On souhaite un bon appétit aux 15 millions de touristes attendus pour les JO de Paris. Quand, entre deux épreuves, ils pousseront la porte d’un restaurant, salivant à l’idée de déguster une bonne blanquette de veau ou un coq au vin, il y a fort à parier qu’on leur servira de la cuisine d’assemblage.
En effet, la gastronomie française a beau être classée depuis 2010 patrimoine culturel immatériel de l’humanité, dans la partie du bien-manger, seulement 7 000 restaurateurs sur 175 000 (selon les calculs du ministère délégué aux Entreprises et à la Consommation) font vraiment la cuisine. Les autres se contentent d’enfourner au micro-ondes ou de remettre en température des plats industriels surgelés ou sous vide. Plus rentable que de payer un cuistot !
Pour que nos restaurants remontent sur le podium, Olivia Grégoire, la sous-ministre concernée, avait soufflé l’idée, l’année dernière, d’un affichage obligatoire afin d’identifier sur les menus tous les plats non faits maison. Une alléchante proposition mise sur la table de l’Assemblée nationale au début de l’année par le groupe Renaissance, mais retirée le 19 mars après avoir été hachée menu par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih).
Dans l’arrière-cuisine, le chef étoilé Thierry Marx, le président de l’Umih, aura tout fait pour cramer l’initiative. Cinq jours avant que le texte soit examiné en commission des Affaires économiques, la grande toque s’est fendue d’une bafouille aux députés pour les menacer : « Nous soulignons ici avec vigueur et forte conviction que l’affichage « non fait maison » constitue pour nous une ligne rouge à ne pas franchir. »
Et d’expliquer qu’il a « échangé de manière positive avec le rapporteur du texte » et que ce dernier, par ailleurs restaurateur, a accepté de servir un amendement aux petits oignons faisant sauter la mention « non fait maison ». Heureusement pour les touristes olympiques gastronomes, le député Richard Ramas va remettre le couvert avec une nouvelle proposition de loi réintroduisant sur les cartes l’indication « non fait maison ».
Cela fait près de vingt ans que le lobby de la restauration industrielle s’agite pour continuer de fourguer en loucedé à ses clients du prêt-à-manger.
En 2007, sous Sarkozy, le gouvernement avait bien touillé le label facultatif « maître restaurateur ». Las ! aujourd’hui, 4 % des restos seulement affichent le logo informant le chaland qu’une grande partie de la popote est préparée sur place.
L’essentiel, c’est de participer l
Article non signé lu dans le Canard enchaîné du 27/03/2024
Une triste réalité. Le progrès à reculons.
Les As de la tricherie « gastronomique », si on y ajoute les plus 1500 McDo….. bon appétit !