la semaine dernière qu’il suivrait « strictement » cet avis pour décider ou non d’un report.

Outre le fait que Jean Castex semble mépriser l’avis des parlementaires, à qui il revient pourtant de trancher, cette déclaration interpelle quant à la pression mise sur le Conseil scientifique et le rôle qui lui est ici attribué.

Depuis un an, le gouvernement s’est régulièrement opposé à cette instance, comme lorsqu’elle suggérait de reconfiner la population « strictement » en octobre ou de fermer les écoles. Jeudi soir, Emmanuel Macron se targuait même en conférence de presse d’être allé contre sa recommandation de reconfiner en janvier, arguant (à tort) que l’explosion des cas prédite par les spécialistes n’avait pas eu lieu.

Mais, désormais, sur une question démocratique comme la tenue d’élections, il reviendrait à cet organe de conseil de prendre, in fine, la décision…

« Notre rôle n’est pas de mesurer les enjeux politiques, économiques ou démocratiques, explique pourtant Denis Malvy, membre du Conseil scientifique. Lorsque nous proposons de fermer les écoles, bien sûr nous avons conscience de l’impact pour les élèves et les parents. Mais nous ne possédons pas tous les paramètres et n’avons ni la compétence économique, ni de mandat de représentation nationale pour prendre des mesures. »

Que révèle alors cette stratégie nouvelle ?

D’abord, que le président de la République et son gouvernement semblent favorables à un report. Mais l’imposer unilatéralement serait interprété, non sans raison, comme une atteinte autocrate à la démocratie. Emmanuel Macron espérait même, dit-on, repousser l’échéance à 2022, après la présidentielle, lui permettant d’éviter une éventuelle claque aux régionales avant d’être candidat à sa réélection.

Chargé d’un rapport sur la question, Jean-Louis Debré a refusé cette option (en vérité, il refuse un nouveau magouillage électoral de cette ampleur)  : le retour aux urnes (déplacé pour cause sanitaire), aurait donc lieu en juin ou à l’automne. À quelques mois seulement de la présidentielle, une défaite électorale pourrait alors avoir des conséquences plus importantes encore.


Florent LE DU – Titre original : « Report des élections régionales : la parole est au Conseil scientifique » – Source (Extrait) https://www.humanite.fr/report-des-elections-regionales-la-parole-est-au-conseil-scientifique-702049