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L’art de présenter les choses pour embrouiller l’auditeur. Écoutez bien, le gouvernement par l’intermédiaire de son ministre Jean-Michel Blanquer ne dit surtout pas qu’il va fermer les classes, (pourtant il le fera), il détourne l’attention du grand public en utilisant la formulation : « aucune école ne sera fermée ». Sauf que rien ne dit qu’à l’intérieur de cette école « sauvée » (certainement temporairement) des classes ne seront pas fermées. MC

Emmanuel Macron ne cesse de le marteler : « l’école est le combat premier ». L’engagement qu’il devrait prendre le 25 avril [2019]: « ne plus fermer d’école d’ici à la fin de son quinquennat, sauf sur demande du maire, risque surtout de relever du combat… de chiffonniers ! ».

En attendant, selon SNUIPP, principal syndicat d’enseignants du premier degré (qui a collecté les données dans 96 départements), 1.267 fermetures de classes – dont 320 dans les territoires ruraux – sont programmés pour la rentrée prochaine dans les écoles maternelles et élémentaires.

« Certes nous attendons une baisse d’environ 34 000 élèves à la rentrée prochaine » reconnaît Régis Metzger, du syndicat. « Mais le problème est que le dédoublement – nécessaire – des classes de CP et de CE1 d’éducation prioritaire, s’est fait sans déployer les moyens suffisants. Blanquer ponctionne donc des postes partout ailleurs, même lors-qu’aucune diminution du nombre d’élèves n’est prévue ! ».

Le dispositif « plus de maîtres que de classes » – apprécier sur le terrain – c’est ainsi retrouvé réduit à peau de chagrin.

Instaurée en 2013 il devait aider les gamins les plus en difficulté en effectuant un enseignement supplémentaire dans les écoles. Mais alors que, à la rentrée 2017, 2.826 profs étaient affectées à ce diagnostic, la ministre de l’éducation a réduit le chiffre à 858 pour la rentrée prochaine. Sans qu’aucune évaluation officielle n’ait été effectuée par Blanquer, chantre du « pragmatisme » et du « bon sens » !

Au sein du second degré, 2.600 emplois (des postes de profs en majorité, mais aussi de CPE et de PSYs) ont été supprimé à la rentrée 2018, et 2.650 seront encore à la rentrée prochaine.

Dans le même temps, selon une note d’information du ministère de l’éducation nationale, « à la rentrée 2021, les collèges devraient compter 110.000 élèvent de plus qu’à la rentrée 2017 »

Collèges et lycées confondus, « 40.000 élèvent supplémentaires sont attendus chaque rentrée » de 2019 à 2021.


Article signé les initiales C.B. paru dans le « Canard enchaîné ». 24/04/2019


Avec tout ça, nous pouvons assurer que le service public de l’éducation nationale va de mal en pis… mais les établissements privés se portent bien !

À la lecture de cette information doit-on s’étonner de la baisse du niveau de connaissances générales de nos gamins, à moins que cette baisse de niveau soit le résultat d’une pensée gouvernementale machiavélique, destinée à mettre sur le marché du travail des personnes à l’inculture notoire, « précarisables et corvéables » selon les volontés du MEDEF. MC