Honte, honte bis, Honte ter et laisser faire…

Tandis que la ministre de la Santé annonce des diminutions de remboursements pour les prescriptions médicales, ces informations suscitent l’indignation. MC.

Pendant la pandémie de Covid, l’État a acquis à prix fort des milliers de traitements, qui seront maintenant jetés en raison d’un manque de négociation efficace avec l’industrie pharmaceutique. Environ 135 000 boîtes de Paxlovid sont sur le point d’être détruites. Ce traitement de Pfizer contre le Covid, entièrement remboursé, est vendu à 999,20 euros. En février 2022, lors de son introduction en France, le ministère de la Santé a commandé 500 000 boîtes à un prix tenu secret.

Cependant, en raison d’interactions avec d’autres médicaments pour les personnes âgées ou immunodéprimées, il a été peu prescrit. Environ 364 758 boîtes ont été distribuées, laissant 135 000 boîtes périmées. Cela pourrait représenter un gaspillage de près de 135 millions d’euros, ce qui est paradoxal alors que le gouvernement cherche à réduire les dépenses.

De plus, 69 000 doses de l’anticorps monoclonal bamlanivimab, coûtant 1 700 euros chacune, ont également été éliminées en raison d’un variant mutant, entraînant une perte de 117 millions d’euros. La situation est difficile à accepter. Les coûts des médicaments pèsent lourdement sur les finances de la Sécurité sociale, et l’industrie pharmaceutique joue un rôle dans cette situation avec ses stratégies pour augmenter les coûts.

Par exemple, le Doliprane a coûté plus de 262 millions d’euros à l’Assurance-maladie en 2023, suivi de près par le Dupixent de Sanofi, un traitement injectable remboursé à 65 %, qui a également coûté environ 262 millions d’euros. Initialement conçu pour traiter un type rare d’eczéma, Sanofi a négocié un prix élevé pour ce médicament, invoquant le faible nombre de patients concernés. Par la suite, le laboratoire a élargi le champ d’application du remboursement à l’asthme, une maladie plus courante, augmentant ainsi les coûts.

Le Dupixent est maintenant utilisé en Europe pour traiter la bronchite chronique. Le laboratoire américain MSD a adopté une stratégie similaire avec le Keytruda, un anticancéreux remboursé à 100 %, qui a coûté 1,7 milliard d’euros à l’Assurance-maladie en 2023. Initialement destiné au mélanome et au cancer du poumon métastatique, son utilisation s’est élargie à d’autres cancers.

Les laboratoires justifient ces prix élevés par des coûts de recherche importants, malgré un nombre limité de patients. Le Kaftrio, destiné aux patients atteints de mucoviscidose et remboursé à 100 %, est vendu à 9 130 euros par mois par Vertex Pharmaceuticals, bien qu’il provienne de la recherche publique.

Depuis l’arrivée sur le marché des traitements innovants contre l’hépatite C dans les années 2010, les prix des médicaments ont largement dépassé leur coût de fabrication.


Article réalisé d’après différentes sources


2 réflexions sur “Honte, honte bis, Honte ter et laisser faire…

  1. bernarddominik 19/11/2024 / 16h52

    Il existe une clause de l’OMS permettant de fabriquer un médicament malgré la licence lorsqu’il est trop cher. Pourquoi cette clause n’est pas utilisée dans le cas de médicaments exagérément chers? Nos gouvernants sont en réalité complice des laboratoires qui arrosent tout azimuts

    • Danielle ROLLAT 19/11/2024 / 22h58

      C’est « le moins qu’on puisse dire »… et demain, la Sécu nous remboursera moins, merci qui ? reste à savoir si les mutuelles compenseront.. avec risques de voir les cotisations encore augmenter… et les mêmes subiront.. et renonceront..
      Il va falloir augmenter copieusement les budgets des actions solidaires… des collectivités, des Enfoirés, de la Croix Rouge, du Secours Populaire, du Secours Catholique et prévenir les bailleurs sociaux…

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