On éternue, ou on se bouche le nez

La majorité et LR scellent une alliance à bas bruit

Mise en garde dans cette période trouble : tous les articles « postés » — jusqu’au jour du 2ᵉ tour des législatives —, ne le sont-seront qu’au titre de l’information plurielle et n’engage pas l’administrateur du blog.
La sélection d’articles doit servir à éclairer, analyser les différences dans les programmes proposées par les partis se présentant. Ils devraient permettre de décanter, comprendre les affirmations de chacun engageant la France, pour les trois années prochaines. D’autre part, chacune-chacun à le devoir citoyen (dans cette ambiance délétère), de prendre position en allant voter, mais également d’inciter toutes personnes côtoyées de se rendre dans les isoloirs afin d’éviter l’abstention. Cette abstention qui à toujours « profiter » aux candidat-es, arrivé-es en tête. MC


Une alliance ? Quelle alliance ? Au sein du parti Les Républicains (LR), la simple évocation d’un rapprochement avec le camp présidentiel fait bondir les dirigeants de la droite d’opposition. « La droite de résistance est une droite indépendante, tonnait encore Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, la semaine dernière. On ne va pas s’allier avec ceux qui ont fait monter le désespoir dans ce pays ! » Gérard Larcher, le président du Sénat, en a fait une devise : « Ni coalition ni collusion ! »

La convocation par Emmanuel Macron d’élections législatives anticipées a fait exploser les promesses. Aux quatre coins du territoire, la majorité, réunie sous la bannière « Ensemble », et la droite LR ont scellé des accords, plus ou moins explicites, pour préserver leurs positions respectives à l’Assemblée nationale. Inatteignable il y a encore dix jours (et pourtant longtemps désiré), le rapprochement des deux camps a été rendu nécessaire, aux dires de plusieurs de ses protagonistes, par la conjoncture politique.

[…]  « Si dans un moment comme ça, on n’arrive pas à se parler, autant donner tout de suite les clés de la maison à l’extrême droite », alerte Jean-François Copé, ancien président de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), ancêtre de LR, et actuel maire de Meaux (Seine-et-Marne).

[…] Dans le Val-de-Marne, par exemple, c’est le sénateur Christian Cambon, taulier de la droite locale, qui a parlementé avec l’ancien député Jean-Jacques Bridey, à la tête de la fédération Renaissance du département.

Dans les Hauts-de-Seine, de l’autre côté de Paris, le tour de table avait une dimension VIP. Côté macroniste, c’est le premier ministre Gabriel Attal, député du coin, qui a géré les investitures avec Stéphane Séjourné, secrétaire général du parti présidentiel, en quête d’une piste d’atterrissage sécurisée dans le département. […]

Quand les médias Bolloré font dérailler la combine

À chaque fois, les discussions sont les mêmes, fidèles à cette formule de Nicolas Sarkozy passée à la postérité : « Passe-moi la salade, je t’envoie la rhubarbe. » Dans le 92, LR compte un député sortant et la majorité huit. Le marché est simple : la majorité laisse Philippe Juvin tranquille dans sa circonscription ; la droite laisse les macronistes briguer leur réélection. Sur les deux sièges potentiellement disponibles, Stéphane Séjourné récupère la circonscription d’Emmanuel Pellerin sans concurrence de LR, tandis que la circonscription de Jean-Louis Bourlanges (MoDem) est « cédée » à Jean-Didier Berger (LR), un proche de Valérie Pécresse.

Des combines de ce type sont mises au point à plusieurs endroits du territoire, à l’initiative de barons locaux, sans toujours que les directions centrales des partis soient informées. Seul hic : leur existence dépasse vite le cadre confidentiel des conciliabules où elles sont pensées.

Dès vendredi matin, l’empire Bolloré en fait ses choux gras. Sur le site du Journal du dimanche comme sur les antennes de CNews et Europe 1, les journalistes du groupe dissertent sans s’arrêter sur « l’accord Renaissance-LR pour les législatives », dont ils promettent de révéler les « dessous ».

Sur le réseau social X, le président du mouvement de jeunesse de LR, proche d’Éric Ciotti, écrit dans la même journée : « J’apprends que Gérard Larcher est en train de négocier en sous-main, sur le dos des militants LR, des accords avec Emmanuel Macron dans de très nombreuses circonscriptions. »

Face au tollé, le président du Sénat réagit sur le même réseau social : « Je démens formellement les rumeurs inacceptables et fantasques qui circulent. Il n’y a eu ni rendez-vous secret ni arrangement de sous-main. Je n’ai pas rencontré Emmanuel Macron depuis le 7 mars en dehors des cérémonies officielles. »

[…]

Dans les Bouches-du-Rhône, la secrétaire d’État à la citoyenneté et à la ville, Sabrina Agresti-Roubache, n’aura pas à affronter de candidature LR dans une campagne qui s’annonce périlleuse face à l’extrême droite. Dans le Calvados, le député Renaissance sortant de la première circonscription, Fabrice Le Vigoureux, a laissé sa place au maire LR de Caen, Joël Bruneau, avec l’assentiment des deux camps. Dans la Loire-Atlantique, face à une gauche puissante et un RN en hausse, un accord du même type a été conclu, optimisant les chances de réélection de la ministre Sarah El Haïry. 

Parfois, l’écho donné à ces tractations d’arrière-cuisine a obligé les états-majors à revoir leur stratégie. Dans les Yvelines, alors que Gérard Larcher était convenu avec Aurore Bergé, la ministre déléguée à l’égalité, qu’il faciliterait sa campagne dans la dixième circonscription, la pression médiatique a contraint LR à investir un candidat. Sorti du circuit politique depuis quatre ans, l’heureux élu, Gaël Barbotin, ne paraît toutefois pas en mesure de battre la députée sortante.

Non loin de là, Gabriel Attal a bénéficié du même type d’arrangement. […]


Pauline Graulle et Ilyes Ramdani. Mediapart. Source (court extrait)


Une réflexion sur “On éternue, ou on se bouche le nez

  1. bernarddominik 18/06/2024 / 13h47

    Pour LR et Renaissance c’est le seul moyen de résister face au RN et NFP. LR se renie t il? LR est depuis 2022 un supplétif de la Macronie. Alors un peu plus un peu moins… Il n’y a que cet enfoiré de Ciotti qui a mis le bordel dans la maison

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