Un article qui confirme des données que nous connaissions déjà. Les méga bassines bien que financée en grande partie par la région, les collectivités locales, bénéficient a quelques agriculteurs seulement. Par contre dans cet extrait d’article n’est pas noté les sources d’apport en eau remplissant ces méga bassines. MC
Le 18 décembre 2018, il y avait foule sous les moulures de la bibliothèque de Niort, la préfecture des Deux-Sèvres. Vingt-huit signataires, observateurs et observatrices réunis à l’invitation de la préfète de l’époque, Isabelle David, pour signer le protocole des retenues d’eau des Deux-Sèvres, l’acte de naissance des mégabassines. « C’était solennel, il y avait les engagements rappelés… Tout ça sonnait très vertueux », se souvient un observateur.
Des clameurs au-dehors troublaient pourtant le chuchotement des plumes sur le papier à en-tête de la République : retenus par des CRS en casque et boucliers, les manifestants antibassines scandaient des slogans après avoir essayé d’empêcher les participants à la réunion d’entrer. « Nous avions dû passer par une porte dérobée dans les jardins, c’était rocambolesque ! » raconte un participant.
Né au lendemain des cycles secs et chauds de 2004-2005, le projet de construire des retenues « de substitution » dans le bassin de la Sèvre niortaise pour réduire les prélèvements d’eau en été a rencontré une vive opposition dès 2008.
Retravaillé par la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho (1), un nouveau « projet de territoire du bassin de la Sèvre niortaise – Marais poitevin » reprenant cette idée a été validé par la commission locale de l’eau du bassin le 7 juillet 2017. C’est durant cet été que la préfète Isabelle David a pris ses fonctions, commençant à accélérer la procédure.
Le 23 octobre, l’arrêté interpréfectoral autorisant les constructions était signé par les préfectures de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime, malgré de nombreux avis contraires, et s’est vu contesté par un collectif de douze associations au tribunal administratif début 2018.
Au printemps, une première réunion de médiation était organisée par la préfète. Deux autres ont suivi avant l’exclusion du collectif Bassines non merci par la préfecture. Une dernière réunion s’est tenue à l’automne pour valider le projet de texte, signé le 18 décembre 2018.
« J’ai senti un réel empressement à faire signer les gens en préfecture, se remémore, mal à l’aise, Marcel Moinard, maire d’Amuré, l’un des signataires du protocole. Je me suis dit “Nous aurons les infos plus tard”. »
La signature du protocole n’avait pas qu’une finalité politique : réunir les signatures constituait une condition pour débloquer l’aide publique, certifie à Reporterre Martin Gutton, directeur général de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.
Pour les six premières réserves de substitution, l’enveloppe s’élevait à 9,2 millions d’euros, 70 % du budget des travaux. Voilà qui vaut bien quelques réunions. « Ce qui m’a gêné, précise le maire d’Amuré, c’est le sentiment d’un mélange des genres : quel était le rôle des coopératives ? »
Un étrange casting
Une fois passé sous les plumes des élus, associations et organisations représentatives, le document déroule en effet des coopératives agricoles, ayant apposé leur signature comme observatrices.
Un représentant de la société Vendée Sèvre Négoce implantée près des bassines de Mauzé-sur-le-Mignon et Priaires, un autre de la coopérative Cavac (maison mère de la précédente), le directeur du syndicat de négociants Négoce Agricole Centre-Atlantique et les deux plus grosses coopératives agricoles du département : Sèvre et Belle, ainsi qu’Océalia. En pratique, ces organisations s’avèrent être les seules représentantes de l’usage agricole de l’eau en dehors de la chambre d’agriculture et du président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Deux-Sèvres.
Leur apparition est ancienne : elles étaient présentes dès la première réunion de médiation, en juin 2018. Le protocole signé (décembre 2018), on les retrouvait dans l’arrêté préfectoral de 2020 dans la liste des membres de la commission d’évaluation et de surveillance : Océalia, Négoce Agricole Centre-Atlantique, Terrena et Terres Inovia. Même casting au sein du comité scientifique et technique chargé de spécifier les mesures agroécologiques promises en contrepartie de la construction des bassines.
[…]
Cette méthode d’occupation des instances par les coopératives agricoles ne surprend pas les opposants implantés dans la région. « Les doubles casquettes sont légion, dit Joëlle Lallemand, de l’Association de protection, d’information et d’études de l’eau et de son environnement (Apieee). […]
Sylvain Lapoix. Reporterre. Source (extraits – lecture libre en suivant le lien)
- pour mémoire Delphine Batho a été entre autres, 2007, elle succède à Ségolène Royal comme députée de la 2ᵉ circonscription des Deux-Sèvres. Élu en 2012 ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. En mai 2020, vice-présidente du groupe Écologie démocratie solidarité.
Si on veut faire manger les 68 millions de français, dont le nombre augmente alors que la natalité baisse (grâce aux pro-immigrations), il faut une agriculture qui produise plus. Et donc des retenues d’eau. Et le comique de l’affaire c’est que les adversaires des retenues sont sans retenue pour l’immigration. Des idiots ou des fadas?