100 000 postes menacés ou supprimés…
Depuis septembre 2023, plus de 100 000 personnes ont vu leur emploi menacé ou supprimé par leur employeur. Dans le détail, plus de 31 000 emplois sont menacés et pas loin de 75 000 emplois ont été tout bonnement supprimés, au gré des défaillances d’entreprises, délocalisations et restructurations. Les données du syndicat font également état de 1 400 intérimaires laissés sur le carreau. Une statistique largement sous-estimée, tant nombre d’entreprises reposent sur ces travailleurs précaires pour tourner.
Les données ne prennent pas non plus en compte les emplois indirects – comme les salariés des sous-traitants qui pourraient fermer boutique si leurs clients devaient cesser leur activité –, laissant présager une vague prochaine de nouveaux licenciements.
Des « licencieurs » aux profils variés
Les données permettent d’observer qu’aucune région, ni aucun secteur d’activité, n’échappe aux destructions d’emplois.
Milee, entreprise de distribution de prospectus publicitaires, remporte la palme du plus grand nombre de postes détruits, avec 10 000 emplois supprimés, appliquant ainsi le plus grand plan « social » français depuis quarante ans.
Elle partage le podium avec l’énergéticien Engie, qui supprime ou menace 4 850 postes, et la banque Société générale, avec 4 050 emplois fragilisés.
Toutefois, certains secteurs d’activité sont plus touchés que d’autres.
C’est le cas du commerce. On compte 14 930 emplois menacés ou supprimés, dans des enseignes de toutes tailles. Celles de la grande distribution sont d’ailleurs présentes dans le top 10 des plus grands licencieurs, comme Auchan (2 300 emplois supprimés ou menacés) et Casino (3 300 emplois). Mais la casse ne s’arrête pas à la grande distribution.
Un très grand nombre d’enseignes de prêt à porter, comme IKKS, Minelli, Naf Naf, Pimkie ou Galeries Lafayette sont également concernées. Une hécatombe symptôme de l’appétit d’actionnaires peu scrupuleux, mais pas seulement. Elle témoigne aussi d’une recomposition des habitudes de consommation des Français, à l’heure ou le chinois de l’ultra-fast-fashion, Shein, se taille une place jusqu’au BHV de Paris.
L’industrie, première victime
Le secteur d’activité qui paie la plus lourde addition est toutefois celui de l’industrie. Toutes branches confondues (métallurgie, chimie, textile, verre et céramique), près de 37 000 emplois sont concernés par des plans de restructuration. Quasiment 24 000 ont déjà été supprimés.
Le constructeur automobile Stellantis a, à lui seul, supprimé ou menacé 1 480 emplois, Valeo 1 390 et Michelin 1 254 sur les deux dernières années. ArcelorMittal, première industrie en nombre d’emplois menacés ou supprimés, a, quant à lui, annoncé la suppression de 1 942 postes, alors même que les hauts-fourneaux ont reçu plusieurs millions d’euros d’argent public pour assurer leur transition énergétique.
Ces données révèlent l’ampleur de la désindustrialisation en France. Au mois d’octobre, le baromètre industriel de l’État, établi par la Direction générale des entreprises, annonçait qu’au premier trimestre 2025 les usines qui ont fermé (82) étaient presque deux fois plus nombreuses que les usines qui ont ouvert (44).
Une autre donnée, collectée par la caisse primaire d’assurance maladie, confirme ce marasme industriel : entre 2003 et 2023, le secteur de la métallurgie enregistre une baisse d’effectif d’environ 15 %, soit plus de 300 000 salariés. Dans l’industrie chimique, les effectifs ont également diminué de 15 %, ce qui représente près de 80 000 salariés sur vingt ans.
Cette casse sociale signe l’échec de huit années de politique de l’offre macroniste, faite de cadeaux fiscaux aux entreprises (baisse des impôts de production, des impôts sur les sociétés…), dont l’efficacité n’a jamais été prouvée.
Une récente étude de l’Institut des politiques publiques vient d’ailleurs de montrer l’absence d’effets mesurables de la baisse des impôts de production (10 milliards d’euros par an, tout de même) sur l’investissement des entreprises.
Marie Toulgoat. Arthur Dumas. Source (Synthèse)
L’avis de A-M. R.
« Cette casse sociale signe l’échec de huit années de politique de l’offre macroniste, faite de cadeaux fiscaux aux entreprises (baisse des impôts de production, des impôts sur les sociétés…), dont l’efficacité n’a jamais été prouvée. »
E. Macron a fait ce pourquoi il avait été élu : se mettre au service de la finance, des actionnaires et des grandes fortunes, le reste ça n’a jamais été son problème.
C’est une marionnette aux mains de la finance.