… une perquisition chez Nestlé France
Nouvel épisode dans l’affaire du traitement illicite des eaux minérales en bouteille de Nestlé (Vittel, Perrier, Hépar, Contrex, etc.). Jeudi, le siège français du géant suisse, à Issy-les-Moulineaux, près de Paris, a été perquisitionné.
Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête pour « tromperie » qui fait suite à la plainte déposée par l’ONG de défense des consommateurs Foodwatch, a indiqué la Répression des fraudes.
Des traitements interdits couverts par l’État
Début 2024, plusieurs articles de presse ont révélé l’utilisation de traitements interdits (ultraviolets, charbon actif) sur des sites d’embouteillage de Nestlé Waters, notamment dans les Vosges et le Gard. Des traitements sensés, selon la filiale du groupe suisse, « assurer la sécurité sanitaire » des eaux. Des pratiques courantes dans le cas de l’eau du robinet, dénuées de risques sanitaires, mais interdites pour les eaux minérales naturelles dans l’Union européenne. Mi-mai, un rapport d’une commission d’enquête sénatoriale a même estimé que ces traitements ont fait l’objet d’une « dissimulation par l’État ».
Deux informations judiciaires ont été ouvertes en février 2025 à Paris, à la suite de deux plaintes de Foodwatch visant Nestlé et le groupe Sources Alma (Cristaline, St-Yorre, Vichy Célestins, etc.) concernant le traitement de leurs eaux minérales. Depuis le début du scandale, Nestlé a suspendu plusieurs forages, certains ayant été reconvertis pour produire de l’eau aromatisée Maison Perrier, moins lucrative que l’appellation « eau minérale naturelle ».
Dans cette affaire, la marque Perrier joue son avenir. En octobre 2023, Nestlé a fait une demande d’autorisation pour poursuivre ses activités sur le site de Vergèze (Gard) sous le label « eau minérale naturelle ». Le préfet du département doit se prononcer sur celle-ci avant le 7 août.
Or, la décision, prise le 7 mai par ce dernier, de mettre en demeure d’ici deux mois la multinationale de retirer les traitements non autorisés de l’usine Perrier laisse désormais peu de place au doute.