L’argument, ressassé par la droite, est connu : la France serait un pays « socialiste », car le taux des prélèvements obligatoires y est de 43,2 % du P1B (chiffre Insee), et c’est déjà beaucoup trop, et donc on n’est pas compétitifs, et par conséquent, faut surtout pas augmenter les impôts.
Dans son dernier rapport « Revenus et patrimoines des ménages », l’Insee vient de mettre en lumière un fait qui contredit un peu cette thèse : ces vingt dernières années, les inégalités de patrimoine ont explosé.
La hausse des prix de l’immobilier a creusé jour après jour les écarts de richesse.
Tandis que pas moins de 11,2 millions de personnes sont aujourd’hui en situation de pauvreté (c’est-à-dire qu’elles vivent avec moins de 1158 euros par mois pour une personne seule), les plus riches s’enrichissent en se tournant les pouces.
Les 70 % de Français les mieux dotés ont vu leur patrimoine enfler de 4 % par an.
Résultat : aujourd’hui, la moitié des ménages les mieux dotés concentrent 92 % du patrimoine. Oups.
Ce n’est pas vraiment « socialiste ».
Si la redistribution a, heureusement, permis d’amortir les inégalités de niveau de vie et de les maintenir dans une fourchette pas spécialement prérévolutionnaire (les 10 % les plus aisés ont un niveau de vie 3,41 fois supérieur au niveau plafond des 10 % les plus modestes), le gouffre reste béant entre ceux qui ont de la galette, de la thune, de la pierre, du mètre carré, et qui lisent les pages « Comment placer son argent » des gazettes, et les autres.
Voilà bien le genre d’article qui ne fera pas sourire les millions de personnes qui – hélas – tire la langue dès le cinq du mois et doivent recourir à la mendicité moderne que sont les associations caritatives. MC