Modernité…

Un futur questionnant !

À travers les nouvelles technologies, l’intelligence initiale, le transhumanisme, tant d’autres outils visant à digitaliser la vie et la conscience, promettant de les rendre éternelles.

Sur les réseaux sociaux, il était devenu naturel que chacun puisse exposer sa malle de souvenirs sur la pile. Exhiber son coffre-fort, son intime. Son banal quotidien. Créer ses souvenirs au fil de publications virtuelles.

Comme si l’ère numérique permettait de digitaliser les souvenirs sans qu’ils n’aient l’inconvénient d’encombrer la matière.

Les smartphones, greffés à nos poignets, pouvant tout consigner. Tout prendre en photo, sans arrêt. Ils permettent de se filmer en train de vivre, de manger, de respirer. Obsessionnellement. De regarder la vie défiler derrière un écran. Et pouvoir ainsi jeter un œil au présent qu’on a enregistré, plus tard. Lorsqu’on n’aura plus aucun réel instantané à filmer.

Pour continuer de rater l’instant qui se déroule présentement. On le dématérialise et on l’archive dans des espaces le stockage. On consulte le passé en permanence, en prenant constamment soin de tourner le dos à ce qui ce passe maintenant. Quitte à le modifier. On pose les filtres, on change les lumières, les contrastes, et on enregistre. Tout.

On fait des sauvegardes. Comme pour immortaliser l’éphémère. Comme si on pouvait justement l’empêcher d’être éphémère. Comme si les gigas de mémoire d’un cloud nous permettraient le ne jamais disparaître.

Lorsque j’observais des athlètes participant aux Jeux Olympiques se filmer, eux aussi, en train de défiler lors de la cérémonie d’ouverture, je me demandais si les images subjectives avaient plus de valeur que celles retransmises par l’immense dispositif de caméras. Si le selfie valait mieux qu’une photo.

Je me demandais, finalement, à qui s’adressent toutes ces archives pixélisées et retouchées de nos vies ? Et je m’interrogeais : avec toutes ces images, ces notes que l’humanité accumule au fil des siècles, tous les récits qui traversent les époques, les livres d’histoire(s), tout ce passé que les générations se transmettent les unes aux autres, sans tout cela, qui serions-nous ? Ou plutôt, en serions-nous là ?


Elsa Lévy. « Je n’oublierai jamais ». Éd. City


Attention : l’extrait cité, ne relate absolument pas le sujet du livre. Ce paragraphe m’a semblé coller parfaitement à l’utilisation par l’ensemble de la population du numérique individuel, au questionnement qu’il faut se poser quant à son utilité réelle. MC


Une réflexion sur “Modernité…

  1. bernarddominik 18/01/2024 / 14h19

    Oui sans l’accumulation de connaissances et leur transmission où serions nous? Mais le problème actuel c’est le trop plein d’informations, dont la plupart inutiles, le problème n’est plus l’acquisition du savoir, mais le tri.

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