… Bayrou sème le trouble !
« C’est incohérent et inhumain ! » Philippe Lohéac, délégué général de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, a réagi avec inquiétude à la décision de François Bayrou de scinder en deux le texte sur la fin de vie, avec les soins palliatifs d’un côté et l’aide active à mourir de l’autre.
« Dissocier les deux, c’est faire plaisir aux conservateurs et aux paternalistes médicaux », dénonce Philippe Lohéac.
Surtout, ce militant du droit à l’euthanasie craint que le volet aide active à mourir « passe à la trappe ». L’entourage du Premier ministre assure que les deux thèmes seront examinés dans la « même temporalité parlementaire », sans plus de précisions.
Lui-même opposé
En scindant en deux le texte, François Bayrou répond à une demande des adversaires de l’aide active à mourir, dont des politiques de droite, des responsables religieux et certains soignants. « Enfin, on va pouvoir avancer sur les soins palliatifs, qui sont freinés par le fait d’être couplés à un sujet plus clivant et complexe », se réjouit Claire Fourcade, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs.
Lui-même catholique pratiquant, le Premier ministre à part le passé exprimé ses réserves sur la reconnaissance d’une aide active à mourir, portée au Parlement par le député MoDem Olivier Falorni. Le parlementaire a d’ailleurs marqué son opposition avec son patron de parti. « L’accompagnement de la fin de vie est mi tout. Il y a une réponse primordiale, le « soins palliatifs », et il doit y avoir un ultime recours, qu’est l’aide active à mourir. On ne peut pas séparer artificiellement les deux », a plaidé Olivier Falorni mercredi.
« Le. Premier ministre est très attaché au fait de laisser la liberté de vote à chacun des parlementaires. Quand vous êtes un parlementaire et que vous devez en même temps répondre à la question sur l’accès de chacun aux soins palliatifs et sur l’aide active à mourir, en réalité, vous n’avez pas de liberté sur aucun des deux choix, puisque l’un engage l’autre », a rétorqué mercredi Sophie Primas, la porte-parole du gouvernement.
Question d’agenda
Cette dernière a également précisé que le sujet « sera à l’agenda le plus vite possible », sans plus de précision de date. Reste à savoir si le gouvernement l’inscrira lui-même à l’agenda de l’Assemblée nationale. Dans son discours de politique générale, François Bayrou avait renvoyé la fin de vie au « pouvoir d’initiative du Parlement ». Or les députés disposent de moins de créneaux que le gouvernement pour inscrire des textes à l’ordre du jour. Opposée à la scission et macroniste de la première heure, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée, a appelé le gouvernement « à réinscrire le texte dans son ensemble à l’Assemblée nationale le plus rapidement possible ».
Charlotte Murat. Le Dauphiné Libéré. 23/01/2025
Bayrou est un calottin. tout le monde le sait. C’est aux parlementaires de le remettre à sa place
Déjà, en 2005, mon époux, Français avait dit être bien content de ne plus vivre en France, et d’avoir pu choisir sa fin de vie dans la dignité. Comme je le comprends quand je lis ceci.
Personne n’est obligé de demander l’euthanasie, mais on doit laisser à chacun le libre choix.