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Après les habituelles célébrations, interprétations, prisent de positions toutes personnelles des résultats, émissent par tous les candidats dans les différents JT du 20 h ce 15 mars 2020,  l’ensemble mâtiné des différents avis et conseils sanitaires sur le confinement, la responsabilité et validités des décisions gouvernementales ou pas… essayons quelques heures après l’annonce des résultats, une première analyse et en tirer une réflexion personnelle qui devra être frappées du bon sens.

Pour nous aider à prendre toutes les décisions utiles, prenons connaissance dans le panel de la presse quotidienne représentant toutes les tendances politiques et organisationnelles. MC


Charles Sapin. Le Figaro. « Premier tour des municipales : les enseignements du scrutin de la peur ». Source (extrait)

Quel que soit l’avenir de ce scrutin, il est un chiffre qui restera longtemps gravé dans les annales politiques : les 56 % d’abstention selon les estimations de l’Ifop à 20 heures

Le plus important taux jamais enregistré lors d’une élection municipale. « C’est de l’inouï, de l’inédit. Ce chiffre inscrit ce scrutin dans une rupture totale avec toutes les élections municipales précédentes, souligne Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Une telle abstention ne peut pas ne pas avoir d’effet sur le rapport de force politique. »

Dans un contexte politique troublé, au ressenti encore amplifié avec la crise sanitaire que traverse le pays, le peu de Français s’étant déplacés dans les urnes malgré la menace du coronavirus aura fait le choix de la stabilité. […]

Laure Equy. Libération. « Élections Un premier tour de farce ». Source  (Extrait)

Sortir voter ou rester confiné ?

Le dilemme a saisi 47,7 millions d’électeurs tiraillés entre deux devoirs civiques, en ce dimanche de premier tour des municipales et à l’heure d’une épidémie de coronavirus passée au stade 3 la veille du scrutin.

[…] Le Premier ministre a toutefois laissé ouverte la possibilité d’annuler ou de reporter le second tour prévu dimanche prochain. «C’est en prenant en compte l’avis des autorités sanitaires que nous nous organiserons», a-t-il affirmé, promettant la «transparence totale» et la consultation des partis politiques. Avant lui, son ministre de la Santé, Olivier Véran, avait annoncé que le «conseil scientifique» qui entoure l’exécutif serait très vite entendu et qu’une décision serait prise «sans doute mardi ou mercredi». L’exécutif veut ainsi répondre aux oppositions qui ont mis la pression dès dimanche soir pour reporter ou annuler le second tour. Samedi, après l’annonce par Edouard Philippe d’une série de mesures visant à renforcer la «distanciation sociale» et à freiner la propagation du virus, elles avaient réclamé un report du scrutin. […]

Ellen Salvi. Médiapart. « Abstention: la crise sanitaire renforce la crise démocratique ». Source (Extrait) et « Premier tour: des résultats biaisés par l’abstention » Source (Extrait)

 […] « De toute façon, les dimanches d’élection, il y a plus de gens qui font la queue à la boulangerie que dans les bureaux de vote ». Jeudi 12 mars 2020, quelques heures avant l’allocution d’Emmanuel Macron, un élu Les Républicains (LR) expliquait à Mediapart les raisons pour lesquelles la droite sénatoriale (qui n’avait pas très envie de voir ses propres élections, prévues en 2020, être décalées à leur tour) considérait qu’il n’y avait pas lieu de reporter le scrutin municipal, malgré l’épidémie de coronavirus.

[Eh oui, et personne n’en a parlé vraiment, mais faisant suite aux résultats des municipales l’enjeu est bien les sénatoriales en sept/oct 2020 et la possibilité ou non pour la droite LR de garder la majorité de cet assemblée. Vilains jeux politiciens, je vous l’accorde mais l’explication de la décision du maintien de ces municipales au moins pour le premier tour MC]

[…]

[…]… le mouvement observé depuis 20 ans est très clair : scrutin après scrutin, de plus en plus d’électeurs s’abstiennent. Certes, les élections dites « personnalisées », comme la présidentielle et les municipales, restent protégées du phénomène, mais elles n’y échappent pas complètement. « Cela accompagne une individualisation de la société, indique Bruno Cautrès, chercheur au CNRS. On n’a plus besoin des partis et des syndicats pour exprimer un point de vue. » Aux municipales, « on retrouve les facteurs socio-démographiques classiques de l’abstention », souligne le politiste.

Avec toutefois quelques particularités, complète Céline Braconnier. « Il y a des disparités entre les grandes agglomérations et les communes rurales, dit-elle. L’abstention est deux fois moins élevée dans les communes de moins de 1 000 habitants que dans les communes de plus de 1 000 habitants. » Pour la simple et bonne raison que, dans les petites villes, où tout le monde se connaît, « personne n’a envie d’être identifié comme celui qui ne participe pas au jeu local ». « L’action municipale est plus visible, ajoute Bruno Cautrès. C’est pourquoi le maire dispose encore d’une espèce de crédit. Les politiques qu’il conduit s’inscrivent dans le palpable, le concret. » Du moins pour les personnes qui en sont satisfaites.

Car pour les autres, c’est-à-dire pour celles et ceux qui ne bénéficient pas franchement de ces politiques, c’est une autre histoire. « Il y a de fortes disparités sociales selon les territoires », souligne Céline Braconnier, qui rappelle qu’en 2014, « le taux d’abstention était deux fois plus élevé à Villiers-le-Bel [dans le Val-d’Oise] qu’au niveau national [63,55 % de participation au premier tour, 62,13 % au second] ».

Le différentiel d’âge est aussi plus marqué aux élections municipales qu’aux autres scrutins. « C’est une élection à laquelle les jeunes participent peu », note la directrice de Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye. Pour Jean Rivière, enseignant-chercheur en géographie à l’université de Nantes (Loire-Atlantique), ce phénomène s’explique notamment par la question de l’inscription sur les listes électorales. Le « turnover résidentiel » observé chez les étudiants, mais aussi dans le parc social, « est un des facteurs explicatifs de l’abstention », dit-il. […]

[…]

Certains enseignements affleurent cependant : LR-EM est sanctionnée ; le RN résiste dans ses bastions, mais peine à confirmer ailleurs ; les écologistes font des percées parfois impressionnantes dans les grandes villes ; le PS et LR rassurent avec leurs sortants.

La sanction pour La République en marche. « Ce ne sont pas de bons résultats. » La parole de ce cadre dirigeant de LR-EM est claire : les municipales ne sont pas favorables au parti présidentiel. « On a eu un vrai problème de visibilité et parfois de dissidence dans les grandes villes comme Paris, Lyon et Marseille », analyse-t-il.

À Paris Agnès Buzyn, est largement distancée, à Lyon Gérard Collomb perd dans son arrondissement au profit d’EELV et à Marseille la liste d’union de la gauche est estimée en tête, au coude à coude avec la candidate de la droite Martine Vassal.

Même à Toulouse, Jean-Luc Moudenc, le maire sortant, pourtant co-investi par LR et LR-EM, n’obtient « que » 35 % des voix, talonné par la liste de gauche Archipel citoyen (28 %) qui a surclassé la socialiste Nadia Pellefigue (18 %).

Il n’y a que Le Havre qui porte LR-EM en tête : le premier ministre Édouard Philippe y a recueilli 43 % des voix. Il a toutefois perdu de nombreux points depuis 2014. Cette année-là, il avait en effet été élu dès le premier tour.


Note de l’administrateur : bien évidemment toutes sélections d’articles n’entendent pas être d’une neutralité absolue… d’ailleurs la neutralité existe-t-elle ? Toutefois nous pensons que cette sélection reflète à peu près l’atmosphère et une analyse assez objective de la situation. Mais c’est à vous d’en juger et de laisser des commentaires. MC