L’industrie, pilier indispensable…

En 2025, l’industrie iséroise se trouve à un moment charnière.

« Après plusieurs années de croissance soutenue et de créations d’emplois, le territoire voit émerger des signaux plus contrastés. Certains secteurs tirent clairement leur épingle du jeu. La défense, le spatial et l’aéronautique poursuivent une dynamique solide, tandis que l’automobile amorce un rebond encore fragile après avoir connu une perte de vitesse et donc une perte significative d’emplois répercutée sur la chaine fournisseurs-sous-traitants. À l’inverse, des filières comme l’équipement électrique ou la pharmacie restent freinées par des difficultés d’approvisionnement qui perturbent leur activité.

Si les chefs d’entreprise affichent un optimisme prudent, la dégradation des carnets de commandes dans certaines industries nourrit l’inquiétude. La prévision de croissance du PIB, limitée à +0,8 % en 2025, peine à dissiper les tensions générées par un environnement politique incertain, la politique de taxation américaine et une administration française dont les exigences semblent irréelles. Paradoxalement, les entreprises rencontrent toujours des difficultés de recrutement avec un taux de chômage bas en Isère, à 6,1% contre 7,7 % pour l’ensemble du territoire français alors que des licenciements économiques sont survenus depuis le début de l’année dans le textile, la chimie ou encore la métallurgie.

Ces destructions d’emploi qui impactent injustement des salariés, leur famille et dont les relais dans l’opinion publique sont nombreux masquent une réalité : l’Isère reste l’un des territoires les plus innovants de France. Si l’Isère dispose d’atouts considérables, notamment un écosystème unique réunissant entreprises, pôles scientifiques, écoles et laboratoires, une capacité d’innovation reconnue et un niveau de qualité de vie rares en France, plusieurs menaces persistent. Les métiers industriels, très spécialisés, souffrent d’une pénurie de candidats formés. Beaucoup de jeunes s’orientent vers des secteurs qui les attirent mais qui offrent peu de débouchés, faute de bien connaître les métiers de l’industrie et de s’y projeter. Pour répondre à ces défis, plusieurs intentions doivent désormais se transformer en actions concrètes.

La première pourrait consister à alléger les charges et taxes qui pèsent lourdement sur le coût du travail. Le soutien affirmé à l’industrie ne peut se traduire par des mesures qui entravent l’investissement et la compétitivité, et la course aux subventions occupe un temps considérable aux dirigeants qui souhaiteraient le consacrer à l’innovation. Le système de subventions semble non-mai-Irisé et mérite sans doute d’être entièrement repensé… La formation professionnelle doit être valorisée.

L’Isère possède indéniablement les ressources nécessaires pour réussir la transition industrielle grâce à son innovation, son écosystème scientifique, sa culture du dialogue social et son cadre de vie. Mais sans une cohérence renforcée entre les discours et les mesures, sans investissements ciblés dans la formation et la mobilité, et sans un allègement réel des contraintes fiscales et administratives, la compétitivité et l’attractivité du territoire pourraient s’éroder. Industrialiser ce n’est pas seulement produire : c’est créer les conditions durables pour que l’industrie demeure un pilier de notre société ».


Elnou Henry – Déléguée Générale de l’UDIMEC.

Union des Industries Métallurgiques Electriques et Connexes.


Une réflexion sur “L’industrie, pilier indispensable…

  1. bernarddominik 23/11/2025 / 15h37

    On ne peut baisser les charges sans remettre en cause notre modèle social. Les exonérations de charges devraient être modulées en fonction de l’exposition à la concurrence étrangère et non pas généralisées. Ce qui frappe dans les réformes Macron c’est leur inadaptation aux problèmes réels des entreprises, aux concepts de notre état social, et à la gestion de l’état. On dirait que Macron vient d’une autre planète

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