La grande parade nautique prévue pour la cérémonie d’ouverture prend l’eau pour des raisons de sécurité.
La vingtaine de participants à la réunion a été priée de ne pas cafter… Mercredi 31 janvier, Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée, a convié au Château les hauts responsables de l’État et du Comité d’organisation des Jeux olympiques (Cojo) directement concernés par la sécurité des Jeux de Paris.
À la fin de la rencontre, à laquelle assistait aussi le préfet de police de Paris, le préfet d’Ile-de-France, des conseillers de Matignon et des membres de cabinet des Armées et de l’Intérieur, Kohler, selon les informations du « Canard », a remis sur la table l’éventualité d’un plan B pour la cérémonie d’ouverture.
Flip, flop
D’abord imaginé par Anne Hidalgo puis repris à son compte par Emmanuel Macron, le grandiose défilé nautique de 10 500 athlètes, le 26 juillet, représente un défi sécuritaire effroyable qui donne la chair de poulet à tous les flics de France.
Pour rappel, 116 embarcations sont censées parader quatre heures durant sur la Seine, entre les ponts d’Austerlitz et d’Iéna, avec à leur bord les délégations d’athlètes de chaque pays. Le trajet, long de plus de 6 km, va obliger à déployer 45 000 policiers et gendarmes pour sécuriser près de 13 km de berges, tout en gardant un oeil sur les fenêtres et les toits. Une véritable épreuve olympique en soi.
Dès le 25 janvier 2022, Guy Drut, ex-ministre des Sports et membre du Comité international olympique, avait pris la plume pour signifier au Cojo que la tenue d’une telle cérémonie « [lui] paraissait déraisonnable ». À défaut d’envisager ouvertement un plan B, le ministre de l’Intérieur avait entendu le message.
Depuis, Gérald Darmanin n’a cessé de doucher l’enthousiasme de la maire de Paris, qui rêvait d’une fiesta nautique rassemblant 1 million de spectateurs. Et il a réduit de manière drastique la jauge : d’abord à 600 000 personnes, en octobre 2022, avant de diviser encore ce nombre par deux le 31 janvier dernier. Résultat ? Il n’y aura plus que 100 000 heureux élus sur les quais bas et 220 000 sur les quais hauts.
Sauf que cela ne résout pas le problème de la vulnérabilité des athlètes embarqués sur les 116 rafiots. Après les attaques du Hamas du 7 octobre, qui ont relevé d’un cran la menace terroriste, Américains et Israéliens ont envisagé de renoncer à cette croisière, jugée trop périlleuse. Pour calmer leurs angoisses, Emmanuel Macron s’est voulu rassurant (France 5, 20/12/23) : « Comme on est des professionnels, il y a évidemment des plans B et des plans C. » À charge pour Alexis Kohler de trouver cette fameuse alternative…
Brasse coulée
Le plus raisonnable aurait été d’organiser la cérémonie d’ouverture dans un grand stade, comme cela s’est toujours fait depuis que Pierre de Coubertin a ranimé la flamme olympique, en 1913. Excepté que le Stade de France, comme l’a révélé « Le Canard » (27/12/23), ne sera pas disponible, à cause de la compétition de rugby à sept qui débutera le 24 juillet.
Autre gros pavé dans la Seine, les 100 000 spectateurs qui assisteront à la cérémonie depuis les quais bas ont déjà payé leurs sièges — jusqu’à 2 700 euros pour les mieux placés ! Un vrai casse-tête.
Heureusement, Alexis Kohler a fini par trouver la solution : au lieu de la totalité des athlètes, ne pourraient finalement monter à bord que les porte-drapeaux des délégations. Comme ils sont moins de 200, ils pourraient même tenir sur un seul bateau.
Certes, cela ferait perdre un peu de sa superbe à la cérémonie. Mais ce serait toujours plus spectaculaire que de planter les oriflammes des participants sur les bateaux miniatures du bassin du jardin du Luxembourg.
Odile Benyahia-Kouider et Christophe Labbe. Le Canard enchaîné. 08/02/2024
Ces jeux sont une bonne affaire pour les organisateurs les hébergeurs et restaurateurs parisiens et une très mauvaises affaire pour les autres qui vont payer à fond perdu. Mais Macron à cru que cela allait redorer son image, hélas pour lui c’est tout le contraire qui est prévu par les sondeurs.
ça aura au moins pour effet de rassurer les « bouquinistes » qui tiennent les coffres sur les quais de la Seine, et qui étaient priés de les démonter pour l’occasion.. A défaut de Stade de France, il y a le Parc des Princes… Le prix des places a freiné l’ardeur du Peuple.. quii se contentera des retransmissions télé…