Didier Migaud entendrait être recasé avec un bon salaire pour sa retraite future …

Migaud : après la Cour des comptes …

Alors que Jean-Paul Delevoye (à la suite des 13 oublis dans sa déclaration d’intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) vient de démissionner), cette sortie ne passera pas inaperçue : le 18 décembre [2019], Jean-Louis Nadal, 77 ans, préside pour la dernière fois le « collège » (exécutif) de la HATVP. Emmanuel Macron doit proposer, en Conseil des ministres, le nom de son successeur. Selon toute vraisemblance, Didier Migaud, l’actuel président de la Cour des comptes, sera l’heureux élu. Mais sa nomination ne deviendra effective qu’une fois examinée et validée par l’Assemblée et le Sénat. Pas avant la deuxième semaine de janvier [2020], donc…

En attendant (misère !) la HATVP se retrouve sans patron. Impossible d’engager une quelconque dépense, de parapher le moindre courrier ni même de renvoyer un sous-ministre devant le Parquet national financier ! En vérité, la succession de Nadal aurait dû être bouclée avant les vacances scolaires et parlementaires. Mais, selon plusieurs sources gouvernementales, Didier Migaud a formulé « des exigences ». De pognon, pour parler clair.

A la Cour des comptes, le premier président Migaud (c’est son titre) touche 14.500 euros net par mois. Une fois arrivé Rue de Richelieu, il ne palpera plus « que » 7.033 pauvres euros brut mensuels, plus « une indemnité de fonction » fixée à 9.500 euros net par an. Une bagatelle ! Le successeur de Nadal, en outre, ne disposera pas de secrétariat particulier, d’abonnement téléphonique professionnel, et ne pourra plus recevoir dans une salle à manger privative. Et, pour la voiture avec chauffeur, c’est niet également. Prendre le taxi, quel déclassement…

Pension nerveuse

Migaud, qui ambitionnait de rejoindre le Conseil constitutionnel (il y aurait perçu 13.300 euros net mensuels), sait tout cela (à supposer qu’il ait lu les conclusions d’une enquête menée par ses (futurs) anciens collègues de la Cour des comptes). Dans un rapport daté de décembre 2017, ceux-ci s’étonnaient que le « contrôle des rémunérations » dans les autorités administratives indépendantes, comme la HATVP, soit « opéré parfois de façon peu rigoureuse ». Et ils préconisaient que le montant alloué « tienne compte de la pension de retraite » perçue par l’heureux élu. Une mesure inscrite dans la loi et qui n’attend plus qu’un décret.

Pour Migaud, 67 ans, elle aurait de fâcheuses conséquences : il peut d’ores et déjà prétendre à trois pensions : de conseiller régional (Rhône-Alpes), de député (Isère) et de premier président.

Ce bénéficiaire d’un régime spécial de retraites ne va tout de même pas finir bénévole !


Didier  Hassoux. Le Canard enchaîné. 19/12/2019