Un pas devant l’autre…

… la censure « made in USA » arrive, l’option « bien pensante » se propage de manière insidieuse dans la sphère des gouvernements, aidée par certains médias, en France, certes, mais pas que, bénéficiant également d’un écho dans plusieurs autres pays européens et au-delà.

Ce phénomène inquiétant semble être poussé par une droite mondiale très droitière et religieuse, qui cherche à implanter ses valeurs conservatrices au sein des sociétés modernes. Cette tendance soulève de vives inquiétudes concernant la liberté d’expression et le pluralisme des idées, essentiels dans toute démocratie.
Alors que les voix dissidentes sont de plus en plus étouffées par la peur de représailles, la résistance contre cette censure devient cruciale. Les intellectuels doivent unir leurs forces pour contrecarrer cette vague d’intolérance, avant qu’elle n’étouffe toute forme de débat public et d’innovation sociétale. MC


L’auteur illustrateur Jul crie à la censure : sa version illustrée de La Belle et la Bête ne sera pas offerte en juin aux quelque huit cent mille élèves de CM2, dans le cadre de l’opération « Un livre pour les vacances ».

Une décision unilatérale du ministère de l’Éducation nationale, qui lui avait pourtant commandé l’ouvrage et validé ses intentions, mais qui recule en raison d’une possible incompréhension par des enfants de 10 ans « du degré d’ironie utilisé ».

« En effet, les illustrations proposées abordaient des thématiques qui ne conviennent pas à des élèves de cet âge, telles que l’alcool, les réseaux sociaux ou encore des réalités sociales complexes (trafic de contrefaçons, contrôles policiers), qui auraient pu susciter des questions chez les élèves sans nécessairement trouver de réponse adaptée faute d’accompagnement pédagogique pendant les vacances d’été », précise le ministère dans un communiqué.

Pourtant, il n’y a rien de choquant dans cet ouvrage, confirme le syndicat d’enseignants SNUipp-FSU. Des personnages qui cherchent des likes sur les réseaux sociaux. Un père ivre qui chante Les Lacs du Connemara.

Rien d’autre, finalement, que des illustrations au goût du jour du texte intégral de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont publié au XVIIIe siècle. « Les éléments de langage du ministère sont un galimatias qui ne tient pas la route !, s’insurge Jul . C’est une censure sans précédent. »

Pour l’auteur de Silex and the City, ce renoncement est une concession faite à des parents qui pourraient s’insurger contre une vision peu traditionnelle du conte.

« Ce qui m’alerte, c’est l’impunité (rune frange de la population, et de l’administration, qui libère une idéologie réactionnaire sans limites. » Des idées propagées par des fake news sur Europe 1-CNews le 20 mars, lors d’une interview d’Élisabeth Borne, et contre lesquelles la ministre n’a pas cillé.

Et Jul de conclure : « Le ministère de l’Éducation nationale a pour mission de promouvoir les valeurs de la République : il est en train de faillir. C’est un désastre total. »


Benjamin Roure. Télérama. N° 3924. 26/03/2025



Dessin de Riss – Charlie Hebdo. 26/03/2025


4 réflexions sur “Un pas devant l’autre…

  1. bernarddominik 26/03/2025 / 16h45

    Sans voir la BD il est difficile de se prononcer. Mais Jul est il bien placé pour juger de ce qu’un enfant de 10 ans peut lire? Est ce vraiment une censure ou une décision de simple bon sens?

    • Libres jugements 26/03/2025 / 17h31

      Là, j’ai bien du mal à suivre : comment porter un jugement sans avoir vu le livre en question…
      D’autre part ce n’est pas Jul qui a proposé son livre, mais le ministère de l’Éducation qui l’a sollicité… qui a suivi son évolution, accepté les premières épreuves et laisser imprimer… et refuser sa distribution dans les écoles… un peu beaucoup non !

  2. raannemari 26/03/2025 / 19h17

    Lorsque l’on sait toutes les horreurs que les enfants peuvent visionner sur les écrans, quels qu’ils soient, cette décision est ridicule.

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