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Avec le réchauffement climatique, les saisons polliniques ont tendance à être plus précoces et à s’allonger dans la durée, parfois jusqu’à fin novembre. Il est donc toujours temps d’informer sur les risques et symptômes allergiques. Ainsi que sur les solutions pour les limiter.

  1.  Qu’est-ce que le pollen ?

Il représente la structure reproductrice mâle chez les plantes à fleurs. Produit dans la partie terminale de l’étamine, il est constitué de minuscules grains qui germent une fois en contact avec l’organe femelle d’une plante de la même espèce. Les pollens sont souvent transportés par les insectes mais ils peuvent aussi être disséminés par le vent

  1. Tous les pollens sont-ils allergisants ?

Non. Pour pouvoir provoquer des symptômes d’allergie, les grains des pollens doivent être émis en grande quantité dans l’air (donc issus de plantes, qui utilisent l’air pour véhiculer les leurs), atteindre les muqueuses respiratoires, avoir une petite taille et un potentiel allergisant significatif.

  1. Parmi les pollens allergisants, certains le sont-ils plus que d’autres ?

Le potentiel allergisant du pollen peut être faible ou négligeable, modéré ou fort. « Les pollens de graminées et d’ambroisie, très fréquente dans la vallée du Rhône, ceux du bouleau dans le Nord de la France, du chêne, du platane et du cyprès dans le Sud, figurent parmi les plus allergisants », précise Dominique Chevallier, allergologue à Nantes.T

  1. Comment se manifeste une pollinose ?

Principalement par un écoulement du nez, une obstruction des fosses nasales, associés à des démangeaisons de la gorge. Cependant, des yeux rouges, qui grattent, piquent et pleurent peuvent constituer de premiers symptômes, notamment chez l’enfant.

  1. Peut-on en souffrir quel que soit l’âge ?

Oui. Dans la plupart des cas, il existe une prédisposition génétique.

  1. Combien de temps durent les symptômes ?

Quatre à six semaines en moyenne, mais la durée peut varier d’une année à l’autre.

  1. Les symptômes peuvent-ils s’aggraver ?

« D’après les dernières études, l’aggravation des manifestations de l’allergie saisonnière vers un asthme pourrait survenir dans environ un tiers des cas. Un chiffre en augmentation depuis plusieurs décennies », signale Dominique Chevallier

  1. Quand la saison pollinique démarre-t-elle ?

Il existe trois grandes saisons polliniques, évoluant en fonction des conditions climatiques : dès le mois de janvier, avec les pollens d’arbres, – au printemps et en été, avec les graminées, en été et à l’automne, avec des pollens d’herbacées.

La saison des arbres démarre avec le pollen de noisetier. Viennent ensuite ceux de bouleau, d’aulne, de charme, de frêne, hêtre et chêne… Cette période s’étend jusqu’à mi-mai.Toutefois, certains arbres, comme le châtaignier; peuvent émettre des pollens en juin et juillet. Si la saison des graminées dure habituellement d’avril à juillet, il n’est pas rare de constater des regains de pollinisation en septembre.

Quant aux herbacées, certaines plantes comme l’ambroisie provoquent des allergies tardives, pouvant se prolonger jusqu’en octobre.

  1. Quel effet a le réchauffement climatique ?

Il a pour conséquence un décalage des saisons. Du coup, les pollens de graminées peuvent apparaître dès le début d’avril, au lieu de mi-mai il y a quelques années. Et certaines plantes herbacées comme l’armoise peuvent encore polliniser fin novembre. « Les graminées que l’on trouve dans les prairies – ray-grass, pâturin des prés, fétuque des prés… – et qui constituent l’essentiel des pollens allergisants, gênent prioritairement les habitants des périphéries des villes », rapporte Dominique Chevallier

10.  Est-il possible de se débarrasser des allergies saisonnières ?

« Si le degré de sensibilité peut diminuer avec l’âge,seule la méthode de la désensibilisation spécifique permet d’obtenir la baisse de sensibilité avec réduction des symptômes et guérison durable », indique Dominique Chevallier. Elle s’adresse plus spécifiquement aux personnes allergiques réagissant précocement, dès les premiers pollens, et ressentant une gêne persistante pendant plusieurs mois. Cette méthode s’avère plus efficace chez les enfants jeunes.


Claire Reuillon – Revue Valeurs Mutualistes N°312 – Juin 2018