Il serait temps…

… de rénover l’Éducation nationale…
… et la mentalité de la société qui va de pair !
À preuve ses trois articles semblant porter chacun une info différente et pourtant formant un tout, soyez en certain ! MC

« C’est devenu banal alors qu’on est en mode oulala » [suite au décès de la proviseure]

À quatre minutes d’observer une minute de silence en l’honneur de Mélanie G., le proviseur de la cité scolaire du Diois, Gérald Bennetot-Deveria, arpente, ce jeudi, les couloirs de son établissement de Die. À chaque groupe qu’il croise sur son chemin pour rejoindre l’endroit d’où il fera l’annonce au micro, qui résonnera dans l’enceinte abritant plus de 720 scolaires (collège et lycée confondus), il rappelle cette minute de silence. « Mais pourquoi ? », demandent certains, les yeux grands ouverts. Et leurs camarades de leur expliquer à mi-voix : « Un jeune a poignardé une surveillante dans un collège en Haute-Marne. »

Les uns après les autres, les élèves se réunissent dans la cour. Sous le soleil de plomb, certains cherchent l’ombre. L’atmosphère est au calme. Ça y est. La voix du proviseur retentit : « À l’intention de toute la cité scolaire, e transfère ce message… » Une minute passe. Élèves et professeurs se dispersent.

À l’exception d’un groupe de filles : Jade, Lilas, Gabrielle et Melle. Élèves de 3e, elles ont entre 14 et 15 ans. Pour elles, cette minute de silence « n’est pas utile ». « Ça ne va rien ar­ranger. II faut organiser des temps pour en parler, comme lors des cours d’EMC [enseignement moral et civique, NDLR], pour éviter que ça se produise. Chaque année, on fait une minute de silence. C’est devenu banal et normal alors qu’on est en mode oulala. »

  • « Peut-être qu’on ne l’a pas aidé ? »

Et de se questionner sur les faits qui ont poussé ce jeune de leur âge à agir ainsi : « On a du mal à y croire, Pour nous, c’est impensable. Alors, on se demande ce qui a pu le pousser à faire ça, s’il a été manipulé. Qu’est-ce qu’il a vécu, même si son geste est impardonnable ? Et peut-être aussi qu’on ne l’a pas aidé ? » Leur proviseur, lui, livre sans détours : « On est un peu tous responsables. II n’y a pas une solution, mais énormément de pistes à creuser pour apaiser notre société « . Et de constater : « On n’est jamais à l’abri. Ces actes isolés, on ne peut pas les anticiper. Ici, on travaille avec des cellules de veille entre pédagogues, l’infirmière et deux psychologues. On se réunit régulièrement et on est en lien avec les familles. Mon but est de créer du commun, de lutter contre l’individualisme exacerbé et l’enfermement, alors que ça, dit-il en brandissant son téléphone portable, ne nous aide pas. »

Sans accepter de répondre franchement aux dernières annonces d’Emmanuel Macron sur l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, Gérald Bennetot-Deveria, préfère parler « d’usage du numérique » et non pas de prohibition. Ses élèves semblent d’accord avec lui : « Cela créerait de la frustration.» Et de ça, comme de ces faits dramatiques qui les ont réunies aujourd’hui, elles n’en veulent pas.

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Caroline Bern. Le Dauphiné. 13 juin 2025

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Selon Stéphane Pulze… Le bac, monument en péril

À l’heure où l’épreuve anticipée de français pour les élèves de première va ouvrir le bal des examens ce vendredi, le baccalauréat a-t-il encore du sens ?

En 2025, à quoi sert le fleuron de notre enseignement secondaire, quand on sait qu’une grande partie de l’avenir de nos lycéens se joue avant ?

Que vous obteniez votre bac avec un point d’avance ou avec la plus belle des mentions, ça ne changera rien puisque Parcoursup – le seul à réguler l’accès à l’enseignement supérieur – sera passé par là pour valider – ou pas – vos choix, avant même le moindre examen final. Neutralisé par une succession de réformes, ce vieux monument de l’Éducation nationale semble tanguer comme une coquille vide au bout d’un processus de sélection long et complexe. Non seulement le contrôle continua pris le pouvoir, mais le taux de réussite excessi­vement élevé – 96 % de candidats admis au bac général l’an dernier, 69 % avec mention – a lessivé toute sa valeur. Le bac n’a plus la moindre finalité de sélection. Ce n’est pas un concours, mais un examen qui atteste en tant que diplôme, que vous avez atteint un certain niveau d’études. Il n’est plus un passeport, encore moins un visa, au mieux une reconnaissance sociale diluée au fil du temps. L’omnipotente plateforme Parcoursup a pris le pouvoir, cherchant en temps réel à ajuster les souhaits des futurs étudiants avec les offres de formation. Les demandes d’un côté, les places de l’autre dans une moulinette implacable qui a rejeté le bac au fond de la classe. Il paraît que c’est un outil d’orientation plus juste et équitable. Pas certain que cette concurrence généralisée au moyen d’une sélection qui ne dit pas son nom, tienne toutes ses promesses. Au pays de la révolution perma­nente – où une réforme chasse l’autre – le bac se meurt de l’intérieur, vidé de toute substance.

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Le Dauphine. 13 juin 2025

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Carte scolaire [de la Drome] : moins de casse que prévu !
[Une situation se répétant dans bien d’autres départements. Hélas ! MC]

Le syndicat enseignant FSU-SNUIpp, majoritaire dans la profession, craignait le pire, pour cette réunion sur la carte scolaire, organisée ce jeudi 12 juin. Finalement, après quatre heures d’échanges, la situation est moins grave que prévu. « On a bataillé et on a presque tout fait annuler », annonçait Amélie Chapapria, cosecrétaire FSU-SNUIpp 26 à la sortie de la réunion.

  • Entre 22 et 23 élèves par classe

Au final, au lieu de dix, ce sont cinq classes qui devraient fermer dans le ler degré (école primaire): une classe de maternelle à l’école Jules-Nadi de Romans-sur-Isère, « où les effectifs sont effectivement en forte baisse », reconnaît la cosecrétaire FSU-SNUIpp 26; une autre, élémentaire cette fois, à l’école Fernand-et-Augusta Martin de Saint-Rambert-d’Albon (Nord-Drôme), l’école passant de 18 à 17 classes ; à l’école Freinet de Valence, où il s’agit en fait d’une annulation d’ouverture de classe ; à l’école maternelle Montaigne de Valence ; et à l’école maternelle Meyne de Nyons. « Après la fermeture, les classes seront à 22-23 élèves, ce qui est acceptable », commente Amélie Chapapria. « La directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) de la Drôme, Nathalie Kuehne, est revenue sur son projet de création de trois postes, hormis la classe (poste de conseillers techniques, de référents) pour n’en garder qu’un seul, celui de référent numérique », ajoute la syndicaliste. Les projets de fermetures de classe à Romans (école maternelle Les Ors), Malataverne (école élémentaire Maurice-Chabaud), Saint-Uze (école élémentaire Emmanuel-Victouron) et Montboucher-sur-Jabron (école maternelle) sont abandonnés. Les parents d’élèves s’étaient mobilisés à travers des pétitions et rassemblements ces dernières semaines. À noter l’ouverture d’une classe en élémentaire, à Crest, à l’école Pierjean. Reste que cette carte scolaire élaborée en juin est encore susceptible d’évolution à la rentrée de septembre, lorsqu’il s’agira de compter les enfants réellement en classe.

Le Dauphiné. 13 juin 2025.

3 réflexions sur “Il serait temps…

  1. Nemoditur 14/06/2025 / 11h16

    Je me demande ce qu’en pense Cyril Hanouna ?

    • Libres jugements 14/06/2025 / 15h24

      Bonjour et merci pour ce commentaire.
      « Ce qu’en pense Cyril Hanouna » franchement, je m’en fiche comme de ma première chemise.
      Rien ne m’empêchera de penser que la société ou règne l’individualisme est malade d’un manque de respect tant envers l’autre collectif, que la permissivité morale et sociétale doivent avoir ses limites.
      Amitiés. Michel

  2. rblaplume 14/06/2025 / 17h14

    RBLAPLUME
    Je vais nourrir la réflexion par une citation :
    «  Le premier devoir d’une République est de faire des républicains ; pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qu’il soit (un enfant, un adolescent, l’homme le plus inculte, le travailleur le plus accablé par l’excès de travail) et lui donner l’idée qu’il peut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite d’un maître, d’un directeur, d’un chef quel qu’il soit, temporel ou spirituel ».
    C’est par ces mots que Ferdinand Buisson entendait donner une définition substantielle de la République et des missions qui lui reviennent.
    1841-1932

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