Quelques remèdes éprouvés pour
« essayer » de guérir les déserts médicaux
Le Premier ministre a annoncé une batterie de mesures qui pourraient permettre de déployer davantage de soignants dans les zones qui en manquent cruellement. Mais certains remèdes proposés ne sont pas très neufs.
« La lutte contre les déserts médicaux et contre la pénurie de soignants sera l’une des priorités de mon gouvernement », a affirmé haut et clair le Premier ministre, Michel Barnier, lors de son discours de politique générale, mardi.
Une manière de répondre à l’une des principales préoccupations des Français, soulignée par un rapport de la Cour des comptes publié en mai. Dans celui-ci, les Sages de la rue Cambon relevaient que dans certains territoires « le taux de patients sans médecin traitant peut représenter jusqu’au quart des patients. »
Pour relever le défi de l’accès aux soins, Michel Barnier tape tous azimuts, en utilisant des recettes pas toujours très neuves.
Il compte d’abord augmenter le nombre de postes d’internes. Car à la rentrée 2024, 1510 postes ouverts aux internes en médecine ont été supprimés, ce qui a suscité un tollé général. « En 2025, la dynamique reprendra fortement, puisqu’il y aura 11 000 internes contre 8 500 cette année », a promis le Premier ministre.
Engagement « volontaire » des internes
Autre remède au manque de médecins : le programme Hippocrate que Michel Barnier compte mettre en œuvre. Les internes, qu’ils soient français ou étrangers, pourront s’y engager volontairement et accepter d’exercer pour un temps donné dans les territoires qui manquent le plus de médecins.
Une annonce qui va dans le sens de l’intersyndicale nationale des internes. Dans une lettre envoyée à la nouvelle ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq, la semaine dernière, il indiquait être opposé à « toute mesure coercitive à l’installation médicale ».
Conscient que ce remède ne suffira pas à résoudre la pénurie de soignants, le Premier ministre a (re) lancé plusieurs autres pistes. L’idée de développer les assistants médicaux, les bus de santé, la télémédecine, ainsi que le regroupement de professionnels de santé.
Si certains médecins retraités reprennent déjà du service, Michel Barnier veut les y inciter encore plus via un cumul emploi/retraite plus favorable financièrement. Une proposition qui va dans le sens du Rassemblement national. Car à l’occasion de sa niche parlementaire du 31 octobre à l’Assemblée, le parti à la flamme compte proposer d’« exonérer de l’impôt sur le revenu les médecins et infirmières en cumul emploi-retraite ».
Une loi « infirmières, infirmiers » attendue
Pour mettre plus de professionnels à contribution, le gouvernement compte aussi faire voter une loi « infirmières, infirmiers », qui leur donnera un rôle élargi dans la prise en charge des patients.
Attendue depuis plus d’un an, une proposition de loi sur le sujet devait être présentée au Parlement au printemps, avant d’être stoppée par la dissolution. Michel Barnier a aussi dit vouloir aller « plus loin » vers l’extension des compétences des « pharmaciens et des kinésithérapeutes ».
Conscient que la paperasse grignote du temps de soin, le Premier ministre souhaite aussi « s’attaquer à la simplification et à la suppression de ces formalités », sans pour autant apporter plus de précision. Un panel de mesures que Geneviève Darrieussecq devra mettre en mesure avec succès, d’autant que Michel Barnier a promis de développer une culture de l’évaluation des politiques publiques.
Delphine Bancaud. Dauphiné Libéré. 03/10/2024
Après la nullité des Attal Borne Castex Philippe, enfin un premier ministre qui fait quelque chose.
Voila effectivement une proposition intéressante.. il serait souhaitable aussi que les médecins à diplôme étranger, accueillis depuis des années, soient mieux considérés… mieux rémunérés.. ils sont utiles dans un système que nous ne reconnaissons plus, qui nous inquiète…
Pour ma part, je souhaiterais aussi, que le secteur privé participe davantage, notamment dans l’accueil des urgences… se montre solidaire..
Même si je suis ici hors sujet, je pense aux EHPAD…selon un article du Parisien de ce jour, un grand nombre sont en déficit… que vont-ils faire de nos ainés, et de nous demain ?