La ministre de l’Éducation nationale, Anne Genetet, est attendue ce mardi dans un collège de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) pour dévoiler ses arbitrages sur le collège pour la rentrée 2025.
Rester dans les pas de Gabriel Attal.
La ministre de l’Éducation nationale, Anne Genetet, présente ce mardi l’acte II du Choc des savoirs, le plan lancé par Gabriel Attal en décembre 2023 pour tenter d’élever le niveau des élèves au collège. Comme prévu, des groupes de niveau en mathématiques et en français pour les élèves de 6e et 5e, mis en place dans la douleur à la rentrée 2024 et unanimement contestés par les syndicats enseignants, seront maintenus. Et ce, même si leur mise en œuvre a été très disparate d’un établissement à un autre. Une évaluation en sera cependant faite pendant cette année scolaire.
Ne pas déjuger Gabriel Attal
Comme le souhaitait Gabriel Attal, ces groupes seront aussi créés en 4ᵉ et 3ᵉ à la rentrée 2025. Mais a minima, car ils n’auront lieu qu’une heure par semaine en alternance entre maths et français.
Le fait que ces groupes ne soient mis en place qu’une heure par semaine et non sur tout l’horaire de français et de maths s’explique notamment par des raisons budgétaires car la mesure est gourmande en postes. Elle nécessitera déjà environ « un millier de postes » pour la formule annoncée, a indiqué l’entourage de la ministre. Par ailleurs, la généralisation de ces groupes à plus grande échelle aurait suscité l’ire des enseignants. Même si le dispositif annoncé, les agace tout de même : « La ministre bricole un dispositif pour la 4ᵉ et la 3ᵉ afin de ne pas déjuger Gabriel Attal, mais qui passe à côté des enjeux de l’école », réagit ainsi Sophie Vénétitay, secrétaire général du syndicat FSU, qui dénonce les « effets délétères sur le terrain » des groupes en 6ᵉ et 5ᵉ.
L’obtention du brevet va devenir obligatoire
La moitié des élèves de 4ᵉ et 3ᵉ (soit 800 000) pourront aussi bénéficier dès la rentrée 2025 d’une heure d’aide aux devoirs par semaine puisque les heures du dispositif « devoirs faits » vont être doublées. Par ailleurs, les stages de remédiation pendant les vacances vont être étoffés pour pouvoir recevoir 22 000 élèves en grande difficulté.
Mais c’est pour le brevet que les choses vont le plus changer, car il sera plus difficile à obtenir. Et ce, « pour en garantir la valeur académique ». La mention « très bien avec félicitations du jury » verra le jour à la session 2025 pour ceux qui décrocheront 18/20 et plus.
Plus important encore : l’entrée au lycée sera conditionnée à l’obtention du brevet dès la session 2027. Les élèves qui ne le décrocheront pas seront orientés en CAP ou en classe prépa seconde durant un an, une dizaine de classes prépa seconde par département doivent être créées.
Des annonces qui suscitent la crainte des enseignants : « Un brevet couperet qui empêcherait l’entrée au lycée ça serait un sacré recul de la démocratisation des études », selon Sophie Vénétitay.
Delphine Bancaud. Le Dauphiné Libéré. 12/11/2024
Des mesures logiques. Maintenir des illusions est une grande erreur. Il vaut mieux orienter chacun suivant ses capacités. Les groupes de niveaux permettront d’améliorer le niveau des élèves.
Orienter les élèves qui ont raté le brevet vers des filières professionnelles, voilà qui va renforcer le côté « mal vu » des études pro, alors qu’au vu de la conjoncture actuelle, celui qui a fait un CAP plomberie trouvera beaucoup plus facilement du boulot que le « bon élève » qui aura suivi sagement une filière générale puis entrepris des études longues pour se retrouver indécis ensuite, obligé d’enchaîner les jobs alimentaires pour vivre…
Ce discours du « les études professionnelles c’est plus pour les élèves moyens que pour les bons » je l’entendais déjà quand j’étais au collège et il m’horripile au plus haut point.