V’là aut’chose !

BRAV-M : les policiers plaident la « fatigue »

Identifiés dans un audio enregistré à leur insu, dévoilé par Le Monde et Loopsider et qui a débouché sur deux enquêtes administratives confiées à l’IGPN, les policiers de la BRAV-M (Brigade de répression de l’action violente motorisée) ayant menacé et humilié sept jeunes interpellés à Paris, fin mars, en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites, ont plaidé « la fatigue physique et morale ».

Avant d’être entendus par la police des polices, les policiers mis en cause ont livré leur version des faits dans des rapports à leur hiérarchie.

Une manière de « décompresser »

Selon le gardien de la paix Yann C., l’unité a commencé son service à 10 h 30. Il est 23 heures passé quand ils sont enregistrés. « La fatigue physique et morale était à son seuil le plus élevé, nous contraignant à agir bien au-delà de nos capacités », écrit le brigadier Benoît A. « À bout », « de plus en plus fatigué et irritable », « à fleur de peau », le policier Pierre L. reconnaît qu’il n’a pas agi « avec le professionnalisme habituel ».

C’est lui qu’on entend lancer à l’un des interpellés : « C’est le premier qui bande qui encule l’autre ? ». Le fonctionnaire n’y voit « aucune connotation sexuelle » mais « un combat de coqs verbal ».

L’homme interpellé s’appelle Souleyman et concentre les attaques des policiers. La quasi-totalité des membres de l’équipage, comme le gardien de la paix Victor L., expliquent leur comportement en réaction à « son arrogance et ses provocations dans son ensemble ». « Tu as pleuré comme une fillette », le moque le brigadier Benoît A. Une remarque sexiste « maladroite », reconnaît-il après coup. Concernant la gifle évoquée par Souleyman, à laquelle un claquement audible dans l’enregistrement peut correspondre, Pierre L. assure l’avoir simplement « repoussé par le visage ». « Tu en reveux peut-être une pour te remettre la mâchoire droite ? », l’entend-on dire.

Le policier Yanis A. demande à Souleyman, étudiant tchadien de 23 ans, s’il s’est « accroché à l’aile de l’avion » alors qu’il est arrivé en France il y a quatre ans. Une manière, affirme-t-il dans son rapport, de « décompresser ». « Demain tu as une OQTF (obligation de quitter le territoire, NDLR) et c’est fini », lui lance aussi le policier Théo R. Ce n’était pas « une intimidation », écrit-il, mais « pour l’informer des risques judiciaires ».

Depuis les faits, les agents concernés ne sont plus affectés au maintien de l’ordre, selon la préfecture, mais ils n’ont pas été suspendus.


Article non signé lu dans le Dauphiné Libéré du 08/04/2023


Vite deux, trois Kleenex et puis j’vais me coucher c’soir pour les plaindre. Vous avez choisi ce métier à la con, assumé les mecs MC


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