« Nous serons prêts ! » Euh t’est sûr mec !
Le 23 novembre 2023, le ministre des Transports était tout feu, tout flamme olympique. Selon lui, tout va rouler durant les Jeux de Paris, l’été prochain. La veille, Anne Hidalgo avait prétendu le contraire (« Quotidien », 22/11).
Des propos « honteux », selon Clément Beaune, qui, fier comme un bar-tabac, insiste : « Les engagements pris seront tenus » et « les lignes seront à la hauteur en termes de services, d’informations voyageurs avec la présence de milliers de volontaires, de maintenance, etc. » (« Le Parisien », 23/11).
Las ! le pauvre Beaune, qui se verrait bien succéder à Hidalgo à la Mairie de Paris, s’est un peu poussé du col.
Cinq jours plus tard, le 28 novembre 2023, il a en effet reçu une lettre signée du préfet de la région Île-de-France, dont « Le Canard » a pris connaissance, qui le met lourdement en garde contre un excès d’optimisme. Marc Guillaume écrit ainsi : « Il apparaît des tensions préoccupantes de sorte qu’à certains endroits le plan de transport ne permet d’acheminer les spectateurs que si tous les autres voyageurs ou presque étaient dissuadés » de prendre le métro, le RER ou le bus. Vive le confinement olympique ?
Bouches fermées
S’appuyant sur une « météo des lignes » (sic) qui détaille, jour par jour et heure par heure, les « lignes à éviter », et celles « inutilisables par les voyageurs du quotidien », le préfet prévoit que « les seuils de saturation seront régulièrement dépassés » pour 11 lignes de métro (sur 16), 5 de RER (sur 5), 5 Transiliens (sur 16) et le tramway T3.
Et ce, ajoute-t-il, « en dépit des renforts envisagés », y compris des bus supplémentaires, dont « la circulation sera fortement impactée au vu des restrictions ».
En résumé, l’offre de transport « paraît insuffisamment renforcée pour les JO ».
Paris visité, Paris médaillé, mais Paris bloqué ?
Cela risque de ne pas être Beaune à voir…
Et encore, le préfet ne dit pas tout dans sa lettre au ministre. Il cache, par exemple, que certaines bouches de métro seront totalement fermées, car incapables d’absorber le flux de voyageurs, estimé selon la RATP à 500 000 par jour et… par Île-de-France Mobilités (ÎDFM, l’autorité régionale des transports) à 1 million ! Une petite différence de calcul qui ne laisse pas d’interroger sur le sérieux des prévisions…
La liste des stations closes n’est pas encore arrêtée, mais au moins Concorde, Champs-Elysées-Clemenceau, Louvre-Rivoli, Pont-Neuf ou Pont-Marie devraient avoir leurs rideaux baissés durant toutes les compétitions. La marche à pied, c’est bon pour la santé !
En revanche, la station Porte-d’Auteuil, sur la ligne 10, va tourner à plein ! Elle dessert à la fois le Parc des Princes, où se disputeront des matchs de foot, et Roland-Garros, où se joueront des parties de tennis.
« Les soirs où le métro devra transporter, en même temps, les spectateurs des deux stades, ce sera l’embolie », pronostique un cadre de la RATP.
Des bus ont été prévus pour « fluidifier » les déplacements, mais la régie peine à recruter des chauffeurs ! Quelque 2 300 conducteurs ont été embauchés, mais cela reste insuffisant compte tenu du nombre de départs à la retraite et de démissions.
Faut dire que le privé met le paquet pour débaucher les machinistes. Ainsi, Keolis, qui a remporté pour 20,5 millions d’euros le marché des transports des 15 000 athlètes, recrute à prix d’or.
Le groupe, filiale de la SNCF et de la Caisse des dépôts, promet des « bonus JO », incluant des primes quotidiennes et hebdomadaires plus la prise en charge des hébergements, de la restauration et… des transports domicile-boulot de ses nouveaux salariés. Et pourquoi pas des médailles ?
Marchés ouverts
Ce marché n’est pas le seul à avoir été externalisé par ÎDFM. Selon les décomptes du « Canard », l’autorité des transports franciliens, présidée par Valérie Pécresse, a sous-traité des prestations pour près de 140 millions d’euros !
Parmi les derniers appels d’offres, celui lancé le 22 septembre concerne le collage du logo des JO sur les bus, métros, trams et autres trains. Le prestataire retenu touchera 4,4 millions d’euros. Le sparadrap, ça coûte un bras ? C’est sans doute pour ça que le billet de métro va passer à 4 euros durant les JO…
Dans son alerte adressée à Beaune, le préfet d’Île-de-France souligne les « efforts envisagés par IDFM ». En revanche, il ignore le boulot réalisé par la RATP, présidée par Jean Castex.
Il faut dire que l’une des premières mesures du Premier ministre Castex, à l’été 2020, avait été de virer le même Marc Guillaume de son poste de secrétaire général du gouvernement et de l’exiler à la région.
Depuis, le patron de la RATP n’a plus le ticket avec le préfet. De là à imaginer qu’à sept mois des JO son rapport choc n’est pas chic…
Didier Hassoux et Christophe Labbé. Le Canard enchaîné. 06/12/2023
Mais non, on ne sera pas prêt, et pas que pour les transports. D’ailleurs, je m’en moque….
Avec Macron, c’est toujours la même rengaine, il lance des idées sans prévoir ni budget, ni conséquence…
Et en plus ça devait être gratuit mais finalement Mme Pecresse a décidé de doubler le prix. Macron a encore promis ce qui ne dépendait pas de lui.
Bonjour Michel une de nos petites fille qui demeure à Paris intra muros, sera bien contente d’être en vacances et elle n’est sans doute pas la seule ! Bon après-midi amicalement MTH
Merci pour ce commentaire… et oui, les Parisiens risquent d’être obligés (du moins ceux qui le pourront) de déserter Paris le temps des JO et ses augmentations diverses et injustifiées… qui hélas risques d’être pérennisées…
Amitiés. Michel