Une gauche qui avance le « programme » pour se faire élire, mais qui, une nouvelle fois, dérivera dès son retour au gouvernement. MC
Souhaitons aux adhérents du PS que le congrès ait clarifié sa ligne politique, notamment sur le plan économique, après des décennies de dérive vers le social-libéralisme.
Depuis que le Parti socialiste s’est ré-arrimé un temps à la NUPES avant de s’en détacher et d’essayer de retrouver « grandeur » de la « rose » en incorporant des leaders se réclamant au minimum d’une gauche sociale, des cadres se disant convertis à la « rupture ».
- Avec la politique d’Emmanuel Macron ?
- Le productivisme ?
- Le néolibéralisme ?
- Le capitalisme ?
Autant de mots-clés chers au peuple de gauche – écologie, justice sociale, liberté, droit à la santé, internationalisme, etc. — qui ne valent pourtant que pour les mesures concrètes qu’on y accole.
Alors, comment ne pas se demander : les sociaux-démocrates ont-ils arrêté de penser ?
La question peut paraître cavalière, voire provocatrice. Mais les socialistes eux-mêmes, comme leurs potentiels alliés, se la posent sérieusement. Ce fut d’ailleurs l’un des principaux débats du 81e congrès, à l’issue duquel Olivier Faure, député de Seine-et-Marne et premier secrétaire depuis 2018, l’a emporté avec 51,2 % des suffrages, contre le maire de Rouen (Seine-Maritime), Nicolas Mayer-Rossignol (48,8 %).
Des mois durant, Nicolas Mayer-Rossignol a pilonné son adversaire : « Sur le plan des idées, les Français comme nos militants ne sont pas au clair avec ce que pense le PS », lâchait-il, dans un quotidien le 26 mai 2025
Nulle trace d’une idée novatrice dans les rangs socialistes, si ce n’est le combat mené par Olivier Faure sur la taxation des superprofits. « Nous voulons redevenir un carrefour des idées », avance pourtant Carole Delga, présidente de la région Occitanie et proche de Nicolas Mayer-Rossignol. […]
Qu’il semble loin, le temps du congrès d’Épinay, du Programme commun porté avec les communistes et même de l’élection de François Mitterrand ! « Quand le PS se rénove entre 1969 et 1971, son discours renvoie à l’anticapitalisme, rappelle le politologue Frédéric Sawicki. À partir des années 1980, les socialistes français se sont accommodés à l’économie de marché et ont renoncé aux nationalisations, à la planification de l’économie fût-elle démocratique, aux références à l’autogestion et à la propriété collective. Tout cela pour porter un socialisme dans le cadre européen bien que le rêve de l’Europe sociale ait pris du plomb dans l’aile. »
Le quinquennat de François Hollande aura été le dernier clou dans le cercueil d’un horizon anticapitaliste socialiste déjà maltraité. Politique de l’offre, non-conditionnalité des aides publiques, déchéance de nationalité, inversion de la hiérarchie des normes… […]
Pour toujours ? « L’expérience montre que, lorsqu’on gouverne, le curseur se déplace vers le social-libéralisme à cause de la pression des marchés financiers et que les socialistes ont, à l’évidence, du mal à résister. Avec Olivier Faure, nous sommes conscients qu’inclure les insoumis dé-mélenchonnisés, comme François Ruffin, dans l’alliance nous oblige à déplacer notre centre de gravité pour tenir bon face à la pression du capital », répond Laurent Baumel. […]
D’après un article d’Emilio Meslet – très courts extraits
Un pays sans ressources naturelles ne peut abandonner le modèle économique libéral, car il n’aura pas les moyens d’accéder à ce marché. Ce qui a permis à l’URSS de survivre 70 ans ce sont ses immenses ressources naturelles qui lui ont permis de se développer en autarcie. Alors le problème de la gauche est simple: elle construit des modèles parfaits sur le papier mais utopiques. Arrivée au pouvoir elle ne peut jeter 65 millions de français dans les pénuries, alors elle se divisé et renonce. On a vu Miterrand et la faillite de la nationalisation de l’acier et des banques.
Des ressources naturelles, nous en avions, des entreprises innovantes, nous en avions, un savoir-faire technique dans un nombre incalculable d’entreprises, nous avions. Par contre, nous n’avons jamais su garder sur notre sol la moindre pépite morale technique, technologique, etc. dans tous les domaines et la faire valoir.
Michel
Des universitaires de grande valeur, des chercheurs de grandes qualités, des hommes et des femmes ayant des potentiels techniques remarquables, des maîtres en hautes technologies numériques, militaires, spatiales, médicales font la richesse de la France mais aussi des Etats-Unis, de la Grande Bretagne ou d’Israël et bien d’autres.
Rien n’est perdu, tout est à construire !
RBLAPLUME
Pour les ressources naturelles, je ne vois pas grand-chose, un peu de talc presque plus de fer plus de gaz quelques gouttes de pétrole. Encore du charbon très polluant, et quelques petits gisements à droite à gauche. Pas de quoi faire fonctionner notre industrie, qui a surtout fonctionné avec les minerais des colonies.
Je rajouterai un commentaire sur le vice du capitalisme. Une combinaison bébé achetée 1€ au Bangladesh est vendue 5€ chez Kiabi. Elle a augmenté de 0,9 € le PIB du Bangladesh et de 4€ celui de la France, qui n’a rien fabriqué, au passage le transporteur a prélevé sa dîme que je ne compte pas là, mais qui est allée dans un paradis fiscal. Mais si on fabriquait en France le prix en aurait été de 10€, ce qui veut dire que le consommateur aurait dû payer 5€ de plus. L’état aurait perçu 2€ de TVA au lieu de 1€. Si on admet que la dépense moyenne des couches populaires est de 1/3 pour le logement 1/3 pour la nourriture 1/3 pour le reste, c’est ce dernier tiers dont le pouvoir d’achat serait amputé de moitié, soit 16%. Les français accepteraient-ils de voir leur niveau de vie amputé de 16 % ? Mais les choses ne sont pas si simples, cela signifie fermer nos marchés aux importations, et donc se voir appliquer les mêmes restrictions. Or si on ne vend plus, on équilibre plus la balance des paiements.
Lorsque l’URSS a été créée, elle s’est retrouvée sans marché extérieur, possible en URSS impossible en France.
« Ils ont réussi, parce qu’ils ne savaient pas qu’il était impossible de le faire »
Michel