Mars 1996, 300 Africains « sans-papiers » investissement l’église Saint Ambroise à Paris (XIe). Le 22 mars, les forces de l’ordre interviennent pour les déloger, sans réelle brutalité selon un responsable de la Ligue des Droits de l’Homme dans nos pages. Mais quarante-trois personnes sont placées en garde à vue, dix-huit sont reconduites à la frontière.
En attendant, les sans-papiers arrivent à investir un gymnase, rue Japy. Ce dernier est, lui aussi, évacué le 24 mars et 7 expulsés sont renvoyés au Mali par charter. S’ensuit une interminable errance entre la Cartoucherie de Vincennes et la rue Pajol du XVIIIe arrondissement.
À partir du 28 juin, ces hommes, femmes et enfants originaires du Mali, du Sénégal et de Mauritanie occupent l’église Saint-Bernard. Certains entament une grève de la faim.
Le gouvernement d’Alain Juppé se sent coincé par ce « dossier pourri », selon les mots d’un des conseillers du ministre de l’Intérieur de l’époque, Jean-Louis Debré, auprès de notre journal. En face, associations, élus de gauche et bon nombre de personnalités viennent soutenir les sans-papiers. Emmanuelle Béart, très touchée alors qu’elle amène des couches et du lait aux enfants, décide de rester dormir avec eux. L’actrice s’insurge du silence du président Jacques Chirac.
Dans l’église, les Africains font en sorte d’être irréprochables. Ils replient chaque matin leurs matelas, rangent et nettoient les lieux avant les offices religieux auxquels assistent de plus en plus de personnes qui viennent les soutenir. Dans la journée, la plupart de ces sans-papiers travaillent en Île-de-France.
Le 22 août, « Le Parisien » titre sur le gouvernement qui entame le dialogue. Notre sondage révèle que les Français souhaitent pour les Africains des négociations au cas par cas pour leur maintien en France. Le Conseil d’État, saisi, doit préciser les critères de la loi Pasqua, relative aux conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France. Et Jean-Louis Debré l’assure : « Nous n’allons pas briser les familles ».
Mais le 23 août, dès l’aube, le quartier autour de l’église est totalement bouclé et l’assaut est donné à 6 heures. Pour repousser les sympathisants qui manifestent leur hostilité, gendarmes mobiles et CRS jouent de la matraque, les piétinent et utilisent des gaz lacrymogènes.
Le père Henri Coindé, en train de célébrer une messe, assiste impuissant à l’opération policière. Il ne peut retenir ses larmes devant les caméras.
2025, le 17 mars, c’était hier…
Les forces de l’ordre délogent 400 « jeunes migrants » qui occupaient depuis 100 jours la Gaîté Lyrique dans le troisième arrondissement. « On a honte de ce pays, de cette police et de ce gouvernement », s’indignait une femme sur France Info.
Bien que 30 ans séparent l’évacuation de l’église Saint-Bernard de celle de la Gaîté Lyrique, qu’est-ce qui a changé ?
Les guerres, les conflits raciaux, la misère, les dictatures sont toujours là, se manifestant sous diverses formes et touchant des millions de vies à travers le globe. Et même si certains veulent mettre fin à l’immigration, arguant que cela pourrait résoudre des problèmes économiques ou culturels, n’oublions pas que tous les États du monde ont été formés par l’intégration des envahisseurs ou des colonisateurs, souvent issus de peuples en quête de nouvelles opportunités ou d’un refuge face à l’adversité.
L’histoire nous enseigne que chaque nation a été façonnée par des vagues de migration, où les différentes cultures se sont entremêlées, créant une richesse incroyable d’identités et de traditions.
Cela soulève une question essentielle : au lieu de rejeter systématiquement l’immigration, ne devrions-nous pas plutôt accueillir et apprendre des diverses influences qu’elle apporte ?
Pour parti texte issue d’un entre-filet signé par Thomas Bécard dans Télérama du 26/03/2025 et archives du « Parisien ».
La France est pleine avec 68 millions d’habitants. Je ne vais pas réexpliquer pourquoi.
On nous parle de découvrir des cultures autres, mais que veut-on ?
Que les Vans joli village en Ardèche ressemble à Tataouine ?
Le Mali le Sénégal le Niger ont rompu tout lien diplomatique et économique avec la France et nous envoient ceux qu’ils ne veulent pas chez eux et nous devrions les loger les nourrir les soigner, payer leur smartphone etc ? La place de ces 400 personnes mineurs faux mineurs majeurs est dans leur pays. Ceux qui veulent connaître les boubous et les baobabs n’ont qu’à aller en Afrique et ils verront si on les loge les nourrit les soigne à l’œil. De toute façon tous ces beaux parleurs dont opposés à un impôt spécial et volontaire qui financerait leur utopie, ça montre bien que tout ça, c’est une attitude qui donne bonne conscience sans plus.
À la lecture de ton commentaire Bernard, il est évident que nous avons deux lectures différentes de ce texte.
Pour ma part, je n’ai lu que les mêmes positions gouvernementale à 30 ans d’écart et note qu’il n’y a eut aucune prise de conscience, ni objectif des gouvernements successifs, afin de régler réellement le problème de l’émigration. Que les ministres « en exercice » à 30 ans d’écart ont la même posture et lance des solutions inadaptées.
Il est quand même paradoxal que l’intégration d’un certain nombre d’ukrainiennes, ukrainiens en France n’est pas posé de problème, mais par contre que des personnes fuyant des zones de combats, d’atroces dictateurs ou victimes de règlements entre tribus ou religieuses, doivent faire l’objet de nourriture en Méditerranée.
Michel